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Marseille, IIIe Semaine économique de la Méditerranée

Laïla Sbiti : « Partageons nos réseaux pour accélérer la réussite de nos entreprises méditerranéennes »

12 octobre 2009
Marseille - Présidente d’ANIMA Investment Network, Laïla Sbiti est intervenue lors de la table ronde de la MedAlliance sur le financement et l’accompagnement des entreprises en Méditerranée. Voici les extraits essentiels de sa contribution et de sa vision d’avenir.

Anima, Invest in Med et la MedAlliance :
un réseau international Nord - Sud

Avec 15 experts permanents, 80 membres, des collaborations techniques avec les grandes institutions internationales et plusieurs centaines de partenaires sur le terrain grâce au réseau MedAlliance, ANIMA est devenu une des forces opérationnelles les plus significatives qui œuvre concrètement à un développement économique partagé entre rive nord et rive sud de la Méditerranée.

Le programme Invest in Med se révèle un instrument puissant pour aller plus loin, et à plus nombreux. En organisant des appels à initiative réguliers, le programme agit en effet comme un fond d’amorçage pour financer les projets que nous souhaitons développer les uns avec les autres, en association avec les autres acteurs de la MedAlliance : Chambres de Commerce et Fédérations d’entreprises. Cela donne à l’ensemble de nos organisations une position stratégique pour développer l’économie de nos pays, en intervenant à la fois sur les investissements directs étrangers (IDE), mais aussi sur des projets pilotes pour développer de nouvelles filières, sur l’innovation, sur les partenariats d’affaires et industriels, et plus largement sur le développement international des entreprises de la Méditerranée.

Avec nos partenaires de la MedAlliance, nous sommes aujourd’hui plusieurs centaines d’organisations, représentant à la fois les entreprises, via BUSINESSMED, les acteurs de l’accompagnement des PME, via EUROCHAMBRES et ASCAME, les gouvernements, les organisations internationales et la société civile grâce au réseau ANIMA.

Nous sommes présents dans chaque pays d’Europe et du sud de la Méditerranée, dans la plupart des régions des pays du sud, et disposons d’une force de frappe sans équivalent pour développer des outils au service des entreprises, comme nous le faisons avec l’Agenda Med, un agenda en ligne qui rassemble l’ensemble des évènements Business autour de la Méditerranée, et qui sera présenté au cours du déjeuner par ASCAME. Mais cette force de frappe peut aussi servir à mobiliser les entreprises ou les institutions autour d’initiatives importantes. C’est aujourd’hui le cas.

De g. à dr. : Emmanuel Noutary, Directeur du programme Invest in Med ; Mme Laïla Sbiti, Présidente d’ANIMA Investment Network ; Guy Teissier, Président d’EPA Euroméditerranée - © leJMED.fr


Le défi de la création d’emplois

Les pays du sud de la Méditerranée doivent créer 5 millions d’emplois par an pour seulement maintenir leur taux de chômage actuel. Et encore, ces prévisions d’économistes datent d’avant la récession mondiale. L’observatoire ANIMA évalue le nombre d’emploi générés par l’investissement direct étranger dans les pays du sud à moins de 100,000 emplois directs par an, soit probablement un demi million en comptant les emplois indirects.

Soutenir l’émergence de champions méditerranéens

D’où viendront tous ces emplois à créer ? Vous le voyez, la Méditerranée est face à un défi : celui de développer des champions économiques pour demain. Ce sont ces entreprises, à forte croissance, capables de créer des emplois dans plusieurs de nos pays simultanément qui permettront le développement, et l’émancipation économique des pays du sud de la Méditerranée.

Les marchés sud Méditerranéens, pris individuellement, sont souvent trop petits pour des entreprises à fort potentiel. C’est encore plus vrai pour les entreprises innovantes, qui se développent sur des niches de marché. Il faut aider ces entreprises à s’internationaliser plus vite.

Pour que ces champions émergent il faut effectivement investir pour la création d’entreprise. Cela veut dire renforcer les capacités des organisations en charge de l’aide à la création et à l’innovation. Former les accompagnateurs au sein des incubateurs et des pépinières, les mettre en réseau avec leurs collègues des autres pays de la région, y compris du nord, pour permettre aux entreprises à fort potentiel d’être accompagnées en même temps dans plusieurs pays.

De par les contraintes liées à la taille de nos marchés, nos entreprises doivent innover et être capable d’envisager leur expansion sur plusieurs marchés simultanément. Les structures d’accompagnement et de financement doivent s’adapter, et proposer des outils facilitateurs : l’accompagnement en réseau, les co-investissements entre pays.
Cela veut dire de façon plus générale de soutenir et de renforcer tous les services d’accompagnement des entreprises, en particulier ceux qui permettent d’accélérer leur développement international.

Un certain nombre de secteurs d’activités sont stratégiques pour la Méditerranée, soit parce qu’ils sont historiques, soit parce qu’ils représentent l’avenir. Concentrons nos moyens pour donner toutes les chances à ces secteurs de créer des champions. Confrontons les meilleures entreprises de la région, aidons-les à travailler ensemble pour faire émerger demain des leaders méditerranéens dans l’agro-alimentaire, le textile, les TIC, la santé ou les nouvelles énergies.

