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Tribune Libre, par Akram Belkaïd

Une leçon de la crise grecque

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 6 mars 2010 | src.IPEMED
Paris - Écrivain, journaliste algérien installé à Paris, conseiller éditorial de l’IPEMED, Akram Belkaïd s’exprime ici sur « l’absence criante d’Europe politique », mise en lumière par l’incapacité de l’Union européenne à soutenir la Grèce dans le moment difficile que l’on sait. Une « contradiction majeure », estime-t-il, et qui entraîne des interrogations sur l’avenir de l’UPM


Tribune Libre

Une leçon de la crise grecque

par Akram Belkaïd

La crise grecque démontre que le partenaire européen, dont on espère tant, est traversé, lui aussi, par des contradictions majeures.

ll y a deux ans, lors d’une réunion du Comité de parrainage politique d’Ipemed, l’ancien Premier ministre espagnol, Felipe Gonzales, s’était posé la question suivante :
« Dans un monde en pleine recomposition avec le renforcement du bloc nord-américain et l’émergence de la Chine en tant que puissance et locomotive de l’Asie, l’idée européenne est-elle encore pertinente ? »

Cette interrogation visait alors à pointer du doigt le découplage entre, d’un côté, la convergence européenne en matière économique et surtout monétaire et, de l’autre, l’absence criante d’Europe politique.

Et ce manque d’Europe politique est plus que jamais d’actualité puisque mis en exergue par la crise que connaît la Grèce ainsi que les autres « Pigs » (Portugal, Irlande, Grèce et Spain pour Espagne). Soudain, la zone euro apparaît pour ce qu’elle est : un rassemblement technique de pays qui ont décidé de mettre en commun leur monnaie mais qui gardent leur souveraineté et qui, surtout, s’engagent à respecter un certain nombre de règles, notamment budgétaires et fiscales, pour ne pas saper la crédibilité de cette monnaie. Et parmi ces règles, il y a l’impossibilité d’un bail-out, c’est-à- dire d’une aide financière d’un pays membre de la zone euro vers un autre.

L’Europe aux abonnés absents

Pour les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (Psem), la crise grecque ne doit donc pas être considérée comme une péripétie lointaine car elle démontre que le partenaire européen – dont on espère tant – est traversé (lui aussi) par des contradictions majeures.

En effet, qu’est-ce donc que cette Union de pays qui ne peuvent se porter secours les uns aux autres, du moins sur le plan financier ? Dès lors, comment être surpris par ce qui apparaît comme une tiédeur, voire une indifférence européenne à l’égard des Psem, puisque, justement, l’Europe politique reste aux abonnés absents ? Et comment ne pas faire le parallèle avec l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui se fonde sur les projets économiques et qui balaye, du moins officiellement, les aspects politiques ?

En créant l’euro avant l’Europe politique, les pays membres de l’Union monétaire européenne ont certainement placé la charrue avant les bœufs. On est en droit de se demander si ce n’est pas aussi le cas pour l’UpM. Laquelle risque de se retrouver, tôt ou tard, confrontée à un besoin d’union politique…

Akram Belkaid
Source : www.ipemed.coop

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