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Le mythe nommé VENISE

Italie | 20 février 2010 | src.leJMED.fr
Venise - Venise est un mythe dont la puissance évocatrice a depuis des siècles essaimé sur tous les continents… Découvrir Venise, c’est d’bord accomplir un rite initiatique au long d’une première, incontournable étape : la navigation sur le Grand Canal, jusqu’à la Place Saint Marc. Et ce n’est encore qu’un début…

Photo ci-dessus - Vue du Grand canal ; © Dalbera


C’est à bord d’une gondole noire – elles le sont toutes, depuis un décret de 1633 qui imposa le noir pour mettre fin aux surenchères décoratives de leurs propriétaires ! – qu’il faut bien sûr s’embarquer place Santa Lucia, à l’entrée nord du Grand Canal. Aménagé dès le XIIe siècle, celui-ci est la principale voie d’eau de la ville, qu’il traverse en son centre sur 4 kilomètres. (Image ci-dessus : un tableau représentant la La place Saint-Marc, au XVIIIe siècle.)

Le parcours initiatique : Le Grand Canal…

Au fil des eaux du Grand Canal et de leurs reflets changeants se trouvent les plus célèbres des 314 palais que compte Venise. La Ca’ d’Oro (1440), sur la rive Est, s’impose à nous la première comme une inévitable émotion esthétique. Ses façades, ouvragées avec une délicatesse d’orfèvre, sont l’exemple même de la magnificence du gothique fleuri vénitien. Autrefois elles étaient recouvertes de feuilles d’or (d’où le nom Ca’ d’Oro, maison d’or).

Après le Fondaco dei Tedeschi, grandiose bâtiment Renaissance dont les façades furent décorées par Giorgione et Titien, nous arrivons en vue du fameux Pont Rialto (XVIe s.). En forme d’accent circonflexe, constitué d’une seule et même arche longue de 28 mètres et large de 24 mètres, il resta longtemps le seul pont de Venise. Couvert, il abrite de nombreuses boutiques qui font le bonheur des touristes.

Plus loin, La Galleria de l’Accademia, l’une des plus importantes pinacothèques d’Italie, et la plus complète pour la peinture vénitienne du XIVe au XVIIIe s. Les chefs d’œuvre s’y comptent par centaines, ses hôtes ont pour nom Giorgione, Carpaccio, Bellini, Lotto, Véronèse… toute la fine fleur vénitienne.

Voici maintenant la Ca’Venier dei Leoni : elle abrite la fondation d’art moderne Peggy Guggenheim, qui rassemble la plus importante collection d’Italie d’art européen et américain de la première moitié du XXe siècle.

En face se dresse la Ca’Grande. Elle fut rénovée au XVIe siècle par l’architecte florentin Jacopo Sansovino (1486-1570), célèbre pour être le concepteur de la Place Saint Marc.

… jusqu’à la Place Saint Marc

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Vue de la Place Saint-Marc. © DR

Sur cette place, à l’embouchure sud du Grand Canal, se trouve la célébrissime Basilique du même nom, construite au XIe siècle sur le modèle de la basilique des Douze Apôtres de Constantinople. Cinq mille mètres carrés de mosaïque couvrent les murs de ce haut-lieu qui abrite les reliques de Saint Marc, patron de la ville, et où se réunissait l’Assemblée populaire pour l’élection du Doge.

C’est sur la place Saint Marc que se trouve aussi le Palais des Doges. Chef d’œuvre de l’art gothique vénitien, construit entre 1340 et 1441, il est l’édifice maître qui met en scène la puissance et la gloire de la Sérénissime. Comme d’autres palais, mais avec la force de l’évidence monumentale, il fascine le regard par l’inversion des masses : avec ses arcades du rez-de-chaussée et du premier étage, il donne l’impression de défier les lois de la pesanteur, car ici « le plein repose sur du vide ». À l’intérieur, vous découvrirez des enfilades d’appartements et de salles décorées par les plus grands noms de la Renaissance italienne : Titien, Véronèse, Tintoret, Palma le Jeune, Bassano, Tiepolo…

