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LE DOSSIER DU 1er FORUM AMBITION AFRICA (Paris-Bercy, 22-23 octobre)

Mossadeck Bally, PDG du Groupe Azalaï (2/2) : « Nous sommes fiers d’être un groupe panafricain d’origine malienne »

27 octobre 2018
Mossadeck Bally, PDG et patron fondateur de la chaîne hôtelière panafricaine Azalaï. © DR
Dans le premier volet de l’entretien exclusif qu’il nous a accordé à l’occasion de sa participation au grand Forum Ambition Africa, à Paris-Bercy les 22 et 23 octobre, Mossadeck Bally, PDG et patron fondateur de la chaîne hôtelière Azalaï, a évoqué sans détour les faiblesses des entreprises françaises à l’export, ainsi que les opportunités et les défis de l’Afrique. Dans ce second volet, il décrypte la stratégie de son entreprise sur le Continent.

Propos recueillis par Bruno Fanucchi, pour AfricaPresse.Paris

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Vous venez de recevoir un prix à Nairobi, où s’est tenu le Africa Hotel Investment Forum. C’est une consécration ?

Mossadeck Bally – Le groupe Azalaï Hôtels a en effet été primé au cours de l’Africa Hotel Investment Forum, qui s’est tenu début octobre à Nairobi (Kenya) et constitue la principale conférence consacrée chaque année aux investissements hôteliers sur le Continent africain.

L’industrie hôtelière dans son ensemble a décidé de reconnaître le leadership du groupe sur le Continent, à savoir ce que l’on a réalisé en un peu moins de 25 ans, en démarrant avec un seul établissement – le mythique Grand Hôtel de Bamako –, pour devenir aujourd’hui la première chaîne hôtelière totalement panafricaine, implantée essentiellement en Afrique de l’Ouest.

Ce prix, c’est le Leadership Awards de l’Africa Hotel Investment Forum. C’est donc une très belle consécration car la plus belle reconnaissance c’est celle de vos pairs. Elle est pour nous emblématique, car nous avons cette vision de développer une hôtellerie à l’africaine. Nous sommes fiers d’être un groupe panafricain d’origine malienne, qui a fait ses premiers pas au Mali et qui a ensuite essaimé dans la sous-région.

Nous sommes encore un petit groupe à taille humaine et qui a au moins cette audace : faire la promotion des jeunes talents africains, leur donner leur chance.

On peut donc faire aujourd’hui des affaires et investir au Mali ?

Mossadeck Bally – Tout à fait, et nous en sommes un peu une sorte de porte-drapeau pour le Mali, dont on parle malheureusement ces dernières années pour bien d’autres raisons, sécuritaires notamment.

Pendant très longtemps, dans la législation fiscale malienne il n’y avait pas la possibilité d’avoir une société mère, avec des filiales, et d’éviter la double imposition. Il y a un peu moins de dix ans, la législation a changé et cela a permis d’installer au Mali une société holding dont la vocation est de prendre des participations dans les sociétés filiales. Et lorsque celles-ci distribuent des dividendes et que ces dividendes reviennent dans la holding, ces dividendes ne sont pas taxés une deuxième fois.

Aujourd’hui, le groupe Azalaï Hôtels est basé au Mali et la société holding détient des participations majoritaires dans toutes les filiales. Car dans tous les pays où nous avons un hôtel Azalaï, nous avons créé une société de droit local, propriétaire de l’hôtel avec des partenaires et investisseurs locaux. C’est un gros avantage pour nous.

« D’ici à 2022, nous allons ouvrir des hôtels
à Dakar, Conakry, Niamey et Douala »

Que pèse aujourd’hui votre groupe Azalaï ?

Mossadeck Bally – Nous avons dix unités hôtelières dans six pays en Afrique de l’Ouest : Mali, Burkina Faso, Guinée Bissau, Bénin, Mauritanie et Côte d’Ivoire. Nous avons mille chambres et un millier de collaborateurs car nous avons à peu près un collaborateur pour une chambre.

Dans notre métier, chaque fois que vous créez un emploi direct vous générez au minimum deux emplois indirects dans l’écosystème de fournisseurs qui gravitent autour d’un hôtel. Et nous sommes en pleine expansion avec quatre projets actifs, c’est-à-dire en construction ou en voie de démarrer la construction, au Sénégal, en Guinée, au Niger et au Cameroun.

Le chronogramme, c’est d’ouvrir Dakar et Conakry au début de 2020, Niamey au début de 2021, et Douala à la fin de 2022. Lorsque ces quatre projets seront finalisés, nous aurons quasiment doublé la taille du groupe, en passant de 1 000 chambres à près de 2 000, et pratiquement doublé aussi le nombre de nos collaborateurs.

Séance inaugurale du grand Forum Ambition Africa, lundi matin 22 octobre à Paris-Bercy, au ministère de l’Économie et des Finances. © AM/AfricaPresse.Paris

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Quelle est votre stratégie de développement en Afrique ?

