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ATDA Paris - Alyoune BADARA DIOP, SGA du Gouvernement sénégalais : « Avec le Plan Sénégal numérique 2025, nous voulons montrer l’exemple ! »

2 décembre 2019
Alyoune Badara Diop, Secrétaire général adjoint du Gouvernement sénégalais, lors de sa participation aux VIIIes ATDA (Assises de la Transformation Digitale en Afrique), organisées les 28 et 29 novembre à Paris. © BF
Secrétaire général adjoint du Gouvernement sénégalais, Alyoune Badara Diop était la plus haute personnalité de son pays à participer aux VIIIes ATDA (Assises de la Transformation Digitale en Afrique), organisées les 28 et 29 novembre à la Maison de la Radio, à Paris, sur le thème de la ville durable. Entretien.

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Propos recueillis par Bruno Fanucchi, AfricaPresse.Paris
@PresseAfrica

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Vous êtes venu à Paris participer aux VIIIes Assises de la Transformation Digitale en Afrique, organisées par Mohamadou Diallo et CIO Mag, qui fête cette année ses 13 ans. Quel est le but de votre présence à Paris ?

Alyoune Badara Diop - Le but, c’est tout simplement de pouvoir mettre en valeur ce que le gouvernement du Sénégal est en train de réaliser dans le domaine de la digitalisation. Vous savez que le Président Macky Sall a engagé une politique de digitalisation globale, non seulement de l’Administration, mais aussi au niveau de toutes les activités menées dans le pays. Il nous paraissait donc important de marquer notre présence à ces Assises qui sont des moments de rencontres et d’échanges, de voir les expériences des autres et de faire partager également notre vécu et notre expérience au Sénégal.

Quelles sont les grandes lignes de votre plan de digitalisation ?

Alyoune Badara Diop - Aujourd’hui, nous avons déjà une vision déclinée au travers du Plan « Sénégal numérique 2025 » et la volonté de montrer l’exemple en Afrique. C’est un Plan stratégique : l’axe de numérisation est aujourd’hui le levier principal dans le cadre prioritaire du Plan Sénégal Émergent (PSE), dont la deuxième phase est basée sur le digital.

En termes d’infrastructures, avec l’Agence de développement informatique de l’Etat, nous avons déjà réalisé une installation de fibre optique qui a permis de mettre en lien 400 bâtiments de l’Administration, soit 4 500 km de fibre optique qui ont été déployés sur le territoire national. Le Sénégal fait donc partie des pays qui ont marqué leur option pour le numérique : nous avons aujourd’hui un ministère chargé de l’Économie numérique, c’est une indication claire sur les orientations qui nous animent.

« Un milliard de francs CFA ont été dégagés
pour attirer et accompagner les start-up »

Avec des projets concrets… ?

Alyoune Badara Diop - Deux projets phares sont en train d’être menés : le projet « Smart Sénégal » avec bien sûr sa composante « Smart Education » et celles des « Maisons citoyennes ». Et maintenant, avec la ville nouvelle de Diamniadio, nous avons un parc numérique – dont nous a parlé son directeur Bassirou Ba, dans le premier panel. Ce sera un « hub » qui permettra aux start-up de venir s’installer au Sénégal, où un milliard de francs CFA ont été dégagés pour les attirer et les accompagner.

C’est la preuve que le Sénégal veut innover tous azimuts ?

Alyoune Badara Diop - On est en effet dans l’innovation : dans les services, dans l’Adminstration, dans les relations entre les populations et l’Administration. Le Sénégal a décidé de faire du numérique un secteur important de son économie et un Conseil national du Numérique (regroupant les collectivités publiques et les administrations) a été créé pour passer à l’Acte III de la décentralisation.

Que vous a apporté cette VIIIe édition des ATDA ?

Alyoune Badara Diop - Ce rendez-vous parisien nous a permis déjà d’exposer les orientations de notre gouvernement, notre vision, les démarches et initiatives déjà prises et de pouvoir les comparer avec celles d’autres pays tiers – la Tunisie comme le Maroc, par exemple – et de voir ainsi là où nous avons encore des choses à apprendre pour améliorer ce que nous faisons.

En Afrique, vous vous situez donc dans le peloton de tête de la digitalisation ?

Alyoune Badara Diop - Absolument. Nous sommes, en effet, dans le peloton de tête parce que nous avons compris que la première phase de la digitalisation, c’est l’infrastructure. Celle-ci étant désormais réalisée, il nous faut mettre en place des applications et les accompagnements nécessaires à la conduite du changement.

Ces trois éléments combinés devraient nous permettre d’avancer. Un exemple très simple : on a pu digitaliser l’examen du concours de l’École nationale d’administration (ENA) au Sénégal. Moi, j’ai fait l’ÉNA il y a quelques années. Il fallait alors aller chercher les documents d’inscription et revenir les déposer. Grâce à la digitalisation, les quelque 13 000 étudiants du Sénégal peuvent s’inscrire dans leur région pour participer à un concours sans se déplacer, en déposant leur dossier en ligne et en payant ainsi les frais de constitution de dossier. Et cela marche ! Le concours s’est très bien passé.

D’autres exemples ?

Alyoune Badara Diop - Bien sûr !… Avec l’imposition des grandes entreprises, les déclarations nécessaires peuvent se faire en ligne. Dans ce but, le Sénégal a autorisé le paiement et les transactions financières électroniques et cela se passe chez nous très bien grâce au dispositif numérique et aux outils développés par les privés.

Autre exemple : les déclarations de permis de construire sont désormais complètement numérisées pour la région de Dakar.
Aujourd’hui, il faudrait que l’État puisse suivre ce rythme là pour que le citoyen qui a besoin de payer une taxe puisse le faire en ligne. Aujourd’hui, toutes les déclarations de production et tous les liens au niveau douanier sont réalisés normalement en ligne.
Le Sénégal va également lancer avec le smartphone un outil qui va décongestionner tout le trafic du port de Dakar.

La digitalisation ne représente-t-elle pas aussi une grande économie de temps et un outil efficace de lutte contre la corruption ?

Alyoune Badara Diop - Absolument ! Il existe chez nous un projet extrêmement important qui a débouché sur un Fichier unifié des données de l’État. Quand le président Macky Sall est arrivé au pouvoir, il a dit : Acte 1, je veux identifier tous les agents de l’État. En 2012 et 2013, on les a identifiés avec des données biométriques. Puis on a compilé tout cela.
Aujourd’hui, nous avons un Fichier propre de tous les agents de l’Etat, avec leurs soldes… Et comme le numérique permet de réduire le contact entre les hommes, cette digitalisation est aussi un facteur important de réduction de la corruption.

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