Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

ENTRETIEN EXCLUSIF

Philippe BOHN, DG d’Air Sénégal (2/2) :
« Nous ouvrons la ligne Dakar-Paris
dès le 1er février prochain ! »

27 décembre 2018
Philippe BOHN, Directeur général d’Air Sénégal. © Capture AP.P sur DakarActu TV HD
Dans le premier volet* de l’entretien exclusif qu’il nous a accordé, Philippe BOHN, Directeur général d’Air Sénégal depuis août 2017, a dressé le bilan d’étape de l’avancée de la compagnie aérienne. Dans cette seconde partie, il détaille les différents volets de sa stratégie d’action, et annonce notamment l’ouverture imminente de la route Dakar-Paris…

 »>.

Propos recueillis à Dakar par Bruno FANUCCHI

 »>.

Sur cette ligne Dakar-Paris, où en est votre concurrence avec Corsair ?

Philippe BOHN - Il n’y a pas de concurrence avec Corsair. Je tiens tout d’abord à rendre hommage aux qualités de Corsair qui est une excellente compagnie. Je connais bien les hommes qui la dirigent, j’ai pour eux la plus grande estime et le plus grand respect. Il n’y a pas de questions d’ego dans tout cela, c’est juste une question de business. Il convient de rappeler tout simplement ce qui a toujours été prévu. Corsair volait dans le cadre d’une convention extra-bilatérale. Comme vous le savez, dans la mesure où l’on n’est pas dans l’« open sky », ce qui régit la façon de travailler dans le cadre aérien, ce sont les conventions bilatérales.

Très concrètement, sur la route Dakar-Paris, 50 % des droits appartiennent à la France et 50 % au Sénégal. Air France opère les « slots » de la part France qui lui ont été attribués par les autorités françaises et Corsair est venu travailler au Sénégal à une époque où le pays ne disposait plus de compagnie aérienne nationale. Ce qui a toujours été convenu, c’est que lorsque le Sénégal se doterait d’un pavillon national, très naturellement il reprendrait la plénitude légitime de ses droits et les exploiterait.

C’est tout simplement ce qui est en train de se mettre en place. Je le dis et le répète : Corsair est un très bon opérateur, qui a bien travaillé dans ce pays, mais il était naturel et légitime que le Sénégal reprenne la plénitude de ses droits. Concrètement, il est prévu qu’Air Sénégal vole sous son code HC le 1er février prochain sur Paris. Et d’ailleurs les ventes sont déjà ouvertes sur la ligne [et sur le site de le compagnie, www.flyairsenegal.com, ndlr]

Sur le site d’Air Sénégal (www.flyairsenegal.com), il est déjà possible de réserver le vol inaugural du 1er février de la ligne Dakar-Paris, ainsi que pour les jours suivants. © DR

 »>.

Combien de lignes et de destinations avez-vous en cette fin d’année ?

Philippe BOHN - Jusqu’à récemment, nous n’opérions que Ziguinchor [ville du sud-ouest du Sénégal, ndlr]. Mais nous venons d’ouvrir Abidjan, où nous avons un partenariat avec nos amis d’Air Côte d’Ivoire, qui nous ont apporté un véritable soutien puisque nous avons récupéré le vol du matin. Cela fonctionne bien avec des taux de remplissage très satisfaisants car c’est une route importante. Et, dans les semaines qui viennent, d’autres ouvertures de ligne sont prévues : dans le désordre Banjul, Conakry, Cotonou, Praia (capitale du Cap Vert) ou Bamako.

Nous serons bientôt à une dizaine de routes. Ce qui change la donne de manière significative. Car une compagnie aérienne, c’est d’abord de la logistique, mais une logistique extrêmement normée, précise, surveillée, certifiée… Avec beaucoup d’attention à chaque détail puisque la sécurité est l’alpha et l’oméga de notre industrie. Je ne transige jamais avec les questions liées à la sécurité de nos vols.

