Victoire DJANHAN (Fitch) à l’Économie Business Summit de Paris : « L’Afrique va devenir le moteur de l’économie mondiale »
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Propos recueillis par Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse
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APP – Vous étiez la modératrice d’un panel fort intéressant consacré aux « Financements innovants et durables ». Voulez-vous tout d’abord vous présenter en quelques mots ?
Victoire DJANHAN – Originaire du Cameroun, je suis spécialiste de l’intelligence financière et me partage aujourd’hui entre Paris et le Cameroun. Mais j’ai vécu vingt-deux ans en Allemagne où j’ai travaillé dans plusieurs entreprises de gestion de patrimoine comme Goldman Sachs Asset Management, Crédit Suisse Asset Management et Axa Investment Managers. Depuis cinq ans, j’exerce comme directrice commerciale au sein d’une agence de notation appelée Fitch pour trois pays que sont l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse.
APP – Quel parcours professionnel et quelle expérience !
Victoire DJANHAN – C’est vrai, mais je prévois de quitter Fitch cette année pour découvrir d’autres horizons et me consacrer précisément aux activités d’une agence de notation au Cameroun. Car il n’en existe pas encore et nous devons créer notre propre agence de notation selon nos critères, selon nos besoins. Ce sera une agence de notation locale faite par des locaux qui comprennent notre environnement.
APP – Voilà un nouveau challenge...
Victoire DJANHAN – Une agence de notation qui soit digne de nos problématiques et qui soit proche aussi du public parce qu’à la fin de la journée l’agence de notation a pour rôle de décrire, de définir et d’indiquer quel acteur économique est digne de confiance pour obtenir qu’on lui octroie un crédit. On veut donc bien s’assurer qu’il soit capable de rembourser ce crédit-là.
D’où le prix du crédit qui est fixé par des taux d’intérêt et ceux-ci devraient en principe dépendre des différentes notations qui leur sont attribuées. Le taux d’intérêt directeur de la Banque centrale (BEAC) est en ce moment – je pense – à plus de 4 % ou 4,5 %. Ce taux directeur est un indicateur de la cherté du crédit.
APP – Vous êtes donc une femme d’ambition ?
Victoire DJANHAN – C’est cela l’idée : quitter Fitch prochainement, disons d’ici à la fin de l’année, pour créer une autre agence de notation en zone CEMAC (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale). C’est mon projet car je crois qu’il est nécessaire de faire comprendre au public que l’on travaille à faire avancer nos marchés financiers et à les doter d’instruments qui leur permettent de se développer davantage.
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« Encourager les diasporas
à venir investir sur le Continent »
APP – Est-ce ce qui explique votre présence, ici à la Défense, à L’Économie Business Summit (EBS) ?
Victoire DJANHAN – Tout à fait. Grâce à Thierry Ekouti, patron de « L’Économie », qui se veut le premier quotidien économique de la zone CEMAC, on se rencontre ici car l’EBS se propose d’apporter des idées et de multiplier les échanges sur l’attractivité de nos pays africains. L’idée, c’est d’encourager les diasporas à venir investir en Afrique et, pour cela, nous avons besoin de rendre nos marchés plus attractifs et compétitifs surtout.
Pour une meilleure compétitivité, je pense que la notation bien évidemment joue son rôle. Il est donc essentiel de créer notre propre agence de notation qui réponde pleinement à nos critères de convergence et à nos besoins, et qui nous permette d’assurer une certaine comparabilité avec les marchés de nos pays voisins, mais aussi des pays occidentaux.
APP – Ce sommet vous semble donc plus que nécessaire ?
Victoire DJANHAN – Nécessaire et fort utile. C’est ma première participation, en effet, à L’Économie Business Summit et je suis ravie d’y participer en qualité de modératrice d’un panel qui portait précisément sur l’attractivité des marchés africains. Je suis d’autant plus comblée que j’ai eu dans ce panel des personnalités très intéressantes et qui ont un réel impact. Comme Yves-Roger Melingui, DG de la zone industrielle du port de Kribi, Christele Ngani, Administrateur Directeur général d’Elite Capital, et Manuella Zagba, experte-comptable et DG du Cabinet Dyese. Autant de personnalités de haut niveau qui comprennent bien notre environnement et notre écosystème. Le thème de ce panel était d’ailleurs plus qu’ambitieux : « Transformer l’Afrique francophone grâce à la transition numérique et énergétique ».
APP – Et c’est aussi un rendez-vous bien utile pour la diaspora ?
Victoire DJANHAN – Je suis très heureuse de participer à cette IVe édition car je comprends bien que la diaspora est tournée vers l’Afrique, elle n’est pas loin de nous, elle est très présente et a envie de l’être encore davantage. La BEAC fait des efforts pour permettre des transactions monétaires et financières entre la diaspora et l’Afrique, ce qui est une très bonne chose car, à la fin de la journée, on a besoin de tous pour faire de l’Afrique le moteur du développement mondial.
APP – Vous ne manquez pas d’ambition pour le Continent !
Victoire DJANHAN – Oui, bien sûr ! Avec toutes les potentialités de l’Afrique, avec sa jeunesse extraordinaire, avec toutes ses ressources humaines et minières, il n’y a pas de raison que nous ne soyons pas, demain, le moteur de l’économie mondiale. Absolument aucune raison !
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