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Déjà 14 pays dans l’Euromed Postal, exemple de réseau professionnel durable de partenariat euromed

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 8 avril 2011 | src.LeJMED.fr
Paris -

Une fois par mois, « Les petits déjeuners de la Méditerranée », organisés par l’IPEMED, rassemblent à Paris des opérateurs économiques actifs dans le partenariat euroméditerranéen. Vendredi 8 avril, le thème du jour était « Les Réseaux professionnels méditerranéens, facteurs d’intégration régionale », avec un focus sur le réseau Euromed Postal. L’occasion de constater que la « société civile » euromed avance, quelles que soient par ailleurs les difficultés actuelles rencontrées dans la coopération entre États, et dans l’attente de la « refondation » annoncée de l’UPM

Photo ci-dessus : Jean-Louis Guigou, Délégué général et fondateur de l’IPEMED, durant son propos liminaire au "Petit déjeuner de la Méditerranée", vendredi 8 avril 2011. © LeJMED.fr - avril 2011


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Mme Samia Bouzenad, Directrice de la Coordination et des projets internationaux de la SNCF, durant son intervention au « Petit déjeuner de la Méditerranée » de l’IPEMED, vendredi 8 avril 2011. © LeJMED.fr - avril 2011

Dans son propos liminaire, Jean-Louis Guigou, Délégué général fondateur de l’IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen, Paris), évoqua les événements historiques en cours dans le sud méditerranéen, se félicitant du fait que, « après l’Europe des années 1970, c’est maintenant en Afrique du nord que souffle le vent de la démocratie, et nous avons le pressentiment qu’il atteindra aussi le sud saharien. Cette nouvelle donne dans la région ouvre un champ considérable de partenariats, notamment pour les entreprises », domaine d’action de prédilection d’IPEMED, dont les « missi dominici » ne cessent d’ailleurs de sillonner les deux rives.

« Il est à noter, poursuivit Jean-Louis Guigou, que les chefs d’entreprise prennent conscience de plus en plus de la pertinence de l’approche que nous développons depuis plusieurs années, car elle est confortée par l’actualité.

« D’autre part, si l’Union européenne a certes réagi avec un peu de retard, il faut relever que le Conseil des chefs d’État du 8 mars constitue une grande avancée, puisque y a été actée la création d’une communauté euroméditerranéenne de l’énergie… comme le firent la France et l’Allemagne en 1951 !

« Enfin, on note que les politiques se mobilisent : voyez Alain Juppé, ancien d’IPEMED, qui parle de refondation de l’UPM. Idem à gauche, avec le programme du Parti socialiste. En France, la Méditerranée n’est pas un motif de clivage droite-gauche, et nous nous en réjouissons, bien sûr ».


Les réseaux professionnels
sont moins exposés aux aléas politiques

Introduisant ensuite le thème du jour, Jean-Louis Guigou affima l’intérêt que l’IPEMED porte aux réseaux professionnels de toutes sortes – postiers, électriciens, médecins, avocats, universitaires… – qui constituent un champ d’investigation et d’initiatives particulièrement riches et pérennes, car – et justement – à l’abri des aléas politiques.

Intervenant à son tour, Mme Amal Chevreau, chef de projet à l’IPEMED, observa que depuis le lancement du Processus de Barcelone en 1995, un réel foisonnement de réseaux s’est développé en Méditerranée, parallèlement à l’action des États.

Leur intérêt, a-t-elle estimé, est que « ces réseaux peuvent être les acteurs d’une régulation au niveau régional, du fait qu’ils agissent dans un espace fonctionnel et non institutionnel. À l’inverse des États, dont le mode de fonctionnement est vertical, les réseaux s’organisent « en horizontal », dans un espace dépassant les frontières, et dont l’objectif de défense d’intérêts communs transcende les appartenances nationales. »

« L’Union européenne, poursuivit Mme Amal Chevreau, a souvent soutenu la création de ces réseaux, et parfois même financés, mais dans une démarche plutôt “top down”, et conditionnant son soutien à la diffusion par les réseaux de sa politique en Méditerranée.
Or, c’est plutôt le caractère spontané des réseaux qu’il conviendrait de soutenir, en les reconnaissant en tant qu’acteurs de la société civile, et de régulation. »


Le réseau Euromed Postal : déjà 14 pays adhérents,
et 4 autres en cours d’adhésion

