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#AmbitionAfrica - France Invest publie le « Guide du capital-investissement en Afrique » 2019 pour aider les investisseurs à faire émerger les pépites africaines

30 octobre 2019
La nouvelle édition du « Guide du capital-investissement en Afrique » du Club Afriqe de France Invest a été présentée ce mercredi octobre aux participants du grand Forum Ambition Africa, à Paris au ministère de l’Économie et des Finances. © DR/ AP.P
À l’occasion du grand Forum Ambition Africa 2019 qui se tient les 30 et 31 octobre à Paris-Bercy, le Club Afrique de France Invest réédite une version « mise à jour et enrichie » de son « Guide du capital-investissement en Afrique ». Un ouvrage particulièrement utile pour aider les investisseurs à « comprendre les tendances, les enjeux et le potentiel du marché » continental, et apporter capitaux, conseils et soutien aux entreprises africaines.

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Jean-Louis Alcaide, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@jlalcaide1 | @PresseAfrica

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Depuis des années, le constat est sans appel : face aux défis majeurs auxquels il doit faire face, le continent africain a un « profond besoin d’investissements ». Or au-delà des banques, des investisseurs institutionnels, des marchés ou organismes financiers, au-delà des politiques des institutions publiques internationales, il y a un moyen de financement qu’il est indispensable de développer rapidement : le capital-investissement (« private equity » en anglais). C’est l’idée centrale du « Guide du capital-investissement en Afrique », que publie le Club Afrique de France Invest, à l’occasion du grand Forum Ambition Africa 2019 qui se tient les 30 et 31 octobre à Paris-Bercy.

Besoin vital

« Dans les économies occidentales, souligne en effet dans sa présentation Dominique Gaillard, président de France Invest, le capital-investissement a démontré sa capacité à accompagner l’émergence et la croissance des entreprises et à créer massivement des emplois durables », ce dont l’Afrique a aujourd’hui un besoin vital pour « absorber le fort accroissement démographique » en cours.

« Être utile aux professionnels »

D’où l’idée de publier une « version enrichie et mise à jour de notre Livre Blanc du capital-investissement africain » édité en 2016, explique Hervé Schricke, président du Club Afrique de France Invest, afin de donner « à tous les intervenants de l’écosystème du capital-investissement français et africain une vision globale du marché du capital-investissement en Afrique, de ses pratiques, de ses développements, des acteurs et des types d’interventions pratiquées ». « Son but, ajoute-t-il, est d’être utile aux professionnels qui ont besoin de comprendre les tendances, les enjeux et le potentiel du marché ».

Des encours modestes

Car, oui bien sûr, le capital-investissement est bien présent en Afrique, bien que « ses encours restent globalement modestes », observe dans son préambule Christian de Boissieu, professeur émérite à l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) et conseiller économique auprès du Club Afrique de France Invest. Ainsi, au cours des dix dernières années (2008-2018) le marché du capital-investissement africain est resté relativement stable et pérenne avec près de 30 Md$ levés entre 2008-2018, via 200 à 250 acteurs dont la majorité (52%) a une taille inférieure à 100 M$.

Ces fonds sont essentiellement investis dans le développement de PME à fort potentiel de croissance, avec des tickets inférieurs à 20 M$. Mais le taux de croissance des montants investis en capital-innovation explose depuis quelques années (118 % entre 2017 et 2018, avec un rythme de croissance annuelle de 70 % en moyenne depuis 2015). À noter que l’Afrique accueille seulement 7 % des montants investis en capital investissement dans les pays émergents, contre 70 % en Asie.

Concentré dans les pays anglophones

Sur le continent toutefois, le capital-investissement reste concentré dans quelques pays où l’écosystème est suffisamment structuré, notamment dans les pays anglophones, à commencer par l’Afrique du sud, le Nigeria ou le Kenya qui accueillent 60 % des 200 fonds d’investissement recensés à fin 2018 en Afrique.

Depuis 2008, les montants investis se sont ainsi principalement répartis en moyenne entre l’Afrique du Sud (27 %), Afrique de l’Ouest (26 %), Afrique du Nord (19 %) et l’Afrique de l’Est (17 %), tandis que l’Afrique centrale reste très minoritaire. Les pays d’Afrique francophone sont donc encore sous-représentés « du fait notamment de la taille relativement moins grande de leurs marchés domestiques, mais leur part de marché augmente progressivement », notent les auteurs du guide.

Contexte favorable au décollage

« Un « rattrapage  » s’impose du côté des pays francophones et des pays lusophones », confirme Christian de Boissieu. D’autant que « le contexte africain est favorable au décollage du private equity (PE) », car trois conditions nécessaires y sont remplies : l’épargne est abondante ; la technologie est à la pointe - « en matière de fintech, l’Afrique n’a pas de complexes à faire vis-à-vis des autres continents » - ; et les talents sont bien présents.

