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CMAAP 8 / S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’Égypte : « Notre gouvernement veut désormais donner la priorité au secteur privé »

14 avril 2023
CMAAP 8 / S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d'Égypte : « Notre gouvernement veut désormais donner la priorité au secteur privé »
La VIIIe Conférence mensuelle des Ambassadeurs Africains de Paris (CMAAP 8), qui s’est déroulée le 12 avril à l’Académie des Sciences d’Outre-mer, a connu un large succès. Avec de nombreuses interventions qui ont fait avancer le débat sur un sujet pourtant difficile : « Comment dé-risquer l’Afrique pour mieux la financer ? ». En Égypte, le but affiché pour avancer est de « créer un environnement attractif pour les investissements étrangers ».

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Par Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse

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Premier intervenant à prendre la parole lors de la CMAAP 8 sur le thème « Comment dé-risquer l’Afrique pour mieux la financer ? », Son Excellence Alaa YOUSSEF, Ambassadeur de la République arabe d’Égypte, a expliqué comment le gouvernement égyptien s’implique désormais en faveur du secteur privé, avec pour objectif d’améliorer le climat des affaires. Et de « créer un environnement attractif pour les investissements étrangers » dans un pays qui a « quelque 120 millions de personnes à nourrir » comme devait le signaler un autre panéliste.

« Un document concernant l’actionnariat des entreprises a ainsi été adopté en décembre dernier », observe le diplomate, et ce document « prévoit un désengagement de l’État du secteur productif au profit des investisseurs et du secteur privé en vue de porter à 65 % la contribution du secteur privé à l’économie du pays en 2025, contre 30 % en 2021 ».
Ce renforcement du partenariat avec le secteur privé est donc « une priorité » des autorités du Caire. Après un train de réformes récemment adoptées dans ce but, l’Égypte va ainsi s’ouvrir davantage aux investissements directs étrangers (IDE).

Une vue de salle de conférences de l’Académie des Sciences d’Outre-mer durant l’intervention de S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’Égypte. © F. Reglain

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« Licence dorée », Zlecaf,
Zone économique…

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« L’année dernière, ajoute Son Excellence Alaa YOUSSEF, l’Égypte a lancé ce que l’on appelle la « licence dorée », plateforme en ligne d’enregistrement des projets d’investissement qui nécessitent désormais une unique approbation, facilitant ainsi grandement le processus pour l’établissement de tous les projets industriels, considérés prioritaires. C’est le cas notamment des projets liés, entre autres, à l’hydrogène vert, pour lesquels de nombreuses entreprises françaises sont engagées, et plus largement aux énergies renouvelables, devenues une des priorités du gouvernement, ainsi que la protection automobile et les technologies de l’information ».

La Zone économique du Canal du Suez, poursuit le diplomate, « offre de nombreuses exonérations aux investisseurs étrangers quant aux droits de douane et taxes aux conditions spécifiques ». L’adhésion de l’Égypte aux accords de niveau continental, comme la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine), ou du monde arabe, « donne un avantage supplémentaire aux investisseurs étrangers pour exporter leurs produits à des prix compétitifs, en bénéficiant de ces accords ».

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« 10 à 12 millions d’Africains arrivent
chaque année sur le marché du travail »

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Et l’ambassadeur d’Égypte de conclure les travaux de cette VIIIe édition des CMAAP en invitant la communauté internationale à « multiplier les efforts pour que l’on puisse vraiment dé-risquer l’Afrique » en éliminant ces différents risques un par un.

« Je pense notamment, ajoute-t-il pour donner des pistes de travail et de réflexion, à la préservation de la stabilité macroéconomique de ces pays africains, à la nécessité de soutenir leur politique monétaire pour réduire l’inflation, placer la dette publique sur une courbe descendante, pousser les pays africains à offrir des emplois aux jeunes car selon l’Union africaine, quelque 10 à 12 millions d’Africains frappent chaque année à la porte du marché du travail et, parmi eux, presque un million des jeunes Égyptiens... ».
Des « mesures sérieuses » s’imposent donc pour « aider l’Afrique » à supprimer ces risques qui nuisent grandement aux économies de chacun des 54 États africains.

Quatre Excellences ont participé à notre CMAAP 8. De gauche à droite, sur la photo : S. E. M. Vijayen VALAYDON, Ambassadeur de MAURICE ; S. E. M. Ayed Mousseid YAHYA, Ambassadeur de DJIBOUTI ; S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA ; S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’ÉGYPTE. © F. Reglain

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Refonder le système
financier international

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Pour finir, l’ambassadeur d’Égypte a tenu à « saluer l’initiative du Président Macron de réunir un Sommet au mois de juin pour reconsidérer le système financier international et trouver des solutions à la crise de la dette ». Il a également souligné l’importance « de bien engager les pays à revenus intermédiaires auxquels les institutions financières internationales n’ont guère prêté attention » jusqu’à présent.

Reste à savoir pourtant si de grandes Conférences internationales convoquées à intervalles réguliers sur des sujets aussi complexes que la refonte globale du système financier international peuvent vraiment faire avancer les choses en cette période de crises internationales multiples (Guerre en Ukraine, crise sanitaire qui n’en finit pas, faillites bancaires, etc.) dont l’Afrique est souvent la première à subir le choc.

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Les personnalités du panel et quelques autres ayant participé à notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris (de gauche à droite sur le photo) : S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’ÉGYPTE ; M. Alfred MIGNOT, Président AfricaPresse.Paris, concepteur et modérateur des CMAAP ; S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA ; Mme Lucia PETRY, Présidente de BPL Global France ; M. É tienne GIROS, Président du Cian ; Mme Læticia BALOU, Présidente de LB Global Consulting ; S. E. M. Ayed Mousseid YAHYA, Ambassadeur de DJIBOUTI ; M. Zied LOUKIL, Associé Mazars France ; S. E. M. Vijayen VALAYDON, Ambassadeur de MAURICE ; M. Emmanuel PEZÉ, Vice-Président Afrique et Moyen Orient de TINUBU. © F. Reglain

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RETROUVEZ ICI LE REPLAY de notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris (CMAAP 8) du 12 avril 2023

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TOUS NOS ARTICLES SUR LA CMAAP 8

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CMAAP 8 / S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA : « Pays des mille collines, le Rwanda est aussi devenu le pays des mille opportunités »

CMAAP 8 / Zied LOUKIL, Associé MAZARS France : « L’Afrique doit se donner plus de moyens pour financer ses PME »

CMAAP 8 / Lucia PETRY, Présidente BPL Global France : « En Afrique comme dans le reste du monde, on trouve toujours des solutions pour sécuriser les contrats internationaux face aux risques politiques »

CMAAP 8 / Emmanuel PEZÉ, VP TINUBU : « L’assurance-crédit est un pilier fondamental à la confiance et à l’essor des PME africaines »

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