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Forte reprise des IDE dans les pays MED
au premier semestre 2010

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 27 août 2010 | src.ANIMA
Marseille -

D’après l’étude semesrielle de l’Observatoire de l’Investissement et des Partenariats en Méditerranée ANIMA-MIPO, le nombre d’annonces de projets d’Investissement Direct Etranger (IDE) repart à la hausse dans les pays MED avec 392 projets au premier semestre 2010, contre 532 au total en 2009, soit + 47 %. La Turquie et Israël enregistrent la plus forte attractivité, le Machreq réalise une belle performance, la situation est plus mitigée pour le Maghreb.

Photo ci-dessus : le quartier d’affaires d’Istanbul. © Travel aficionado


En revanche, la baisse du montant moyen des annonces d’IDE se poursuit et
s’accélère : 34,6 millions d’euros (M€) par projet au S1 2010, contre 55,7 M€ en 2009 et 87,4 M€ lors de l’année record 2006 (Figure 1). Le montant total des annonces d’IDE demeure ainsi relativement stable par rapport à 2009 : 13,6 Mds € au S1 2010, contre 29,6 Mds € en 2009, soit - 8 %.

Les partenariats2 d’entreprises poursuivent pour leur part leur augmentation :
246 annonces au S1 2010, contre 302 au total pour l’année 2009 (+ 63 %).

L’année 2010 s’inscrit donc dans la continuité des tendances enregistrées en 2009 : la reprise des décisions d’investissement des entreprises étrangères se confirme au gré des prévisions économiques rassurantes pour les pays MED (4% de croissance pour les pays arabes en 2010 d’après le FMI), mais avec des projets plus petits, moins risqués.

Elle témoigne de l’adaptation des entreprises au monde de l’après-crise : après l’âge d’or des méga-projets dans les télécoms, la banque, et l’immobilier (2005-2007), puis la crise financière et économique (2008-2009), les investisseurs ne renoncent pas à leurs projets mais en limitent l’envergure, et ont plus volontiers recours à des partenaires pour développer leurs activités au sud de la Méditerranée.

Cette situation ouvre une fenêtre d’opportunité pour les entreprises des pays MED, qui pourraient bénéficier d’un meilleur partage de la valeur ajoutée s’ils sont à même d’apporter les relais commerciaux, techniques et financiers nécessaires au développement des projets portés par leurs partenaires étrangers.

L’est de la Méditerranée bénéficie mieux de cette relance

Israël et la Turquie, les deux économies les plus ouvertes et donc les plus exposées de la région, rebondissent de façon assez marquée après leur mauvaise année 2009 : + 75 % en nombre de projets d’IDE et + 13 % en montants, avec des annonces respectives de 1,5 et 4,5 Mds € au S1 2010.

La Turquie, qui prévoit d’atteindre une croissance de 6% en 2010 après la récession de 2008-2009, enregistre une forte hausse des investissements en provenance des États-Unis et des pays émergents (Chine, Japon, Russie).

Dynamique encourageante pour Machreq

Le Machreq suit également une dynamique encourageante : + 40 % en nombre de projets d’IDE et 5,7 Mds € annoncés, soit + 14 % par rapport à l’année 2009.

Les plus fortes hausses concernent le Liban, qui attire au S1 2010 le montant total des annonces de 2009, et la Syrie, qui enregistre des annonces de 2,2 Mds € au S1 2010 contre 0,9 Mds € pour toute l’année 2009, notamment grâce à l’investissement du chinois CNPC, qui rachète les actifs syriens de Shell, et de l’émirati Majid Al Futtaim (MAF) qui lance la construction d’un second centre commercial à Damas.

Les partenariats augmentent également significativement dans les pays du Machreq, qui rattrapent ainsi leurs voisins du Maghreb en attirant un bon tiers du total des projets de partenariats au S1 2010.

Situation mitigée au Maghreb

La situation du Maghreb est plus mitigée : + 29 % en nombre d’annonces d’IDE
mais une baisse de 20 % des montants au S1 2010 rapportés à l’année 2009. Ce
sont au total 1,7 Mds € qui sont annoncés en un semestre, un chiffre historiquement bas en comparaison du montant annuel moyen depuis 2003 qui s’élève à 8,8 Mds €.

La baisse des montants atteint 60 à 80% pour l’Algérie, la Libye et le Maroc, alors que la Tunisie fait figure d’exception avec des annonces multipliées par 3,5 grâce au méga-projet de l’émirati Gulf Finance House (GFH), qui se lance dans la construction du Port Financier de Tunis après avoir acquis le terrain dédié en 2009.

Sans cette annonce (3 milliards de dollars investis dans les 7 ans à venir), la Tunisie enregistrerait toutefois une baisse analogue à celle de ses voisins maghrébins. La situation est beaucoup plus contrastée en termes de nombre de
projets annoncés : la Tunisie est largement en tête (+ 76 %) ; le Maroc enregistre également de bons chiffres (+ 29 %) et c’est le statu quo pour la Libye. La baisse est notable en Algérie (- 23 %), mais elle est entièrement imputable au secteur énergétique, qui représente le tiers de son portefeuille d’IDE depuis 2003, tandis que les annonces dans les autres secteurs sont stables par rapport à 2009.

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