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Jack LANG, Président de l’Institut du monde arabe (IMA) : « Notre exposition « Lumières du Liban » sera aussi le témoignage de notre solidarité avec le peuple libanais »

15 septembre 2021
Jack LANG, Président de l'Institut du monde arabe (IMA) : « Notre exposition « Lumières du Liban » sera aussi le témoignage de notre solidarité avec le peuple libanais »
Jack LANG, Président de l’Institut du monde arabe (IMA).© Thierry Rambaud
Infatigable, « inoxydable » Jack Lang ! Quarante ans après avoir créé la fête de la musique, qui a essaimé dans le monde entier, le voilà encore débordant d’enthousiasme avec de nouveaux projets pour l’IMA, qu’il préside depuis plus de huit ans. Et avec toujours les mêmes exigeants mots-clés en tête et au cœur : la culture, la solidarité, la jeunesse…

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Entretien exclusif avec In BENZOURA, AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse

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AfricaPresse.Paris (APP) – Après la fin du confinement lié à la pandémie de la Covid-19, l’Institut du monde arabe (IMA) a-t-il retrouvé le niveau de fréquentation d’avant la crise sanitaire ?

Jack LANG – Absolument, l’IMA est l’une des institutions les plus fréquentées aujourd’hui en France. Et en particulier, l’exposition « Divas, d’Oum Khaltoum à Dalida », qui perdure jusqu’au 26 septembre, a rencontré un grand succès, y compris pendant l’été.

APP – Comment se présente la sociologie de votre public. A-t-elle évolué au fil des années ?

Jack LANG – Il n’y a pas un public, mais des publics qui sont déterminés par le type d’événement. Quand vous organisez un colloque scientifique, ce sont des personnalités universitaires, des étudiants... Lorsque vous organisez un événement comme « Divas », ce sont au contraire des personnes qui viennent de familles originaires du Maghreb ou du Liban. En revanche, les concerts, par exemple électroniques, touchent le cœur de la jeunesse…

Il n’y a pas une règle absolue puisque les activités de l’Institut sont d’une grande diversité. Mais ce que l’on peut constater aujourd’hui, c’est que l’IMA est beaucoup plus fréquenté, et de manière permanente. Des visiteurs de plus en plus nombreux, de tous les âges et de toutes les origines se passionnent pour telle ou telle activité de l’Institut.

APP – Quels seront les moments forts et les nouveautés de la rentrée et de l’année scolaire à l’IMA ?

Jack LANG – La première exposition est « Lumières du Liban » à partir du 21 septembre prochain. Consacrée à l’art moderne et contemporain libanais de 1950 à aujourd’hui, elle retrace le chemin créatif des artistes du pays. Cette exposition, permettra de mettre en valeur ce qu’a été l’âge d’or du Liban et en même temps, délivrera un message d’espoir et de soutien au peuple libanais.

La seconde exposition, en novembre, s’appelle « Juifs d’Orient, une histoire plurimillénaire ». Elle s’inscrit dans une série de grandes expositions que j’ai souhaité organiser sur les trois grandes religions monothéistes, comme l’exposition sur le pèlerinage de la Mecque, qui a été un grand succès, mais aussi sur les trésors de l’islam en Afrique, une exposition sur les chrétiens d’Orient et là, maintenant, une exposition sur les juifs d’Orient. Je crois que cela sera un moment extraordinaire, une première mondiale.

APP – En quoi consiste ce nouvel espace du « Cercle des donateurs » que vous inaugurez à l’occasion de l’exposition « Lumières du Liban » ?

Jack LANG – C’était un lieu de l’IMA qui restait parfois un peu à l’écart, et nous avons voulu lui redonner de la vie en confiant la transformation de cet espace à une équipe de designers libanais. C’est une très grande réussite ! Des activités de toutes sortes pourront désormais s’y dérouler, des expositions comme celle de « Lumières du Liban », des colloques, des rencontres, mais aussi des activités de formation professionnelle, tout au long de l’année.

APP – Qu’en est-il de votre initiative de solidarité pour le Liban, que vous avez lancée en septembre de l’année dernière, un mois après la catastrophe du port de Beyrouth ?

Jack LANG – Nous continuons en permanence, nous accueillons des artistes, des intellectuels qui se trouvent en grande difficulté. Et puis cette exposition sur le Liban sera le témoignage de notre solidarité. Nous préparons aussi une vente au profit des jeunes artistes libanais, qui s’appellera « Hommage à Beyrouth ».

