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Rencontre « historique » entre anciens combattants de France et d’Algérie

Algérie | 3 novembre 2010 | src.LeJMED.fr
Alger -

Comme l’a annoncé récemment à Jijel (est algérien) M. Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie, les représentants d’associations d’anciens combattants algériens et français se sont rencontrés à Alger, les 26 et 28 octobre 2010. Un événement impensable naguère encore…

Photo ci-dessus : le monument aux Martyrs, à Alger, fut érigé en 1982, à l’occasion du 20e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (5 juillet 1962). © DR


« C’est une rencontre pour croiser les mémoires » a indiqué à son arrivée à Alger M. Wladyslas Marek, le président de la fédération nationale [française] des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) en compagnie d’un de ses camarades d’armes. La rencontre dont l’initiative est du colonel Si Hassan, président de la Fondation du mémorial de la wilaya IV, a été qualifiée d’ « historique » par les observateurs.

« Près d’un demi siècle après la fin de la guerre d’Algérie, c’est la première rencontre officielle, d’association à association, entre des représentants de combattants français et algériens » a tenu à préciser M. Marek.

Selon les protagonistes de ces « retrouvailles de grandes importance » il s’agit de dialoguer et d’exprimer des attentes de part et d’autre. Il y aurait, également, une coopération pour élucider certains faits de guerre sur lesquels il peut y avoir des interprétations contradictoires.

Dans un discours très émouvant, le président de la fédération nationale des anciens combattants a dit : « … Il faut faire vite, car le temps nous est compté (…) On est toujours sans nouvelles de plus d’un millier de combattants du côté français, et sans doute plus du côté algérien » Et d’ajouter, sur le même ton : « Nous avons des familles qui nous disent “on aimerait bien savoir ce qu’est devenu mon oncle, mon père… On voudrait faire notre deuil” ».
Selon les présidents des deux organisations, il va s’agir dans les années à venir de rassembler le maximum d’éléments et de témoignages qui serviront aux historiens des générations futures.

Au mois de juin dernier, le dernier colonel à avoir commandé la région d’Alger pour le FLN, aujourd’hui âgé de 78 ans, a animé une conférence dans la ville de Chlef (centre du pays) où il a déclaré en substance : « il faut écrire l’Histoire avant de passer le flambeau à notre jeunesse (…) Nous souhaitons un débat avec tous les acteurs qui apporteront leurs témoignages…. »

Cette rencontre (la énième en un temps très court, entre des responsables des deux pays) considérée comme délicate avant sa concrétisation, est applaudie aujourd’hui et représente un autre pan solide dans le raffermissement des relations entre l’Algérie et la France.

Chahreddine Berriah
Correspondant permanent en Algérie pour LeJMED.fr


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