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Sonia M’Barek

- Avec « Lorca et sa Grenade », elle chante son amour de l’héritage arabo-andalou

Tunisie | 10 janvier 2010 | src.InfoTunisie
Tunis - Artiste de grande renommée dans le monde arabe, la Tunisienne Sonia Mbarek est une artiste accomplie aux multiples talents : chanteuse, enseignante à l’Institut supérieur de musique de Tunis, créatrice de spectacles musicaux. Son nouveau spectacle, dont la première se produira le 19 janvier au Théâtre municipal de Tunis, est inspiré par le poète espagnol Federico Garcia Lorca, et son amour partagé pour la musique arabo-andalouse. Entretien.

Photo ci-dessus - Sonia Mbarek lors d’un concert à l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris, en avril 2009. © Jean-Pierre Dalbéra


InfoTunisie - Si vous nous parliez de l’idée de votre nouveau spectacle sur l’illustre poète espagnol Garcia Lorca ?

Sonia Mbarek - L’idée remonte à un petit quelque temps, lors d’une expérience à l’occasion du Festival de Carthage. Il s’agit du spectacle « Voyage dans la Méditerranée », où j’ai sélectionné des textes écrits par des poètes de renom dont Garcia Lorca à travers son poème « Les trois fleuves ».

Cette fois-ci, l’initiative a été prise par l’Ambassade d’Espagne en Tunisie qui m’a proposé de consacrer un spectacle à ce grand poète épris d’admiration pour la civilisation arabo-islamique et de profond amour à l’héritage andalous. Le spectacle vient aussi en consécration du dialogue des civilisations méditerranéennes pour faire de la musique une langue d’échange irrévocable entre l’Orient et l’Occident.

InfoTunisie - Quelles sont les principales composantes de ce spectacle et allez vous vous contentez des poèmes de Garcia Lorca ?

Sonia Mbarek - Il y a quelque temps que je travaille avec une équipe tunisienne à la conception et la réalisation de cet hommage au poète espagnol. D’ailleurs, il s’agit d’une première vu qu’aucun des textes de Lorca n’a été interprété par une voix arabe. J’essaye de mieux faire connaître ce poète dans le monde arabe.

Quant au contenu du spectacle, il repose sur plusieurs symboles et messages, étant donné que le poète est natif de la ville de Grenade, dernier foyer des Andalous.

Le spectacle est, ainsi, constitué de trois chapitres. Le premier s’articule autour de ce que pensent les poètes arabes de Garcia Lorca. Le second, concerne l’interprétation de certains de ses textes traduits en arabe tels que « la guitare », et « gazella de l’amour centenaire » entre autres.

Alors que le troisième chapitre consiste en une valorisation des chansons populaires que je vais interpréter en espagnol comme « Nana de Sevilla » et « Nel cafe del cheetahs ».
Je suis intensément ravie par la musicalité régissant ces chansons. C’est pourquoi je leur consacre près de dix minutes du spectacle.

InfoTunisie - Quelle est la spécificité présentent les poèmes de Lorca une fois chantés ?

Sonia Mbarek - Ma découverte de la tonalité tragique dans les poèmes de Lorca est la résultante de six mois de recherche partant d’une série d’émissions télévisées élaborées par l’homme de culture et figure médiatique tunisienne, Fradj Chouchène, pour le compte d’une chaine TV espagnole.

À travers la musique et la poésie, j’ai détecté une similarité remarquable entre l’Andalousie et le Monde arabe d’aujourd’hui, notamment entre « Al ahaât » et « al amanat » pour ce qui est « malouf » et « Al Layaly » dans la musique arabe.

S’agissant de mon spectacle, il sera marqué par des chansons dominées par le mode « kordi » outre la présence relative d’autres modes comme « al hijaz » et « al isbaâyn ».

InfoTunisie - Ces dernières années, vos spectacles ont dévoilé un certain approfondissement musical et une recherche tournant autour d’une vision artistique cohérente. Entendez-vous continuer sur cette voie ?

Sonia Mbarek - Depuis l’an 2000, j’œuvre à renforcer ma présence sur la scène en tant que créatrice et productrice à travers une série de spectacles partant de « Men ahla al achaâr » (meilleures poèmes) qui comporte des poèmes de Jaâfar Majed, Mnaouar Smadah, et Jamila Mejri…

J’ai présenté « Tir al minyar » en 2003, « Roumansiet » en 2005 et « Un voyage dans la méditerranée » en 2006, outre une série de spectacles en 2008, y compris un travail sur le rapport traduction/musique…

Quant à mes perspectives à venir, je suis entrain de préparer de nouveaux projets ayant trait au théâtre musical en collaboration avec les poètes Khaled Oueghlani et Jamila Majri autour du personnage de « Arwa », la kairouanaise, épouse du khalife abbaside Abou Jaâfar Al Mansour.

Biographie de Sonia Mbarek

Sonia M’Barek est née à Sfax en 1969 dans une famille passionnée de musique. Enfant, elle chantait avec sa grand-mère surtout le malouf, la musique tunisienne classique. Elle obtint le diplôme de musique arabe du conservatoire de Tunis. En plus de sa voix extraordinaire et de sa grande capacité d’expression, elle possède ainsi une solide formation musicale et présente par cet aspect une exception parmi les chanteuses arabes contemporaines.

À l’age de neuf ans, elle se produit pour la première fois en public. Depuis, elle a chante pour des théâtres musicaux, des opéras et des musiques de films. Elle fut doublement consacrée en 1986, au cours du festival de la chanson tunisienne, comme meilleure artiste de l’année et obtint ainsi le premier prix de meilleure interprète. Elle a travaillé avec succès avec les luthistes tunisiens Ali Sriti et son élève Anouar Brahem, avec lesquels elle a présenté plus de trente concerts.

En 1997, elle a publié son premier album solo "Tawchih" et présenta une série de concerts a l’opéra du Caire à l’occasion du septième congrès et festival de la musique arabe. A Paris a Radio France International, sa dernière création se fit en collaboration avec le luthiste irakien Nassir Shamma.

Parallèlement à la musique traditionnelle, Sonia M’Barek travaille à son propre répertoire avec de jeunes paroliers et compositeurs. Elle tient beaucoup aux textes personnels et à l’accompagnement acoustique pour éviter de tomber dans le "mainstream" contemporain arabe.

En 2004, elle réalisé l’album "Romances" en hommage au parolier tunisien Mohamed Bouthina. En 2006, elle présenté à Carthage son spectacle "Vogage en Méditerranée" avec Manuel Delgado, Barbaros Erkose, Paolo Peropoli et Emilio Ozialo.

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