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#ForumDeBamako / Aminata MAÏGA : « Nombre d’associations maliennes font de belles choses, financées par les collectivités locales françaises »

24 mai 2023
#ForumDeBamako / Aminata MAÏGA : « Nombre d'associations maliennes font de belles choses, financées par les collectivités locales françaises »
Représentante éminente de l’importante diaspora malienne en France, Mme Aminata MAÏGA tente à sa manière d’améliorer le climat des affaires, nécessaire à la relance de relations économiques dégradées. Loin des querelles politiques qu’elle considère passagères entre le Mali et la France. Entretien.

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Un entretien exclusif de notre envoyé spécial à Bamako (Mali),
Bruno FANUCCHI, pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse

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APP – Voulez-vous d’abord vous présenter et nous parler de vos activités ?

Aminata MAÏGA – Originaire de Gao [Nord du Mali, ndlr], je suis aujourd’hui un membre de la diaspora malienne en France, où je suis arrivée en 1988. J’ai travaillé pendant treize ans au sein de l’AFVP (Association Française des Volontaires du Progrès), un organisme dépendant à l’époque du ministère de la Coopération et envoyant des jeunes diplômés sur des projets concrets de développement en Afrique et plus particulièrement dans les pays subsahariens. Puis j’ai pris un congé formation pour faire un master à l’Université d’Évry, avant de me mettre à mon compte et de me lancer dans les affaires.

APP – Quel genre d’affaires ?

Aminata MAÏGA – Je suis dans la vente des huiles parfumées qui sont très appréciées en Afrique et surtout au Sud du Sahara. En Afrique subsaharienne, on s’en sert en effet pour faire l’encens. Comme je réside en France, où les produits sont d’excellente qualité, je n’ai guère eu de mal à trouver des clients et à monter mon modèle économique. En 2007, j’ai ainsi créé ma propre société – Chiddys International – qui vend principalement par correspondance.

Comme je suis essentiellement grossiste, je livre à un certain nombre de dépositaires et revendeurs installés en France bien sûr, mais aussi dans un certain nombre de pays d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger ou le Sénégal. J’ai également ouvert en 2014 une boutique qui a pignon sur rue à Libreville, au Gabon, et où je vends directement ces parfums, senteurs d’ambiance, mais aussi des broderies et dentelles.

APP – Les affaires marchent en ce moment, malgré la conjoncture économique ?

Aminata MAÏGA – On survit et on essaie de maintenir la tête au-dessus de l’eau. On ne lâche rien en attendant que la tempête passe et que la conjoncture s’améliore...

APP – Vous participez au Forum de Bamako, qu’en attendez-vous concrètement ?

Aminata MAÏGA – Le thème de cette XXIIIe édition du Forum de Bamako étant consacré cette année au « développement local comme facteur de paix et de sécurité », je suis intervenue dans les débats lors du panel s’intéressant au « Rôle de la diaspora dans le développement social » et dans celui consacré aux « Chefferies traditionnelles ». Car je suis depuis toujours très impliquée dans le développement et l’assistance aux jeunes et aux femmes des milieux défavorisés.

En dépit de la brouille politique passagère entre nos deux pays, un certain nombre d’associations maliennes font de belles choses financées par les collectivités locales françaises. Ce Forum de Bamako est l’occasion de les mettre à l’honneur. C’est de surcroît une très bonne opportunité pour les investisseurs et les partenaires du Mali.

APP – Revenons précisément sur votre rôle éminent au sein de la diaspora malienne...

Aminata MAÏGA – Personnellement, je fais partie de l’association « Koima » créée par des femmes ressortissantes du Nord et essentiellement de Gao, ma ville natale. Avec cette association, il y a déjà quelque temps, nous avons, en passant par la Mauritanie, fait par deux fois un voyage que l’on pourrait qualifier d’humanitaire, avec les pompiers de Clermont-Ferrand et avions livré dans ces régions du Nord-Mali des kits scolaires ainsi que des équipements sanitaires à l’hôpital de Gao.

Nous avions également équipé en panneaux solaires la maternité d’Ansongo, une ville se trouvant entre Gao et la frontière du Niger, dans la « zone dite des trois frontières », particulièrement défavorisée en raison des problèmes d’insécurité. Nous avions aussi livré quatre « navettes sanitaires », pouvant faire office d’ambulances sans équipement, à Bourem, Gao, Ménaka et Ansongo.

APP – Voilà des actions concrètes...

Aminata MAÏGA – Je vous donne un autre exemple réalisé par la diaspora soninke, qui est très bien organisée. Elle a ainsi équipé plusieurs écoles de villages, des centres de santé et des maternités, parfois mêmes quelques routes...

APP – Dans la situation actuelle un peu compliquée, comment continuer cependant à faire des affaires avec le Mali ?

Aminata MAÏGA – Moi, par exemple, je continue à faire des envois grâce à des transitaires. Mais la situation politique qui prévaut entre la France et le Mali a des conséquences sur les affaires, qui ont connu malheureusement un sérieux ralentissement.

Le Mali a cependant réussi à traverser tant bien que mal l’embargo décrété l’an dernier contre lui par la CEDEAO. Et tous les gens de bonne volonté ici ne cherchent qu’à améliorer le climat des affaires pour relancer les investissements étrangers dont nous avons besoin.

Il faut, par exemple, que nos ambassades à l’étranger facilitent les formalités de visa et que nos services économiques accompagnent davantage – avec une prise en main et une meilleure information – tous les investisseurs souhaitant venir au Mali.

Il faut que tout cela fonctionne mieux et que le monde des affaires soit complètement séparé des querelles politiques. Il doit en effet y avoir une prise de conscience de la nécessité vitale des investissements pour participer à la relance économique du pays.

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RETROUVEZ ICI LE REPLAY de notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris (CMAAP 8) du 12 avril 2023

Les personnalités du panel et quelques autres ayant participé à notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris (de gauche à droite sur le photo) : S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’ÉGYPTE ; M. Alfred MIGNOT, Président AfricaPresse.Paris, concepteur et modérateur des CMAAP ; S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA ; Mme Lucia PETRY, Présidente de BPL Global France ; M. É tienne GIROS, Président du Cian ; Mme Læticia BALOU, Présidente de LB Global Consulting ; S. E. M. Ayed Mousseid YAHYA, Ambassadeur de DJIBOUTI ; M. Zied LOUKIL, Associé Mazars France ; S. E. M. Vijayen VALAYDON, Ambassadeur de MAURICE ; M. Emmanuel PEZÉ, Vice-Président Afrique et Moyen Orient de TINUBU. © F. Reglain

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CMAAP 8 / S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’Égypte : « Notre gouvernement veut désormais donner la priorité au secteur privé »

CMAAP 8 / S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA : « Pays des mille collines, le Rwanda est aussi devenu le pays des mille opportunités »

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CMAAP 8 / Lucia PETRY, Présidente BPL Global France : « En Afrique comme dans le reste du monde, on trouve toujours des solutions pour sécuriser les contrats internationaux face aux risques politiques »

CMAAP 8 / Emmanuel PEZÉ, VP TINUBU : « L’assurance-crédit est un pilier fondamental à la confiance et à l’essor des PME africaines »

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