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Le ministre Dèdèriwè ABLY-BIDAMON à l’UNESCO (Paris) : « Avec le PND, le Togo vise une croissance forte, inclusive, améliorant le bien-être social »

24 mars 2019
Marc Dèdèriwè ABLY-BIDAMON, ministre des Mines et de l’Énergie du Togo, lors de son intervention à l’Unesco, à Paris, en février 2019. © Photograph’Ink
À l’occasion du XXe Colloque du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) qui s’est tenu récemment à l’Unesco (Paris), l’Afrique était à l’honneur. Le Togo et son plan national de développement (PND) qui fait une large part à la promotion des énergies renouvelables (EnR) y ont été présentés par Marc Dèdèriwè ABLY-BIDAMON, ministre des Mines et de l’Énergie du Togo. Un exemple qui pourrait s’avérer inspirant pour les autres pays de la région.

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Une contribution d’Alfi Malek,
Ingénieur et consultant en énergétique

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On ne doute plus désormais que les effets du réchauffement climatique seront des plus dramatiques pour le continent africain. Et pourtant, l’Afrique n’est pas à l’origine des émissions de gaz à effet de serre.
 SI l’on en venait à appliquer le principe de pollueur-payeur, on comprendrait vite l’énormité de la dette astronomique due par les pays industrialisés à l’Afrique, aussi bien pour les générations présentes que futures.

Aussi l’Afrique a-t-elle droit, à plus d’un titre de la part de l’Occident en général et de l’Europe en particulier, à un traitement de faveur, c’est le moins que l’on puisse dire.
Aujourd’hui, il convient donc de se doter d’une approche de coopération dans un réel esprit gagnant-gagnant, car la question du climat tout comme celle de l’avenir de l’Afrique nous concernent tous également. Le financement en PPP du nouveau dispositif énergétique du Togo représente une belle occasion, pour les bailleurs internationaux, de faire montre de leur « bonne volonté »… 

Une loi pour stimuler l’essor
des énergies renouvelables

Le cas d’école du Togo – intéressant, voire enthousiasmant – a été présenté en février dernier au siège parisien de l’Unesco, lors du XXe Colloque du SER, le Syndicat des Énergies renouvelables.

Le Togo, l’un des plus petits pays d’Afrique, tant en taille (56 785 km2) qu’en population (7,5 millions d’habitants, en 2015) ne produit qu’à peine 40 % de sa consommation en énergie. La situation n’est pas non plus idéale du côté de ses fournisseurs, Ghana et Nigeria, qui au fil du temps réduisent la quantité d’énergie livrée au Togo.

C’est dire tout l’enjeu que représente le recours aux énergies renouvelables, si l’on veut atteindre les objectifs de développement durable dans les quinze prochaines années. Afin de combler ce déficit qui ne cesse de se creuser davantage, et permettre au pays d’être plus autonome, la montée en puissance des énergies renouvelables devient indispensable.

Tel est l’objectif du projet EnR du Togo, présenté à l’Unesco par Marc Dèdèriwè ABLY-BIDAMON, ministre des Mines et de l’Énergie. Un exemple qui pourrait s’avérer inspirant pour les autres pays de la région…

Promulguée le 8 août 2018, et s’inscrivant dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2018-2022, lancé officiellement début le 4 mars 2019 par le président togolais Faure Gnassingbé, la loi relative à la promotion de la production de l’électricité pose les bases de l’avancée des EnR dans le pays.
Elle établit en effet l’exonération de taxes pour l’importation d’équipements liés aux énergies renouvelables (solaire, éolien, biogaz, etc.) et programme la construction de centrales solaires (5 MW) ainsi que d’une centrale éolienne (12 MW).
Un projet sous-régional de construction d’une centrale thermique au gaz naturel de 450 MW cycle combiné, à l’horizon 2020, est également annoncé, ainsi que la poursuite de la mise en œuvre du programme d’efficacité énergétique (réduction de l’impact de la consommation énergétique sur le climat) et d’accès aux services énergétiques.

De plus, dans le cadre de la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE), des mesures relatives à la biomasse, aux énergies renouvelables, à l’économie d’énergie et aux hydrocarbures seront prises pour accompagner le développement de l’électricité.

Ces mesures visent la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire de promotion des énergies renouvelables et l’accès des ménages aux énergies de substitution au bois-énergie à moindre coût, ainsi que la mise en œuvre d’un programme de promotion des foyers améliorés et d’un second programme consacré à la vulgarisation du gaz butane à usage domestique.

Une croissance forte et inclusive d’ici à 2022,
l’ambition du Plan national de développement (PND)

« Avec le PND, explique le ministre Marc Dèdèriwè ABLY-BIDAMON, le Togo se donne comme priorité de transformer structurellement l’économie, pour une croissance forte, durable, résiliante, inclusive, créatrice d’emplois décents et induisant l’amélioration du bien-être social », avec pour objectif concret d’atteindre une croissance forte et inclusive de 7,6 % à l’horizon 2022, de créer 500 000 emplois et de réduire l’indice de pauvreté monétaire à 44,6 %, contre 53,5 % en 2017 en moyenne pour l’ensemble du territoire, selon l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED) du Togo.

Au-delà de l’importante question des énergies renouvelables, le Plan National de développement (PND) est structuré autour de trois axes stratégiques, explique Kanka-Malik Natchaba, conseiller du président togolais et chargé de la cellule présidentielle d’exécution et de suivi des projets prioritaires : « Le premier axe, c’est la mise en place d’un hub logistique d’excellence et d’un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région ». Le deuxième axe vise à mettre en place « des pôles ​de transformation agricole, manufacturière et minière », sachant que le corollaire logique en est « le renforcement des mécanismes d’inclusion sociale ».

La nécessaire forte implication du secteur privé

« Pour sa participation à ce plan, le secteur privé scrute des projets productifs », explique sur les ondes de VOA Afrique Germain Meba, président de la Chambre du commerce et d’industrie du Togo (CCIT).
« Nous cherchons des projets porteurs, mais aussi à proposer un ensemble de projets pour que nous nous sentions intégrateurs, car pour que l’économie aille de l’avant, sans le secteur privé, on ne peut rien », insiste-t-il.

Un propos qui fait consensus côté gouvernemental, car 65 % du financement du PND est attendu du secteur privé, via des partenariats publics-privés. Ainsi le gouvernement togolais se tourne-t-il vers des pools bancaires pour le financement de certains secteurs, notamment l’agriculture, les infrastructures et l’énergie. C’est d’ailleurs un groupe de banques, avec pour chef de file Orabank, qui assurera le financement de la construction de la centrale thermique de Lomé (50 MW).

Considérant ces projets, on ose espérer que les bailleurs internationaux, et particulièrement occidentaux, sauront répondre positivement aux besoins de financement du PND du Togo, un « petit pays » de cette Afrique à laquelle l’Occident doit beaucoup, et pour longtemps encore.

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