Investissements publics-privés

Côté pouvoirs publics, qu’ils soient français, européens, chinois ou autres, les initiatives se sont multipliées ces dernières années pour développer les investissements « mixtes  », publics-privés. Ainsi, en novembre 2017 à Ouagadougou, le président de la République française s’est engagé à « consacrer plus d’un milliard d’euros (en fonds propres) pour soutenir les PME africaines », via du capital-investissement en Afrique dans le cadre de l’Aide publique au développement (APD) dont le principal opérateur est l’Agence française de développement (AFD, 60 % des apports bilatéraux français).

Choose Africa

C’est ainsi qu’a été lancé Choose Africa, un programme pour accompagner, financer et promouvoir l’environnement des affaires en Afrique. Dans le cadre de Choose Africa, 2,5 Md€ seront mobilisés par la France entre 2018 et 2022, dont 1 Md€ en fonds propres (investissements directs en capital dans des TPE/PME africaines, et indirects dans des fonds de capital-investissement), et 1,5 Md€ en prêts et garanties. Le principal interlocuteur du programme Choose Africa est Proparco, filiale secteur privé de l’AFD.

Routes de la soie

Pour sa part, l’Union européenne a mobilisé, entre 2014 et 2017, environ 35 Md€ à travers des opérations de finance mixte (« blended finance » *). Tandis que la Chine, avec son projet des « nouvelles routes de la soie » a laissé miroiter 60 Md$ destinés au développement économique des pays africains, dont 15 Md$ de subventions et de prêts sans intérêts. Les États-Unis de Donald Trump se contentent principalement d’offrir une alternative aux investissements chinois...

Un long fleuve tranquille ?

Pour autant, si le private equity trouve « ses investissements de toutes tailles », « ses rendements », « s’il se diversifie et se spécialise », et s’affirme « avec succès », comme le remarque, Lionel Zinsou, le président de la banque d’affaires SouthBridge, vice-président du conseil de surveillance du fonds PAI et ancien Premier ministre du Bénin, le capital investissement « n’est [pas] un long fleuve tranquille, car on ne peut pas échapper aux cycles et aux risques de change ». Les retraites en rase campagne africaine des fonds américains KKRet Blackstone, respectivement fin 2017 et début 2019, sont là pour en témoigner. Ce qui démontre que, en matière de capital investissement, il faut aussi bien savoir entrer que gérer sa sortie.

Un continent de 54 pays

Pour ce qui est de réaliser un investissement, il faut tout d’abord avoir bien en tête que « l’on parle trop souvent “d’une Afrique”, insiste Jean-Michel Severino, président d’Investisseurs et Partenaires et ancien directeur général de l’AFD. Il s’agit en fait d’un continent de 54 pays, immense, infiniment varié et connaissant des conjonctures très disparates. Les attentes de rendement devraient donc reposer sur une meilleure appréciation du risque réel ».

Spécificités et particularismes

Le guide s’attache à montrer les « spécificités  » et les « particularismes  » qui peuvent être utiles aux candidats investisseurs, en essayant d’en tirer des traits communs par grandes régions et de donner des conseils détaillés.
Exemples : «  La stratégie doit être définie avec un objectif à long terme (à opposer à des cessions rapides) ; les transactions se caractérisent par des négociations longues et complexes, des difficultés à conduire les due diligence et à obtenir toutes les informations financières nécessaires (…), une présence marquée des pouvoirs publics et des partenaires locaux influents avec lesquels il convient de discuter et de composer ; les opérations consistent surtout en des prises de participation minoritaires (…) ; le suivi de l’investissement nécessite un doigté particulier en matière de gestion des ressources humaines ; enfin et surtout, les acteurs doivent faire en sorte d’assurer une présence physique continue (les opérations ne se font pas par e-mails !). »

Durées plus longues

Quant à la récupération de sa mise, le guide cite l’« Étude annuelle sur les sorties » présentée par EY et l’African Venture Capital Association : les 49 sorties réalisées en 2017 sur le continent présentent une durée moyenne de détention de 6,5 années (7,7 années en 2016), supérieure à la moyenne 2007–2015 (5,1 années). Cela « montre que les fonds d’investissement sont plus enclins à rester dans le capital pour des durées plus longues que sur des marchés développés, en attendant de trouver une bonne opportunité de sortie  ».

Conseils et soutien

Il reste que si le capital-investissement a pour rôle économique de financer les entrepreneurs manquant de fonds propres, il apporte « bien plus que de l’argent, souligne le guide, il apporte conseils et soutien aux entreprises qu’il accompagne, pour les aider dans leur croissance ». Car, comme le remarque Lionel Zinsou, le risque lié à tout d’investissement ne peut être maîtrisé que « par des modèles d’affaires cohérents et innovants, par une gouvernance sérieuse, par le professionnalisme de la gestion »… Et de tout cela, comme les autres continents, l’Afrique en a aussi besoin.

(*) La finance mixte consiste à utiliser stratégiquement des outils de financement publics ou philanthropiques, dans le but d’attirer des capitaux supplémentaires privés vers des thématiques sous-financées dans les pays émergents.

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- Agenda Paris, 30 et 31 octobre - Ambition Africa 2019, seconde édition de l’événement d’affaires de référence Afrique-France

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LIENS UTILES

- Site AMBITION AFRICA 2019

- Site de France Invest

- Site du Club Afrique de France Invest

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