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Lancement à Paris du Club des partenaires du mouvement THE NEXT SOCIETY

Isabelle Bébéar (Bpifrance) : « La Méditerranée-Afrique est une zone stratégique pour le développement des entreprises françaises »

21 février 2018
Isabelle Bébéar, directrice de l’International et de l’Université de Bpifrance : « Une des clefs de la réussite en Afrique, c’est de trouver le bon partenaire et Bpifrance peut aider à le trouver ». © JLA
ANIMA Investment Network, Bpifrance et Greenflex ont lancé jeudi 15 février à Paris le Club des partenaires du mouvement THE NEXT SOCIETY (1), à la French Tech Central de Station F. Lors de son intervention, puis de l’entretien exclusif qu’elle nous a accordé, Isabelle Bébéar, directrice de l’International et de l’Université de la Banque publique d’investissement, a détaillé les différents outils proposés aux entreprises, y compris les startups, pour les aider et les encourager à faire du business sur le continent africain.



Propos recueillis par Jean-Louis Alcaide, AfricaPresse. Paris

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Comment Bpifrance encourage-t-elle les entreprises françaises à se développer en Méditerranée et en Afrique ?

Isabelle Bébéar  - La Méditerranée-Afrique est une zone stratégique pour le développement des entreprises françaises. Pour les aider, nous mettons en place divers outils, comme l’organisation de missions d’accompagnement.

L’année dernière, par exemple, nous avons emmené une quinzaine de chefs d’entreprise français en Côte d’Ivoire et en Afrique du Sud, en coopération avec Business France. L’objectif était de leur faire découvrir les économies locales de ces pays et leur faire rencontrer des partenaires potentiels.

Outre ce volet accompagnement, ces « business expéditions », nous avons mis en place un Fonds franco-africain, doté de 77 millions d’euros, géré par des Africains, qui a des bureaux dans sept pays africains, ainsi qu’à Paris. Il investit dans les entreprises françaises qui veulent se développer en Afrique et réciproquement. Auparavant, nous avions déjà mis en place un Fonds franco-tunisien, fonctionnant sur le même principe, avec la Caisse des Dépôts tunisienne.

Nous avons aussi mis en place le crédit export. Celui-ci n’est pas spécifiquement dédié à l’Afrique, mais 70 % de nos clients pour ce produit sont africains : avec cet outil, nous prêtons de l’argent à une société publique ou privée africaine qui achète des produits français.

Quelles sont les entreprises que vous encouragez à se développer en Afrique ? Avez-vous retenu un profil ou un secteur en particulier ?

Isabelle Bébéar - Non, c’est l’Afrique elle-même qui décide de ce dont elle a besoin. Mais les secteurs où l’on observe une forte demande dans ce continent sont connus : la santé, l’éducation, les biens de consommation, l’eau, l’énergie, etc. Et nous avons en France de nombreuses entreprises qui travaillent dans ces domaines.

Nous encourageons les belles PME qui sont capables d’exporter, mais aussi les startups : nous sommes partenaires de l’Agence française de développement (AFD) pour le Start-up Challenge Digital Africa. En 2017 encore, nous avons récompensé cinq startups françaises (1) dans le digital qui ont des projets en Afrique. De la même manière, nous allons emmener des startups dans une « learning expédition » (2) dans la French Tech ivoirienne, à Abidjan, et la French Tech de Cape Town, pour leur faire découvrir l’écosystème et leur présenter des partenaires potentiels.

Une vue des participants à la conférence de lancement de « THE NEXT SOCIETY » à Paris, à la Station F de la French Tech, le 15 février 2018. © AM AfricaPresse.Paris

Si un chef d’entreprise qui veut se développer en Afrique entre chez Bpifrance, comment cela se passe-t-il concrètement ?

Isabelle Bébéar  - Tous les chargés d’affaires de Bpifrance connaissent les outils que nous proposons. Nous en avons toute une palette, y compris bien sûr les produits d’accompagnement, les missions de conseil, les « business expéditions », les « learning expéditions » sur l’Afrique, etc. Les chargés d’affaires et les chefs d’entreprise déterminent les besoins lors de leurs discussions et décident.

Nous avons aussi notre Université qui propose des formations aux chefs d’entreprise sur beaucoup de thèmes différents. Tous les ans, avec HEC, nous en organisons une sur le thème « Se développer en Afrique ». C’est un programme qui réunit de 20 à 30 chefs d’entreprise pendant deux jours pour leur donner les clefs d’un développement sur ce continent.

Pourquoi encouragez-vous les entreprises à trouver des partenaires locaux ? C’est si compliqué de s’installer et de se développer en Afrique ?

Isabelle Bébéar  - D’une manière générale, à l’international, c’est bien de trouver des partenaires locaux. Et en Afrique, c’est vrai, c’est plus sécurisant. Car ce n’est pas un continent simple, bien qu’il soit plein de promesses, avec un potentiel de croissance incroyable. Mais ce ne sont pas des marchés faciles. Une des clefs de la réussite en Afrique, c’est d’ailleurs de trouver le bon partenaire et Bpifrance peut aussi aider à le trouver. Nous avons en effet investi dans plusieurs fonds d’investissement 100 % africains, et ceux-ci sont autant de réseaux qui s’ouvrent à nos chefs d’entreprise, avec des professionnels de l’Afrique capables de les aider, et des entreprises soutenues par ces fonds qui peuvent devenir des partenaires potentiels.

