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Jawad KERDOUDI (IMRI) : « Les pays du Nord doivent contribuer au développement des pays du Sud d’une façon substantielle, il y va de leur sécurité »

22 décembre 2018
Jawad KERDOUDI, Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales). ©DR/AP.P
« Dynamiques atlantiques : surmonter les points de rupture », tel était le thème de la conférence organisée à la mi-décembre à Marrakech par le cercle de réflexion marocain Policy Center for the New South, et à laquelle ont assisté 350 participants venus de 90 pays. Une occasion pour le Maroc d’augmenter son « soft power » à l’international, estime Jawad Kerdoudi, et aussi de passer en revue les nombreux et inquiétants dérèglements du monde d’aujourd’hui.

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Par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI

(Institut Marocain des Relations Internationales)

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D’éminentes personnalités ainsi que des décideurs, des chefs d’entreprise, des chercheurs et des universitaires ont débattu autour du thème « Dynamiques atlantiques : surmonter les points de rupture » pendant trois journées. Il y a tout d’abord lieu de féliciter les organisateurs d’avoir choisi un thème sur l’Atlantique, car comme chacun sait, le Maroc a deux façades maritimes : la Méditerranée et l’Atlantique. Le monde atlantique comprend l’Europe et l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Amérique latine, c’est dire l’importance stratégique de cette région, qui est traversée actuellement par des points de choc entre les gouvernements.

Guerres commerciales, crise migratoire,
montée des populismes

On peut citer à titre d’exemple les menaces sur le commerce international, du fait de la montée du protectionnisme actée principalement par le Président américain Donald Trump. Un autre point de discorde est la crise migratoire qui oppose d’un côté l’Afrique et l’Europe et de l’autre côté l’Amérique latine et les États-Unis. Autre point de rupture : la lutte contre le changement climatique portée par l’Europe et l’Afrique, et délaissée par les États-Unis qui se sont retirés de l’Accord de Paris et qui ont entraîné dans leur sillage le Brésil, ce pays ayant même renoncé à abriter le COP25.

« Gilets jaunes » et nouvelles craintes économiques

Une autre tendance prévaut en Europe et aux États-Unis est la montée du populisme causé par l’élargissement des inégalités sociales. Cela nécessite l’élaboration d’un nouveau contrat social pour rétablir la confiance entre l’État et les citoyens. Les derniers événements en France des « Gilets jaunes » attestent de cette tendance, tandis que l’électorat de Donald Trump se compose principalement de la catégorie de la population blanche la plus défavorisée.

Sur le plan économique, le monde est à peine sorti de la grave crise financière 2007-2008, et des menaces nouvelles se profitent à l’horizon, telle que la digitalisation qui va supprimer plusieurs emplois. La conférence s’est penchée également sur la problématique démographique avec d’un côté le vieillissement de la population en Europe, et de l’autre côté l’explosion de la population africaine qui atteindrait deux milliards d’habitants en 2050.

Plus de justice sociale et redéfinir le rôle de l’OTAN

Tous ces événements contribuent à la montée de l’angoisse sécuritaire alimentée par la prolifération du terrorisme. D’où la nécessité d’une nouvelle définition du rôle de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). L’ordre mondial est en train de changer, mais il est difficile de prévoir dans quel sens. Une seule certitude a été partagée par les intervenants, à savoir la montée de la Chine au premier rang, qui risque de bouleverser l’équilibre entre le monde atlantique et asiatique.

Les quelques pistes de solutions pour régler ces divers problèmes passent par une meilleure justice sociale à l’intérieur de chaque pays, et entre les pays qui composent la planète.

Le développement économique des pays du Sud (Afrique et Amérique latine) est un impératif, ce qui permettra la réduction des flux migratoires. Les pays du Nord (Europe et États-Unis) doivent contribuer au développement des pays du Sud d’une façon substantielle, car il y va de leur sécurité.

Sur le plan politique, il y a lieu de réformer l’ONU et mettre fin au pouvoir exorbitant des cinq membres permanents. Il faut aussi régler les conflits régionaux : Israël/Palestine, Syrie, Yémen, Libye, qui sont source de migration et de terrorisme. Il faut enfin développer l’éducation de qualité partout dans le monde, et promouvoir la culture qui est le meilleur moyen d’harmoniser les relations entre les peuples.

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