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Yapi Merkezi, géant turc du BTP, réalisera 30 Km du réseau du tramway de Casablanca

Maroc | 16 août 2010 | src.http://archives.leconomiste.com
Casablanca -

Yapi Merkezi, bâtisseur de ponts et de têtes ! Ce conglomérat turc a finalement remporté la première manche. Il a été sélectionné par le Conseil de la ville de Casablanca pour réaliser la plateforme et la pose de la voie ferrée du tramway : une tranche des 30 km de réseau pour un montant 467 millions de DH. L’adjudicataire se contentera pour l’instant du premier tronçon, reliant Sidi Moumen à Hay Mohammadi. Il reste deux autres « morceaux » et dont l’appel d’offres sera lancé incessamment (Voir L’Économiste du 2 juillet 2010).

Photo ci-dessus : l’équipe Yapi Merkezi ayant participé à la construction du métro de Dubaï, le jour de l’inauguration de la Ligne rouge, le 9 septembre 2009. © Yapi Merkezi


Face à Yapi Merkezi, géant turc du BTP, il y avait le Français Alstom, des Espagnols, des Portugais et des Marocains représentés par la SGTM, bâtisseuse du futur siège de Maroc Telecom à Hay Riad à Rabat.

Le succès du groupe turc donne des ailes aux diplomates-VRP : « C’est un pas encourageant pour nos échanges ayant atteint jusqu’à ce jours 1,3 milliard de dollars », commente Ümit Sezer, conseiller commercial de l’ambassade de Turquie à Rabat.

La balance des échanges est largement en faveur de notre voisin méditerranéen, 17e puissance économique mondiale. Ankara tire donc un meilleur profit de l’accorde de libre échange signé avec le Maroc en 2004 et entré en vigueur deux ans après. Des opérateurs BTP turcs ont déjà travaillé sur l’autoroute Marrakech et Agadir, l’extension d’une partie du réseau haute tension de l’ONE, la modernisation de la raffinerie de La Samir à Mohammedia…

C’est le jeune ingénieur Gokalp Kahraman qui a ficelé l’offre technique du tramway de Casablanca, déposée le 1er juin dernier. « Notre démarche est simple : un marché livré clés en main. Quelque soit la taille du projet, Yapi Merkezi sera votre unique interlocuteur. Un bureau d’étude interne, composé de 20 ingénieurs et techniciens, gère l’exécution des projets. Plus un département recherche et développement en génie parasismique et béton de très haute résistance », explique Kahraman, formé à Lyon. Le R&D, griffe universitaire de ses fondateurs.

Yapi Merkezi a aussi raflé le contrat du grand métro de Dubaï

Ce haut cadre expatrié chez nos voisins de l’Est est chef de projets dans ce groupe ayant réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 750 millions de dollars, soit près de 6,4 milliards de DH. Il supervise d’ailleurs un chantier en cours de finition : le centre de maintenance des trains express régionaux d’Alger installé à Caroubier. Il faut remonter à 1984, date à laquelle Yapi Merkezi décroche son premier marché en Algérie : un petit chantier visant la restauration d’un ancien palais Ottoman.

A part l’Algérie, le holding turc s’est imposé en 2005 à Dubaï. Il rafle, en s’alliant aux Japonais Mitsubishi, Obayashi et Kajima, le plus grand appel d’offres de système ferroviaire dans l’histoire ! Il s’agit du métro de Dubaï lancé par le maire de la ville, Qassim Sultan. Le projet s’étale sur environ 70 km et se compose de 2 lignes. Suite à de profondes modifications, le montant total du contrat passe de 3,5 à 10 milliards de dollars. Les travaux seront terminés en 2010. Au Soudan, Yapi Merkezi construit plutôt deux ponts, de 800 m et 1 km, sur le Nil bleu. Inauguration prévue pour juillet 2020.

Créé en 1965 à Istanbul par deux universitaires – l’un architecte et professeur à l’université de Sinan, l’autre ingénieur en génie civil et enseignant à l’université technique d’Istanbul – le holding Yapi Merkezi compte environ 2.000 salariés, en Turquie principalement. Il a aussi plusieurs filiales : Merkezi Préfabrication, Yapikonut spécialisé en promotion immobilière, Subor (eau potable), Insaat (construction) puis Irmak (enseignement maternel, primaire et lycée).

Là aussi la touche universitaire ressurgit. Comme quoi l’alliance du savoir et des affaires peut s’avérer redoutable.

Faiçal FAQUIHI - L’Économiste

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