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(1) THE NEXT SOCIETY est un mouvement porté par une communauté ouverte d’acteurs économiques et sociétaux (agences publiques, entreprises, startups, ONG...) d’Europe et des pays méditerranéens. Il vise à renforcer les écosystèmes d’innovation et développer la création de valeur ainsi que des solutions concrètes pour une prospérité partagée en Méditerranée, et demain, en Afrique. Initié par le réseau euro-méditerranéen ANIMA Investment Network, il réunit aujourd’hui plus de 300 organisations et 2 500 entrepreneurs. Il a démarré en 2017 avec un plan d’action pilote de 4 ans, cofinancé par l’Union européenne pour un montant de 7 millions d’euros.
Jusqu’en 2020, THE NEXT SOCIETY touchera directement plus de 190 incubateurs, accélérateurs et clusters, près de 60 centres de valorisation de la recherche et 300 entreprises de croissance afin de mobiliser, promouvoir et renforcer les nouveaux écosystèmes d’innovation dans 7 pays méditerranéens : Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Palestine, Jordanie et Liban.

En savoir plus : Télécharger la plaquette THE NEXT SOCIETY

(2) Dix entreprises françaises et africaines ont été lauréates de la deuxième édition de ce concours d’innovations, lancé par l’AFD, la French Tech et Bpifrance. Leur objectif : relever les défis de la transition numérique en Afrique.
Le palmarès a été dévoilé à Abidjan (Côte d’Ivoire) le 27 novembre 2017, à l’occasion du VIe Forum des Affaires UE-Afrique. Les lauréats ont reçu chacun un pack accompagnement personnalisé.
Voir le palmarès sur le site de Bpifrance.

(3) Voyages de découverte, d’inspiration et d’exploration qui permettent aux participants de se faire une idée d’un marché, d’un secteur, d’autres entreprises, de connaître d’autres pratiques, des organisations ou des modes de management différents, afin de se réinventer ou de stimuler l’innovation.

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*Tous nos articles sur l’événement « THE NEXT SOCIETY » :

> Lancement à Paris du Club des partenaires du mouvement THE NEXT SOCIETY - Emmanuel Noutary (ANIMA et « THE NEXT SOCIETY ») : « L’avenir qui s’invente en Méditerranée peut inspirer à nouveau le reste du monde »

> Lancement à Paris du Club des partenaires du mouvement THE NEXT SOCIETY - Isabelle Bébéar (Bpifrance) : « La Méditerranée-Afrique est une zone stratégique pour le développement des entreprises françaises »

> Lancement à Paris du Club des partenaires du mouvement THE NEXT SOCIETY - Bénédicte Faivre-Tavignot (HEC) : « L’innovation inversée venue des pays émergents peut permettre aux grandes entreprises de se réinventer »

> Lancement à Paris du Club des partenaires du mouvement THE NEXT SOCIETY - Kamel Haddar, multi-entrepreneur de l’innovation techno-sociale en Algérie : « Il faut aider la société par la jeunesse »


> Lancement à Paris du Club THE NEXT SOCIETY - Jérôme Auriac, DG GreenFlex : « The Next Society est un bon moyen faire remonter l’innovation à une grande échelle géographique »

> Lancement à Paris du Club THE NEXT SOCIETY - Mokhtar Zannad, PDG de Nielsen (Tunisie) : « Pour nous, l’innovation inversée Sud-Nord, c’est évident… allons-y ! Avançons ensemble ! »

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*THE NEXT SOCIETY est un mouvement porté par une communauté ouverte d’acteurs économiques et sociétaux (agences publiques, entreprises, startups, ONG...) d’Europe et des pays méditerranéens. Il vise à renforcer les écosystèmes d’innovation et développer la création de valeur ainsi que des solutions concrètes pour une prospérité partagée en Méditerranée, et demain, en Afrique. Initié par le réseau euro-méditerranéen ANIMA Investment Network, il réunit aujourd’hui plus de 300 organisations et 2 500 entrepreneurs. Il a démarré en 2017 avec un plan d’action pilote de 4 ans, cofinancé par l’Union européenne pour un montant de 7 millions d’euros.
Jusqu’en 2020, THE NEXT SOCIETY touchera directement plus de 190 incubateurs, accélérateurs et clusters, près de 60 centres de valorisation de la recherche et 300 entreprises de croissance afin de mobiliser, promouvoir et renforcer les nouveaux écosystèmes d’innovation dans 7 pays méditerranéens : Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Palestine, Jordanie et Liban.

En savoir plus : Télécharger la plaquette THE NEXT SOCIETY

ANIMA Investment Network, Bpifrance et GreenFlex lancent le club « The Next Society » pour soutenir les innovateurs de Méditerranée et d’Afrique (Paris, jeudi 15 février 2018, Station F)

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