À ce stade, la première partie de ce périple initiatique à Venise peut vous faire succomber au syndrome de Stendhal - excès d’émotion devant un excès de beauté ! Avant d’affronter la suite de votre visite, prenez le temps d’un cioccolato à la crème fouettée au Café Florian, situé sous les arcades de la place Saint Marc. Avec son décor de marbre, de cuivres et de bronzes, il est le café vénitien par excellence. Fondé en 1720, il a accueilli des hôtes prestigieux tels que Goldoni, Casanova, Balzac, Proust et bien d’autres. C’est impressionnant, mais on réussit tout de même à reprendre son souffle avant d’aller à l’abordage des calli, ces étroites ruelles qui recèlent aussi bien des trésors. Un autre parcours, tout aussi initiatique, mais au gré de votre fantaisie…
© Alfred Mignot pour leJMED.fr

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Le Carnaval et qutres mots du mythe…

La Carnaval 2011 se déroulera 26 février au 8 mars.
Détail du programme : Site officiel du Carnaval 2011 (en italien et anglais)

La naissance officielle du Carnaval de Venise est datée de 1296. Fêtes, rites et célébrations se succédaient déjà au fil des semaines, dans une ambiance constante de fête païenne où les masques mettaient les gens sur un pied d’égalité et autorisaient bien des licences impensables autrement. Il en alla ainsi durant cinq siècles, jusqu’à la funeste année 1797 : la Sérénissime s’effondre sans même se défendre, devant les armées de Bonaparte, le 15 mai. Avec elle, le Carnaval disparaît pendant près de deux siècles.

Le Carnaval que nous connaissons aujourd’hui a été relancé par des associations, en 1979. Plus somptueux que jamais, il investit pendant une quinzaine de jours les rues, mais aussi les palais et les cafés de Venise. On ne compte plus les bals costumés, les après-midi et les collations musicales, certaines festivités se déroulant même à bord des navires. L’esprit du Carnaval est à nouveau bien vivant, chaque année en février.

La Fenice, haut-lieu du bel canto

Créé en 1792, peu de temps avant la chute de la Sérénissime, le théâtre lyrique de La Fenice se distingua au XIXe siècle comme un lieu de résistance à l’occupation autrichienne. Dans les années 1840-1850, de nombreuses créations du musicien et patriote Giuseppe Verdi ont été jouées en première à La Fenice (dont Rigoletto, en 1851). Considéré l’un des plus beaux théâtres lyriques au monde, La Fenice devint au fil du temps aussi célèbre que la Scala de Milan, accueillant tour à tour Rossini, Bellini, Meyerbeer, Stravinsky…

Ravagé par un incendie en 1996, La Fenice (1500 places) a été reconstruit à l’identique, selon le vœu des Vénitiens, et a repris son activité en novembre 2003. En attendant, les mélomanes purent se consoler avec le moins célèbre mais (presque) aussi magnifique théâtre Malibran. Celui-ci présente en outre la particularité d’avoir été inauguré en 1678, année de la naissance, à Venise, d’un certain Antonio Vivaldi.

La Biennale et La Mostra

De nos jours, Venise est aussi célèbre pour sa Biennale, ensemble de manifestations et d’expositions pluriculturelles (musique, théâtre, danse, cinéma, arts visuels, architecture…) qui peuvent s’étendre sur plusieurs mois, par exemple le « Danzamusicateatro », de mai à septembre.

Doyenne des festivals de cinéma, La Mostra de Venise lève son rideau tous les ans au palais du Lido, fin août. Cette année encore, Le gotha des vedettes du grand écran se retrouve alors dans la cité des Doges : Catherine Deneuve et Harrison Ford, Audrey Tautou et Tom Hanks, Sophia Loren, Gwyneth Paltrow, Antonio Banderas, Almodovar... ils viennent tous, espérant décrocher le Lion d’Or , aussi prisé que la Palme d’or de Cannes.

