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Une enquête novatrice de l’Ocemo explore la situation et les attentes de jeunes Marocains

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 6 novembre 2012 | src.OCEMO
Marseille -

Dans le cadre de la Semaine économique de la Méditerranée, qui vient de se dérouler à Marseille (16-20 octobre 2012) l’un des ateliers de l’Ocemo, dédié au test de l’enquête pilote « attentes de la jeunesse » au Maroc, actuellement en cours dans la région de Marrakech, a rassemblé plusieurs exeprts venus des deux rives de la Méditerranée. Tous se sont accordés sur l’intérêt de cette enquête novatrice, tant pour sa méthodologie que pour les champs d’investigation qu’elle explore simultanément.

Photo ce-i-dessus : Michèle Mansuy, responsable des études statistiques à l’OCEMO, et le Professeur Jean-Louis Reiffers, vice-Président de l’OCEMO en charge de la recherche. © Alfred Mignot


L’hémicycle MPM des jardins du Pharo, à Marseille, où se sont déroulées plusieurs sessions de la Semaine économique 2012 de la Méditerranée. © Alfred Mignot

Après avoir rappelé les ambitions de la création de l’Ocemo , sa structu-
ration autour de quatre piliers (Education, Recherche, Investissements, Entreprises), ainsi que le contexte et l’enjeu de la jeunesse au sein de l’Office, Michèle Mansuy, responsable des études statistiques à l’OCEMO, a présenté l’enquête expérimentale réalisée au Maroc (région de Marrakech), son positionnement et les premiers retours méthodologiques et qualitatifs.
L’enquête cible de manière extensive la population des jeunes (15 à 34 ans). Son originalité réside dans la prise en compte simultanée de trois dimensions : la situation objective du jeune (éducation/formation/emploi …) ; son milieu familial ; ses attentes et opinions.


Le niveau d’études plus signifiant que l’âge

Selon les premiers éléments issus du test, les attentes formulées par les jeunes sont davantage liées à leur niveau d’études et au fait qu’ils soient encore étudiants ou non, qu’à l’âge, au type d’habitat rural ou urbain, ou encore au genre, même si des différences indéniables existent entre jeunes hommes et jeunes femmes d’un côté, jeunes ruraux et jeunes urbains de l’autre.
Les typologies qui ressortent du test pourront aider à la construction d’hypothèses pour la phase suivante de l’enquête avec un échantillon plus large et plus représentatif.

Les différents intervenants (M. Verdier, directeur de recherche CNRS, LEST-Université Aix-Marseille ; Professeur Bougroum de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et consultant marocain de l’Ocemo ; M. Ouaghad, dirigeant de la société BRIEFS en charge de l’enquête sur le terrain ; M. Benkassmi de l’Observatoire National du développement humain (ONDH) ; M. Hanchane, directeur de l’Instance nationale marocaine d’évaluation du Conseil Supérieur de l’Enseignement) ont exposé leurs analyses des apports possibles de l’enquête, du contexte des jeunes dans la région et leurs travaux respectifs.


Diversité de la jeunesse, multiplicité de ses besoins

Des experts venus de plusieurs pays méditerranéens ont participé à l’atelier de l’OCEMO. © Alfred Mignot

Sont notamment soulignés la diversité importante de la jeunesse, donc la pluralité des besoins et attentes et la pluralité des politiques publiques et privées à mettre en œuvre pour répondre à ces besoins. Les politiques publiques d’éducation et d’insertion doivent être étroitement liées aux politiques publiques d’aménagement du territoire, de transports publics… pour une vision intégrée permettant un traitement des problèmes de manière transversale, d’où l’intérêt d’une approche multidimensionnelle comme celle de l’enquête Ocemo.

Les experts relèvent également la situation éducative marocaine avec un système à géométrie variable : une formation non formelle pour les exclus – souvent peu efficace ; un enseignement public très critiqué ; un enseignement privé très hétérogène mais avec des niches très efficaces et reconnues.
La situation complexe de l’emploi, entre secteurs formel et informel, emploi qualifié et sous-qualifié, est bien relevée par les experts, ainsi que la forte pertinence du questionnaire Ocemo pour relater ses enjeux fondamentaux.

Michèle Mansuy a mis également en avant la vocation de cette base de données sur la jeunesse à être ouverte à la communauté scientifique pour contribuer à répondre au réel besoin d’information sur la jeunesse dans le contexte des pays du Sud de la Méditerranée.

Enfin, les parties prenantes marocaines soulignent l’intérêt que présenterait la production régulière d’informations issues de l’enquête, à travers un Observatoire de la jeunesse par exemple. L’enquête serait donc appelée à se structurer sur le terrain marocain, avec une forte appropriation locale ; en parallèle est également rappelée sa vocation régionale afin de créer une dynamique comparative.

Le Professeur Jean-Louis Reiffers, Vice-président de l’OCEMO en charge de la recherche, conclut en explicitant le projet « jeunesse » de l’Ocemo, qui comprend une démarche analytique, avec l’enquête présentée en séance, et une dimension de projets structurants (le projet « nouvelles chances » qui a pris corps au Maroc avec l’appui de l’OCP, et dans d’autres pays du Sud de la Méditerranée (Liban, Algérie, Tunisie, bientôt Jordanie …) ; le projet « 50 junior entreprises » ; les formations à l’entreprenariat par les écoles de management et d’ingénieurs). Il réitère la volonté de l’Ocemo de donner l’accès rapide de ses enquêtes aux chercheurs, gage pour la démocratie.

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En savoir plus : visitez le site de l’OCEMO

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