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VIIe Babel Med Music : le marché des Musiques du Monde de Marseille a battu son record de fréquentation

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 6 avril 2011 | src.LeJMED.fr
Marseille -

Du 24 au 26 mars 2011, c’est le Monde de la musique qui est venu à Marseille : trois jours et trois nuits pour la 7e édition de Babel Med Music, ce forum qui est à la fois l’un des grands marché de la musique du globe et un festival ouvert au public pour des soirées de concerts.

Photo ci-dessus : deux des artistes du groupe « Chants Sacrés Gitans en Provence ». © Nadia Bendjilali


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Table ronde « Les musiques du monde, état des lieux économique », le 25 mars 2011 avec, de gauche à droite : Benjamin Minimum (Mondomix), Bernard Batzen (Azimut Production), Maud Philippe-Bert (modératrice, rédactrice en chef de Musique Info), Christine Semba (Zone Franche), Pascal Bussy (Harmonia Mundi) et Sami Sadak (Babel Med Music). © Nadia Bendjilali

Avec le Womex au Danemark, Babel Med Music est l’un des grands forums européens de la sphère économique et culturelle des Musiques du Monde. Plus de 2 500 professionnels venus des cinq continents (programmateurs, tourneurs, producteurs, institutions, réseaux, médias, artistes, diffuseurs etc) se sont rencontrés dans l’espace marché de 2 000 m², soit 170 stands avec 280 structures représentées, et dans l’agora extérieure aménagée pour accueillir les rencontres entre participants.

Seize tables rondes et débats ont permis, durant trois jours, de partager les problématiques des acteurs des musiques du monde. « C’est un choix, presque un engagement, de travailler dans les musiques du monde. Après une période dorée de 1995 à 2000 avec une ouverture des grands médias à ces musiques, cette fenêtre de grande diffusion s’est refermée, et nous connaissons aujourd’hui une crise, aggravée par la crise du disque » déclare Bernard Batzen, directeur artistique de « Les Méditerranéennes » et producteur d’Azimut Productions, lors de la table ronde sur l’état des lieux économiques du secteur.

Christine Semba, directrice de « Zone Franche », premier réseau français consacré aux Musiques du Monde, rappelle, de son côté, quelques éléments sur le poids artistique, économique et culturel du secteur dans le paysage français du spectacle vivant : « Ce sont 500 salles et lieux de spectacles, selon les chiffres de l’IRMA mais aussi 1 800 artistes, 260 agents, producteurs et entrepreneurs. Et une récente étude de la SACEM nous apprend que 17 % des Français donnent ces musiques pour leurs préférées ».

De son côte, Sami Sadak, ethno-musicologue et co-directeur de Babel Med Music, indique que « les canditatures d’artistes au festival, de l’ordre de 850 à 900, pour 30 groupes sélectionnés, sont le signe d’une grande vitalité du secteur. De même que la progression du nombre d’exposants, plus 13 % par rapport à 2010, et l’augmentation continue du nombre de visiteurs, professionnels comme grand public. »

Reste que les difficultés d’obtention des visas sont au cœur de la problématique de l’avenir de ces musiques, à tel point que la place des musiques faites par des Européens et des enfants de migrants sont en développement. Cela pose la question du risque de perte d’une source d’authenticité d’une musique qui nécessite forcément la circulation d’artistes « de pays lointains, mal vus par les services des douanes », dira l’un des intervenants d’une table ronde. Autre difficulté également évoquée : à ce jour, il n’existe pas de structure organisant la représentation européenne de la filière des musiques vivantes.

Bouchra Hbali, directrice de « ZoArt », structure belge de promotion de projets culturels entre l’Afrique du Nord et l’Europe, et Rémy Planchenault du label bruxellois « Igloo Records », regrettent eux aussi le manque de structures, notamment juridiques, qui permettraient, justement, de faciliter une transversale euro-méditerranéenne des musiques. « À défaut d’une harmonisation des légilations entre pays européens et du pourtour méditerranéen, la question des accords entre pays est un vrai problème pour la programmation des artistes. Chaque signature de contrat nécessite un vrai travail d’investigation des questions juridiques », explique Bouchra Hbali.

À l’affiche du festival cette année, ce sont donc 30 groupes, originaires de 21 pays, et représentant les artistes les plus prometteurs du moment, qui se sont produits pendant 27 heures de musique devant 15 351 personnes – chiffre record depuis la création du festival !
Cinq prix, récompensant les meilleurs talents de cette édition, ont été remis lors de l’inauguration du festival, dont le prix Babel Med Music. Cette année, il a été décerné à « European Forum Of Worldwide Music Festival » pour son engagement et son implication dans les musiques du monde.

Parmi les artistes qui se sont produits en soirée, certains ont représenté avec talent le pourtour méditerranéen : Aziz Sahmaoui, qui a partagé avec le public du Dock des Suds un moment entre jazz et musiques gnawa ; Miquel Gil, icône de la chanson poétique méditerranéenne, qui a offert un voyage de quarante cinq minutes intenses ; et bien sûr la chanteuse Montse Cortes, qui a transcendé le cante jondo.
Babel Med Music, c’est donc cela : un croisement fertile entre « business » et culture.

© Nadia Bendjilali pour LeJMED.fr

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Coup de cœur

Le groupe « Chants Sacrés Gitans en Provence »

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Le groupe « Chants Sacrés Gitans en Provence » sous le chapiteau des Docks des Suds, lors du Festival Babel Med Music, à Marseille le vendredi 25 mars 2011. © Nadia Bendjilali

Vendredi 25 mars, la ferveur gitane des fêtes sacrées provençales était au rendez-vous sous le chapiteau des Docks des Suds. Le chanteur et guitariste Tchoune est là, animé par un projet singulier, entre tradition et innovation…
La foule de spectateurs est d’emblée saisie, médusée par les chants a capella au rythme des battements de mains portés par l’exceptionnelle formation en quintet, configuration unique pour l’occasion. Trois chanteurs – gitan, andalou et provençal – et deux musiciens qui révèlent les langues, les timbres, les répertoires entrecroisés de Marseille à l’Andalousie ont enchanté un public dans un tempo explosant jusqu’à l’allégresse.
« Chants Sacrés Gitans en Provence », un groupe à découvrir, sur les scènes de France et de Méditerranée !

Nadia Bendjilali

« Chants Sacrés Gitans en Provence » en spectacle :
- le 9 avril, 16 h, à Montpellier : Festival Interreligieux de Musiques Sacrées, à La Chapelle Gély
- le 9 avril, 21 h, à Béziers : Festival Interreligieux de Musiques Sacrées, au Centre culturel Albert Camus
- le 20 mai à Sassari (Sardaigne), en concert au Théâtre
- le 4 juillet à Bruxelles, au Festival Midis Minimes
- le 9 juillet à Marseille, au Festival “De Vives Voix”

En savoir plus sur « Chants Sacrés Gitans en Provence »

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