Il ne peut y avoir de développement des entreprises, a fortiori de développement rapide, sans financement de cette expansion. Il faut inciter les banques à soutenir la croissance des entreprises de nos pays. Les lignes de crédit existent, et les banques doivent en respecter les cahiers des charges, surtout dans cette période difficile pour les PME. Il faut aussi plus d’investissements dans les PME.

Au-delà des capitaux, les entreprises ont besoin de trouver des actionnaires présents pour les aider dans leur croissance, notamment à l’international. D’où la nécessité de créer plus d’instruments d’investissement internationaux.
Sur les 320 fonds d’investissements ciblant la Méditerranée, recensés en 2008 dans l’observatoire "Med Fund"s d’Invest in Med, 4 seulement investissaient dans des entreprises au sud et au nord de la Méditerranée, 4 autres investissaient dans des entreprises sud méditerranéennes et dans d’autres pays émergents. Le reste des fonds était soit strictement national (investissant sur le Maroc, la Tunisie, Israël, etc. uniquement), soit limités aux investissements dans les pays du sud de la Méditerranée. Difficile d’espérer trouver dans ces conditions un actionnaire stratégique pour financer son internationalisation.

Un outil précieux : le guide ANIMA
du financement des jeunes pousses et de l’innovation

Dans le même temps, nous devons travailler à notre niveau, la MedAlliance, pour pallier le déficit d’information des entrepreneurs : quels sont les dispositifs de financement existants, comment y accéder, quels sont les besoins, les attentes, et le langage de ces financeurs ou de ces investisseur ?

C’est le travail qu’ANIMA a entrepris avec le « guide du financement start-ups et de l’innovation », dans le cadre du programme Medibtikar, que nous avons poursuivi au début du programme Invest in Med avec l’observatoire MedFunds sur les fonds d’investissements en 2008, et que nous avons poursuivi avec l’étude Meda Finances 2009 réalisée par CEEBA, qui recense 22 millions d’euros de lignes de crédit et subventions disponibles, et comment y accéder ! L’étude Meda Finances 2009 a été présentée le 30 septembre dernier au Caire.

Aujourd’hui une « initiative PME » est à l’étude, dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, par les gouvernements italiens et espagnols avec le soutien de la FEMIP (Banque Européenne d’Investissement).

Les représentants de la mission de l’Union pour la Méditerranée, de la Banque Européenne d’Investissement et de l’agence Promos, qui devrait en être l’architecte, nous ont fait l’honneur de venir expliquer leur vision du projet. Les réseaux de la MedAlliance regardent avec beaucoup d’intérêt cette initiative, et cette table ronde est l’occasion de nous positionner, membres de la MedAlliance, comme partenaires de cette initiative et de l’ensemble des instruments nationaux ou régionaux qui financent les PME.

Nous, la MedAlliance, disposons en effet de deux compétences très complémentaires pour les acteurs financiers : la capacité à générer un flux de projet constant, et la capacité à suivre ces projets, y compris en mettant en place un accompagnement technique.

Sur la cible spécifique des entreprises innovantes à fort potentiel de croissance, ANIMA a pu évaluer dans le cadre du programme européen Medibtikar un flux de 1700 projets en création par an, rien qu’au sud de la Méditerranée ! C’est parmi ces projets que se trouvent les futurs champions de la région.

Un appel à la mobilisation des réseaux

Nous sommes persuadés que c’est grâce à un dispositif d’accompagnement en réseau, et en bénéficiant d’une expertise sectorielle, que ces projets trouveront le chemin d’une réussite rapide.

Ce réseau, cette expertise, nous appelons aujourd’hui à sa mobilisation, par l’intermédiaire de nos partenaires de la MedAlliance, parmi les partenaires associés autrefois dans le programme Medibtikar et dont certains sont ici, et au-delà, pour créer ensemble un accélérateur d’entreprises qui aidera à produire dès demain, et grâce aux instruments financiers partenaires tels que l’initiative de l’Union pour la Méditerranée, les champions de la création d’emploi que la région appelle.

Nous avons déjà trop attendu pour agir au service du développement international des entreprises. Mais aujourd’hui nous avons acquis l’expérience de nos réseaux.

La MedAlliance a déjà collaboré avec la BEI, Promos avec ANIMA, Invest in Med avec la plupart des réseaux d’acteurs.
Toutes nos initiatives, même isolées, seront bonnes à condition que nous sachions les positionner les unes par rapport aux autres, nous informer mutuellement, partager nos réseaux.

Et aussi :

Mme Wafaa Sobhy, future présidente d’ANIMA

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Mme Wafaa Sobhy - © leJMED.fr

C’est sans doute une de mes dernières interventions publiques en tant que présidente d’ANIMA. En effet Mme Wafaa Sobhy, vice-présidente du GAFI ici présente, prendra le relais à la présidence de notre association à partir du 1er janvier 2010. Je tiens à la féliciter, et à l’assurer de mon soutien en tant que future vice-présidente de notre association. Je me réjouis qu’une femme succède à une autre à la tête de notre association. En effet si notre réseau est devenu l’institution reconnue qu’elle est aujourd’hui, c’est en bonne partie grâce à la présence des femmes au sein de cette communauté d’acteurs dont l’ambition première était de partager leurs expériences, et de monter des projets ensemble. Avec Wafaa en Egypte, Fatma en Tunisie, Rahel en Israel, Safia en Algérie, et d’autres, nous avons su outrepasser un contexte politique parfois complexe et avancer dans la mise en place de collaborations techniques entre nos organisations.

En savoir plus : Anima Investment Network

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