APP – Un commentaire sur la formidable créativité libanaise alors que le pays subit une très grave crise économique et politique ?

Jack LANG – Elle est très impressionnante et inimaginable, alors que le peuple est soumis à une situation chaotique, marquée par des difficultés sociales et économiques épouvantables. Néanmoins, la scène artistique libanaise reste très vivante, très originale, percutante, c’est incroyable ! Le peuple libanais semble avoir des ressources intérieures puissantes.

APP – Venons-en à la France… Quel est votre sentiment sur l’état de la politique culturelle aujourd’hui, alors que les lieux de culture sont en grande difficulté du fait des restrictions sanitaires ?

Jack LANG – Disons que la situation est très difficile pour les artistes, les créateurs et spécialement pour ceux qui n’ont aucun statut, les créateurs précaires. Mais reconnaissons que le gouvernement a fait un effort important, assez unique au monde, en faveur des entreprises de culture, du spectacle et en faveur des professionnels, c’est impressionnant. La question qui se trouve posée est le sens que l’on peut donner à tout cela.

APP – Alors ministre de la Culture du Président François Mitterrand, vous avez créé la Fête de la musique, en 1981. Que vous inspire le fait que votre idée a essaimé dans plus de 350 villes et 120 pays dans le monde ?

Jack LANG – C’est émouvant. Je ne pensais pas, en créant l’événement, qu’il deviendrait mondial, c’est vraiment impressionnant. J’étais l’autre semaine avec le Président Macron en Irak et on me disait que, par exemple, dans les camps de réfugiés syriens, la fête de la musique est célébrée chaque année. Comme partout dans le monde. Cela montre à quel point, l’art, la musique et la culture peuvent être des liens de cohésion dans des périodes surtout de désespoir, de tristesse, de souffrance.

APP – Quel enseignement et satisfaction retirez-vous de votre présidence de l’IMA, depuis maintenant près de huit ans ?

Jack LANG – L’IMA est une maison qui existait avant moi. Il s’est avéré que j’ai contribué à la construction du bâtiment lorsque j’étais ministre de la Culture en choisissant l’architecte, Jean Nouvel. Il y a eu de belles choses dans le passé. Seulement, quand j’ai été nommé, l’IMA connaissait une crise financière, puis une crise d’identité, de sens.
Alors, avec l’équipe, nous avons essayé de redonner du souffle, de l’élan, de la force à l’IMA. D’abord en rétablissant l’équilibre des comptes, mais surtout en imaginant des projets qui font sens dans beaucoup de domaines. J’ai évoqué l’expo « Les juifs d’Orient », mais il y en a beaucoup d’autres qui vont dans le même sens. Et puis, il y a tout l’effort unique qui est engagé pour la langue arabe.

APP – Allez-vous relancer la série des Rencontres économiques à l’IMA ?

Jack LANG – Absolument, ces rencontres économiques ont constitué l’un des grands succès des années passées, puisque coïncidant avec le pays ou le thème de l’exposition du moment. Chaque fois, ce furent des occasions de rencontres et d’échanges très forts entre des entrepreneurs, des innovateurs d’Europe et du monde arabe.

APP – En cette époque où l’on désespère de voir enfin la Méditerranée apaisée et unie, que pensez-vous de l’idée de créer une fête fraternelle de la Méditerranée ? Seriez-vous prêt à la parrainer ?

Jack LANG – Je crois surtout qu’il faudrait concrètement imaginer, non pas avec les gouvernements, mais avec la société civile, des éducateurs, les gens de culture, les techniciens, les entrepreneurs, etc., ce qui pourrait être justement le véritable air culturel et méditerranéen. Je pense qu’il est préférable de partir de la base, pas tellement du sommet. Les États sont souvent en désaccord et les sociétés sont plus en avance que les gouvernements.

APP – Question joker : quel autre sujet aimeriez-vous aborder ?

Jack LANG – Il y a de nombreux projets qui me tiennent à cœur, mais je souhaiterais surtout que la jeunesse, qui ne vient pas encore assez, soit plus présente à l’IMA. L’objectif est que les jeunes de tous les pays se reconnaissent à travers l’IMA. On imagine toute une série de concerts, de rencontres, de débats que l’on souhaite développer pour le jeune public. Nous aurons l’occasion d’en reparler, le moment venu.

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LIENS UTILES

- Institut du monde arabe (IMA) : https://www.imarabe.org/fr

- Exposition « Les lumières du Liban »,
du 21 septembre 2021 au 2 janvier 2022 :
https://www.imarabe.org/fr/expositions/lumieres-du-liban

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