Mossadeck Bally – Notre stratégie initiale, c’était de s’implanter dans les huit pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest, ndlr).

Nous y sommes presque, puisque nous sommes déjà présents dans sept pays, même si nous n’avons pas encore réussi à démarrer un projet au Togo.
En revanche, nous avons engagé des prospections dans les pays anglophones, au Nigeria et au Ghana essentiellement.

J’ai déjà effectué quelques visites à Lagos, la plus grande ville du Nigeria, et je serai la semaine prochaine à Accra, la capitale du Ghana, pour essayer d’identifier d’abord des partenaires – car nous investissons toujours avec des partenaires locaux – et repérer aussi des terrains, voir des hôtels à racheter ou à reprendre. Il s’agit pour nous d’amorcer une présence dans ces deux pays, poids lourds de l’économie ouest-africaine. Et d’y développer des projets concrets d’ici à trois ou quatre ans.

En quoi votre chaîne hôtelière Azalaï se distingue-t-elle ?

Mossadeck Bally – Nous sommes avant tout une chaîne panafricaine. Comme je vous le disais à l’instant, nous avons commencé par le Grand Hôtel de Bamako et, plus de vingt ans plus tard, nous avons dix unités hôtelières, mille chambres et un millier de collaborateurs, avec des ressources humaines africaines, avec beaucoup de volonté, beaucoup de résilience, beaucoup d’abnégation, beaucoup de courage…

Le groupe Azalaï, c’est la preuve que tout est possible sur le Continent lorsque l’on est résilient et que l’on n’est pas « court-termiste », que l’on réfléchit à long terme. Lorsque l’on a le courage d’affronter les nombreux défis, que l’on est passionné par le Continent, par son développement et son devenir, et que l’on est habité par la passion d’entreprendre… on peut faire de grandes choses !

Et qu’est-ce qui vous différencie des grands groupes hôteliers ?

Mossadeck Bally – Nous, nous travaillons dans l’hôtellerie d’affaires et pas du tout dans le tourisme et le balnéaire. Ensuite, nous sommes dans la moyenne gamme avec 3 étoiles + / 4 étoiles. C’est notre marque Azalaï.
Récemment, nous avons fait ce que l’on appelle couramment un « rebranding » en créant une marque économique que nous avons appelée Dunia Hôtels. Et nous allons faire notre première ouverture le mois prochain, à 25 km de Ouagadougou, au Burkina Faso.

C’est un hôtel assez atypique d’ailleurs dans un écosystème écologique, qui a été construit par la Croix Rouge de Monaco – je suis le Consul de Monaco à Bamako – et offert à la Croix Rouge du Burkina Faso. Et les deux Croix Rouge nous ont demandé de gérer l’hôtel. Nous y avons investi en réalisant l’agencement et l’équipement. Et c’est là aussi que nous escomptons ouvrir en septembre 2019 notre deuxième École hôtelière (lire à ce sujet le premier volet de notre entretien, ndlr).

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TOUS NOS ARTICLES (17) SUR LE THÈME ET L’ÉVÉNEMENT
du 1er FORUM AMBITION AFRICA
(Paris-Bercy, 22-23 octobre 2018)

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AmbitionAfrica - Amadou KONE, ministre ivoirien des Transports :
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« Notre plate-forme digitale se veut une porte d’entrée incontournable en Afrique »

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« Il faut renforcer le système de santé africain dans sa globalité »

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« En Afrique, les entreprises françaises doivent se remettre en cause ! »

Ambition Africa - Mossadeck Bally, PDG du Groupe Azalaï (2/2) : « Nous sommes fiers d’être un groupe panafricain d’origine malienne »

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« La création de la Team France Export est une innovation historique ! »

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« Business France et Bpifrance vont lancer ensemble
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« Ambition Africa deviendra l’événement entrepreneurial de référence entre la France et l’Afrique ! »

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Ambition Africa - Paul BOURDILLON, DGA SUEZ Afrique, Inde et MO (1/2) :
« Le développement inclusif est véritablement au cœur des activités de SUEZ en Afrique »

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« Notre Fonds franco-africain vise à fertiliser PME et co-entreprises »

- Pierre-Yves Pouliquen, DG Afrique, MO et Inde de SUEZ :
« Le traitement des déchets est l’une des urgences de l’Afrique » (1/3)

- Pierre-Yves Pouliquen, DG Afrique, Moyen Orient et Inde de SUEZ : « L’Afrique nous oblige à réinventer nos modèles d’action et d’inclusion » (2/3)

Pierre-Yves Pouliquen, DG Afrique, MO et Inde de SUEZ :
« Nous travaillons en Afrique avec la même exigence technique et humaine qu’en France » (3/3)

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Une des affiches de promotion de l’événement Ambition Africa, à Paris, à proximité du ministère de l’Économie et des Finances. © AM/APP

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