Cheikh Seck nous a rejoint pour devenir notre directeur de l’exploitation. C’est l’un des grands pilotes sénégalais emblématiques, commandant de bord sur « 330 » et « 380 » chez Emirates. C’est lui qui anime le recrutement des pilotes, qui organise les tests les plus stricts, les plus difficiles, les plus pointus au meilleur critère de qualité. Éric Iba Gueye nous a également rejoint comme directeur du réseau et de l’expérience client. Chacun s’applique à mettre en œuvre la rigueur de nos process pour assurer la meilleure sécurité de nos clients.

Que représente Air Sénégal en termes de ressources humaines ?

Philippe BOHN - Nous sommes en phase d’embauche très active. Grosso modo, nous serons bientôt 200 personnels. Comme un avion, c’est autour de trois équipages, vous allez vite comprendre que cela multiplie le nombre de PNC et PNT que l’on embauche. Plus nos opérations montent et plus on a besoin de personnel, et très qualifié car ce sont des métiers de précision et c’est bien de pouvoir recruter les meilleurs.

Beaucoup sont ainsi débauchés dans d’autres entreprises. Il y a des pilotes sénégalais de grande qualité et ceux-là, les bons, sont en général en exercice ailleurs, puisqu’il n’y avait plus de compagnie aérienne ici au Sénégal. J’essaie de les attirer chez nous. C’est un vrai challenge de les identifier et de les convaincre de nous rejoindre et de revenir au pays pour participer à cette aventure. Il faut qu’ils aient confiance eux aussi dans la pérennité de l’entreprise, même s’il y a toujours une part de challenge et donc de risque.

C’est la loi du marché : toutes les compagnies aériennes ont les mêmes problématiques de recrutement. On en est en concurrence pour gagner les marchés, mais on est aussi en concurrence pour trouver les meilleurs collaborateurs. L’aérien est un métier d’humilité. C’est un métier où l’on travaille 24 heures sur 24 avec le souci des processus, de la précision, des certifications et des normes. Et comme je dis toujours à mes équipes : « Dans la vie, les bons trouvent des solutions et les mauvais trouvent des excuses ». Chez Air Sénégal, nous essayons de trouver des solutions !

Dakar va-t-il devenir le « hub » aérien de l’Afrique de l’Ouest ?

Philippe BOHN  - On met ce que l’on veut dans le mot « hub », mais il est indéniable que le Sénégal est aujourd’hui en phase accélérée d’émergence. Une fois encore, le dynamisme pragmatique du Président de la République entraîne le pays vers une marche rapide en termes de développement économique. Et, bien sûr, l’industrie pétrolière et gazière qui est en train de s’installer dans le pays est un facteur important. Mais le facteur le plus important, c’est la stabilité et la solidité du leadership du pays.

Le premier critère pour investir dans un pays et y faire des affaires, c’est la stabilité, la sécurité et l’État de droit. Or, tous ces éléments sont présents ici au Sénégal. Les entreprises peuvent donc venir s’y installer car le pays est stable, bien géré et – touchons du bois – n’a pas connu d’attentats comme la France, l’Angleterre, la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Burkina.

Cela crée un flux économique et c’est cette attractivité du Sénégal qui créera le « hub ». Le nouvel aéroport est à cet égard un élément déterminant. Il est très important d’avoir une plate-forme aéroportuaire où le « handling », le fret et les tarifs soient attractifs. On a d’avoir, Avec ce nouvel aéroport, nous avons vraiment une chance extraordinaire de disposer d’un outil hors norme sur ce continent. Notre compagnie est en parfaite cohérence avec cet aéroport, dont je suis un grand fan.

◊ ◊ ◊

* 1er VOLET DE L’ENTRETIEN
Philippe BOHN, DG d’Air Sénégal (1/2) :
« Notre ambition est de jouer en 1re division ! »

LIEN UTILE
Site d’Air Sénégal : www.flyairsenegal.com

◊ ◊ ◊

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Articles récents recommandés