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La ville qui épousa « il mare » (la mer)

Le jour de l’Assomption de l’an 998, la flotte vénitienne prit la mer pour s’en aller libérer la Dalmatie. À la suite de cette victoire, chaque année le dimanche suivant l’Assomption, et selon une tradition ininterrompue, Venise célèbre ses épousailles avec la mer (il mare, en italien, est du genre masculin). La cérémonie, conduite par le Doge (et aujourd’hui par le maire de la ville) consiste à jeter un anneau d’or à la mer, dans les eaux faisant face à l’église Saint Nicolas du Lido. Après une messe solennelle, l’après-midi est à la fête : défilés en costumes historiques, concerts, régates, etc.

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Que rapporter de Venise ?

Un verre de Murano. Au plomb, filigrané, incisé, cristallin ou « millefiori » , le verre de Murano est toujours une œuvre d’art. Verres de table, mais aussi vases, flacons, miroirs, bibelots ou objets – dont les délicats porte-plumes – font partie du mythe du raffinement vénitien.

Une dentelle de Venise-Burano. Unique, la dentelle de Venise est un tissu de lin à points clairs, réalisé à l’aide d’une aiguille (ad ago) et non d’un fuseau. Sa légèreté et sa transparence sont légendaires. C’est sur l’île de Burano qu’officient les dernières dentellières, gardiennes d’une tradition qui remonte à 1540.

Accessoires en soie et velours. Venise est aussi une capitale des tissus très haut de gamme. Légers, les foulards en velours de Venetia Studium, ou les pochettes Bevilacqua raviront les dames. Pour les hommes, une myriade d’écharpes et cravates raffinées.

Masque et costume carnavalesques. Installée dans le Palazzo Bernardi, quartier de San Silvestro, la boutique Pasinetti a la réputation d’être le nec plus ultra où tout Vénitien fortuné achète son costume de Carnaval. Somptueux, forcément.

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Se déplacer… au fil de l’eau

- En gondole. C’est romantique, mais lent. Réservez-la donc pour la promenade (trajets-type d’environ 50 mn), en amoureux ou en touriste. Venise compte douze embarcadères à gondole, dont ceux de la Place Saint Marc, ou du Pont Rialto, sur le Grand Canal.

- En vaporetto. Les vaporetti, ce sont les autobus sur l’eau de Venise. Leurs lignes régulières quadrillent toute la ville. De 7h à 21h30, vous ne les attendrez pas plus de 10 mn. Quelques lignes fonctionnent toute la nuit, mais l’attente peut être très longue (20 mn à 1 heure).

- En taxi-bateau.
Ce sont de magnifiques hors-bord en bois verni. Effet assuré, et facturation dégressive après les 7 premières minutes.

- Trouver une adresse. À Venise, les adresses sont composées d’un chiffre, suivi par le nom du quartier. C’est surprenant, mais l’on s’y habitue vite. En librairie, vous trouverez le plan – Indicatore Anagrafico – qui donne le nom des rues correspondant à chaque numéro.

Magasins et boutiques

Ouverture du lundi au samedi de 9h-9h30 à 13h-13h30, puis de 15h-15h30 à 19h-20h. Mais attention : à Venise comme ailleurs en Italie, les horaires peuvent varier selon les saisons… et l’humeur du commerçant !

ADRESSES UTILES

À PARIS
Ambassade d’Italie
51, rue de Varenne, 75007 Paris
Tél. : 01 49 54 03 00

ENIT - Office National Italien de Tourisme
23, rue de la Paix, 75002 Paris
Tél. : 01 42 66 66 68
Site : www.enit.it
Site Venise : www.comune.venezia.it

CCI d’Italie en France
134, rue du Fg St Honoré, 75008 Paris
Tél. : 01 53 93 73 73
Site de l’ICE, Délégation commerciale d’Italie à Paris

À VENISE
Office de Tourisme
A.P.T.(Azienda di Promozione Turistica)
4421, Castello - 30122 Venezia
Tél. : (00 39) 041.52 98 711
Site : www.turismovenezia.it

Consulat de France
(le plus proche, à Milan)
Via della Moscova, 12 - 20121 Milano
Tél. : [00 39] 02 655 91 41
Site : www.consulfrance-milan.org

Sites :

- CCI de la Vénétie

- CCI de Venise

Dossier réalisé par Alfred Mignot



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