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Dossier INVESTIR AU MALI

Barre Coulibaly, Pdg de l’Office
du Niger : « L’agriculture est l’outil stratégique du développement du Mali »

11 décembre 2017
Au Mali, culture de salades sur une terre irriguée. © Terre et Humanisme
Avec pour objectif de faire du Mali « le grenier de l’Afrique de l’Ouest », le Programme gouvernemental d’aménagement s’appuie à la fois sur un immense potentiel encore inexploité de terres irrigables, mais aussi sur la volonté des professionnels de l’agro-industrie. Autre atout, décisif : leur esprit d’ouverture aux partenariats et investisseurs internationaux.

Un article de Bruno Fanucchi, à Bamako

Pays essentiellement agricole, puisque plus de 60 % de la population vit de l’agriculture, le Mali a enregistré une excellente récolte de coton (avec plus de 645 000 tonnes pour la saison 2016/-017 qui s’est achevée le en avril) et une production céréalière record avec 8 964 000 tonnes, composée de riz (31 %), de maïs (28 %), de mil (21 %) et de sorgho (18 %). Le pays se classe désormais 2e producteur de coton de l’Afrique subsaharienne derrière le Burkina Faso et 2e producteur de céréales derrière le Nigeria avec des objectifs encore supérieurs pour la prochaine campagne 2017-2018 : atteindre, par exemple quelque 725.000 tonnes de coton graine !

Malheureusement, quelque 2 % seulement de cet « Or blanc » du Mali est à ce jour transformé au pays. Pour apporter plus de valeur ajoutée et créer des emplois utiles à la diminution du chômage des jeunes, les marges de progression sont donc considérables.

Le gouvernement a ainsi affecté 15 % de ses ressources budgétaires au secteur agricole pour mieux nourrir les Maliens et tenter de faire décoller l’économie du pays. Un Programme gouvernemental d’aménagement (PGA) a été mis sur pied pour consacrer 10 000 hectares de plus à l’agriculture sur la période 2014-2018. Avec pour objectif de faire du Mali « le grenier de l’Afrique de l’Ouest ».

Recherche investisseurs pour exploiter
un énorme potentiel

Pdg de l’Office du Niger, Barre Coulibaly a déjà l’ambition de faire du pays le « premier grenier à riz de l’Afrique de l’Ouest ». C’est une première étape : « L’Office est le géant de l’agriculture malienne et même de la sous-région avec à un peu près de 1 947 000 d’hectares irrigables, ce qui en fait la plus grande superficie irrigable d’Afrique de l’Ouest, explique-t-il. Seulement 9,7 % de cette surface est à ce jour exploitée, soit 130 000 hectares aménagés. Il y a donc un potentiel énorme à exploiter en zone Office du Niger ».

« Le riz n’est que notre culture locomotrice car nous cultivons aussi la pomme de terre, l’échalote, l’oignon, la tomate, l’arachide, le maïs et le blé, poursuit-il. À condition que nous arrivions à trouver des investisseurs pour nous aider, nous allons mettre l’accent sur la pomme de terre. Nous serions donc intéressés par des partenariats avec des investisseurs pour la production, le conditionnement et la commercialisation ».

« L’agriculture est l’outil stratégique du développement du Mali. Toutes les conditions sont là pour développer ce secteur : la subvention des engrais, la mécanisation agricole, l’opération ”1000 tracteurs”, mais aussi l’acquisition du petit matériel agricole pour vraiment développer les zones irriguées qui constituent des cultures stratégiques pour le Sahel avec le changement climatique ».

« C’est un scandale d’importer
lorsqu’on peut produire sur place »

« Le Mali est un pays à grand potentiel », assure Marcel Aboumon, chef de la représentation de la BOAD (Banque ouest-africaine de Développement) au Mali. Il suffit d’aller dans la zone Office du Niger pour se rendre compte de ce potentiel : il y a plus d’un million d’hectares de terres aménageables sur lesquelles on pourrait produire à profusion des céréales ». Et celui-ci de conclure : « C’est donc un scandale d’importer autant de riz et de sucre au Mali lorsqu’on peut produire sur place ».

La réussite d’un homme comme Modibo Keita est à cet égard extrêmement parlante. Elle prouve que l’on peut très bien réussir en cultivant sur place le riz, la pomme de terre et tout ce qui est nécessaire pour nourrir les Maliens. Patron de GDCM (Grand distributeur des Céréales du Mali) après avoir présidé aux destinées des Moulins modernes du Mali, il est aujourd’hui l’une des premières fortunes du pays.

Développer la filière mangues

SCS International a inauguré la première usine d’emballage du pays, un exemple des nombreuses opportunités existant dans le secteur agro-industriel. © DR

D’autres opérateurs émergent, au prix souvent d’une lutte pour l’accès au financement. C’est le cas de Moussa Diakité. Lorsque celui-ci commence son business d’exportation de mangues en 2007, le fruit ne figure pas sur la liste des produits exportés par le Mali. Dix ans plus tard, SCS International exporte chaque année 1 500 tonnes de mangues vers l’Europe et a fait reconnaître la mangue malienne comme référence à l’international.

Aujourd’hui, le groupe cherche à se frayer un chemin dans un nouveau secteur au Mali, en ouvrant la première compagnie d’emballages industriels du pays, pour laquelle un financement de 9 millions est nécessaire. « Notre première cible, confie-t-il, est d’attirer des entreprises étrangères ». Tout un programme !

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SUR LEME SUJET :

Moussa Ismaïla Touré, DG de l’API-Mali : « Investir maintenant au Mali, c’est saisir la chance d’un gain de pionnier » http://bit.ly/2ApC83O

À l’occasion du Forum « Investir au Mali » (Bamako, 7-8 décembre), Mamadou Sinsy Coulibaly, le « patron des patrons » du CNPM : « C’est le moment d’investir au Mali ! » http://bit.ly/2AZ4Bxg

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