L’Euromed Postal est précisément un formidable exemple de réseau euroméditerranéen, concret et en pleine expansion. Lancé en 2007 à l’initiative de la Poste française, ainsi que le rappela Mme Samia Bouzenad, Directrice de la Coordination et des projets internationaux, EuroMed Postal réunit maintenant 14 opérateurs des deux rives, et quatre autres sont en cours d’adhésion. Tout récemment, le 15 mars 2011, le réseau a tenu son assemblée générale constitutive et s’est doté d’une structure permanente capable de piloter de véritables projets et de les mettre en œuvre, l’Euromed Post Community (1).
« Nous travaillons maintenant à l’établissement de notre feuille de route, précisa Mme Samia Bouzenad. Je tiens à souligner, pour nous en féliciter, que nos travaux communs ont continué même pendant les soulèvements tunisien et égyptien, c’est de bon augure pour l’avenir ! » Et un fait qui conforte la posture de principe de l’IPEMED sur la moindre vulnerabilté des réseaux professionnels aux aléas politiques…

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Stefano Gori, Directeur de la stratégie internationale de Poste italiane et Secrétaire général de l’EuroMed Post Community, durant son intervention au « Petit déjeuner de la Méditerranée » de l’IPEMED, vendredi 8 avril 2011. © LeJMED.fr - avril 2011

Stefano Gori (Italie), Directeur de la stratégie internationale de Poste italiane et Secrétaire général de l’EuroMed Post Community, définit les priorités du réseau : « Etre un réseau des réseaux, et en particulier au service du développement et des partenariats entre les PME du nord et du sud, c’est l’un de nos principaux objectifs ».
En « bon Italien », Stefano Gori considère en effet que les grandes entreprises ont tous les moyens de s’organiser par elles-mêmes à l’international, tandis que les PME, où l’on peut constater beaucoup d’esprit et d’initiatives novateurs, sont handicapées par toutes sortes de freins à l’international. Contribuer à fluidifier les relations entrepreneuriales nord-sud – et sud-sud – est donc l’une des missions que le réseau a choisi d’assumer, afin « d’être le catalyseur pour relier les PME, et de contribuer ainsi à une meilleure croissance commune » dit encore Stefano Gori.

Autres objectifs : sécuriser les courriels, via les services postaux ; mettre sur pied une plate-forme de commerce électronique pour l’ensemble de la région, facilitant notamment les procédures d’import-export, véritable casse-tête pour les PME des deux rives… et aussi sécuriser et faire baisser le coût du transfert d’argent des migrants, aujourd’hui soumis à un prélèvement de 10 à 15 % par les prestataires.

Répondant à un participant qui notait l’absence de la Tunisie et de l’Algérie à cette initiative portée par la Poste française, Stefano Gori observa qu’en tant qu’Italien, il lui serait sans doute plus facile d’avancer avec les pays du Maghreb. "D’ailleurs, ajouta-t-il, j’ai reçu récemment une invitation du Ministère algérien des PTT pour aller, avec d’autres, témoigner à Alger de l’avancée de notre réseau, et de nos objectifs ».

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Mohamed Bouzidi, Président de Maroc Entrepreneurs, durant son intervention. A sa gauche, on reconnaît notamment Mickaël Picart, Directeur adjoint du département Méditerranée et Moyen-Orient de la SNCF, qui a aussi témoigné de l’intérêt de la SNCF pour les réseaux professionnels en Méditerranée, où l’entreprise est très active. © LeJMED.fr - avril 2011

Plusieurs dirigeants présents apportèrent ensuite leur témoignage, parmi lesquels Fedha Ouzzani, Président de REAGE (Réseau des Algériens diplômés des grandes écoles et universités françaises), Mickaël Picart, Directeur adjoint du département Méditerranée et Moyen-Orient de la SNCF, Mohamed Bouzidi, Président de Maroc Entrepreneurs, Paul Tholly, Président de l’association Euromed Capital Forum… et de toutes ces interventions émergea un consensus évident : la vitalité des réseaux professionnels est fondamentale pour l’avenir du partenariat euroméditerranéen ; l’Union européenne comme l’Union pour la Méditerranée devraient leur apporter leur soutien sans conditionnaltié ; le moment est venu de favoriser la naissance d’un réseau des PME en Méditerranée.

Tout cela en espérant que la « refondation » de l’UPM, annoncée notamment par Alain Juppé, mais à laquelle travaillent aussi les services de la Commission européenne, prendra en compte le rôle stratégique de la société civile dans la construction de l’EuroMéditerranée, qu’elle s’appelle UPM 2 ou Barcelone 3… Et que dans cette société civile soit notamment reconnu le rôle d’éclaireur et structurant des réseaux professionnels. Car si les hommes politiques passent, les réseaux demeurent.

© Alfred Mignot pour LeJMED.fr

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1 - L’Euromed Post Community rassemble aujourd’hui 14 postes de pays du Bassin méditerranéen : France, Italie, Grèce, la Principauté de Monaco, Malte, Maroc, Chypre, Slovénie, Turquie, Liban, Palestine, Egypte, Syrie et Jordanie. Quatre autres pays sont en cours d’adhésion.


Le site de l’IPEMED

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