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Forum Afrique 2018 du MOCI et du CIAN

Lamia Merzouki, DGA Casablanca Finance City : « Notre objectif est de verdir tout le système financier »

3 février 2018
Lamia Merzouki, Directrice générale adjointe de Casablanca Finance City (CFC, Maroc). © Bruno Fanucchi
Directrice générale adjointe de Casablanca Finance City (CFC, Maroc), et spécialiste de la « finance verte », Lamia Merzouki a exposé devant les participants du Forum Afrique 2018, à Paris le 2 février, les initiatives marocaines face au changement climatique et en faveur du développement agricole durable de l’Afrique.



Casablanca Finance City (CFC) est « un jeune centre financier lancé en 2010 » comme le définit Lamia Merzouki, mais il se veut d’ores et déjà un hub financier incontournable pour les flux internationaux en direction de l’Afrique. Une ambition légitime, car CFC vient de ravir à Johannesburg la place de première plate-forme financière du Continent, avec le rang de 33e place mondiale.
« CFC, souligne Lamia Merzouki, améliore ainsi encore plus l’offre du Maroc » dont la diplomatie économique élargit sans cesse son champ d’action sur le Continent.
« Nous sommes engagés dans la finance verte et avons constitué un réseau des centres financiers verts » des pays membres du G7 comme non membres, avec « l’objectif de verdir tout le système des banques, assurances, etc. », annonce-t-elle aux nombreux participants de ce Forum Afrique 2018, organisé par le CIAN* et le MOCI* dans les magnifiques locaux de la CCI Paris Île de France.

Le Fonds Africa50
pour des solutions innovantes et durables

Diplômée de l’ESSEC et de Harvard Business School, Lamia Merzouki vante également avec talent les mérites du Fonds Africa50, destiné au financement des infrastructures. Créé en septembre 2014 à l’initiative de la BAD (Banque africaine de développement), il a d’ores et déjà mobilisé (à septembre 2017) quelque 800 millions de dollars et compte 23 États africains comme actionnaires, ce qui constitue déjà une belle réussite.

Le Maroc a été retenu parmi une dizaine de pays concurrents pour la domiciliation d’Africa50, et « ce choix valide la pertinence et l’attractivité de Casablanca Finance City en tant que centre financier régional et international », comme le souligne toujours son PDG, Saïd Ibrahimi, cité par Lamia Merzouki.

L’une des particularités du fonds Africa50 est de préconiser des solutions innovantes et contribuant au développement durable de l’Afrique. Avec ce nouvel outil financier, l’objectif est bien sûr de mobiliser les financements des États et des institutions publiques, mais surtout de s’ouvrir au secteur privé pour mobiliser les ressources des Africains. « On voit également des fonds privés qui se mettent en place et dupliquent déjà le projet Africa Fifty », se réjouit Lamia Merzouki.

« Doubler la production agricole d’ici à 2030,
la tripler d’ici à 2050 »

La Directrice générale adjointe de CFC, qui a contribué à l’élaboration du Plan Maroc Vert au sein du ministère de l’Agriculture, revient aussi sur l’initiative AAA (Adaptation de l’agriculture africaine), lancée par le Royaume du Maroc à la veille de la COP 22 de Marrakech, en novembre 2016.

L’initiative, définie comme accélérateur d’initiatives pour faire face aux défis du changement climatique, vise à identifier les projets d’adaptation et de structuration de l’agriculture en conformité avec le développement durable. Et le Triple A dispose désormais d’une équipe dédiée pour lever le maximum de fonds et faire du lobbying à haut niveau. Des pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali et le Rwanda sont ainsi associés à la programmation d’importants projets agricoles.

Alors ministre marocain de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch avait pour la première fois établi à Marrakech – lors du lancement de l’initiative Triple A – « un lien direct entre le développement agricole et le changement climatique » pour faire bouger les lignes et trouver des solutions pragmatiques au développement du Continent dont la population aura doublé d’ici à l’horizon 2050, atteignant 2,5 milliards d’habitants.
« L’Afrique, avait-il conclu, se doit donc de doubler sa production agricole d’ici à 2030, et de la tripler d’ici à 2050. »
L’objectif est ainsi toujours le même, reste encore à trouver les bons outils financiers pour s’en donner les moyens. CFC est assurément un élément de la solution.

Bruno FANUCCHI

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Casablanca Finance City Authority (CFC)

Fonds Africa50

*CIAN : Conseil français des investisseurs en Afrique

*LE MOCI : Le Moniteur du commerce international

CCI Paris Île-de-France

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