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#WIASummit-Entretien / Me Lubomir ROGLEV, DS Avocats : « Les femmes et les hommes doivent avancer ensemble, avec toute notre diversité et nos particularités »

8 juillet 2019
Maître Lubomir ROGLEV, responsable Afrique de DS Avocats (Paris), lors de sa participation au Sommet WIA 2019, à Marrakech (27-28 juin). © AM/AP.P
Responsable du département Afrique de DS AVOCATS, dont le siège est à Paris mais qui rayonne en Afrique, Maître Lubomir ROGLEV accompagne WIA Initiative depuis ses débuts. Cette année encore, il a donc participé au sommet WIA de Marrakech (27-28 juin), où il a participé à une session,. Entretien exclusif, avec cet « ancien » qui peut donc apprécier avec pertinence les avancées accomplies par WIA depuis quatre ans…

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En direct de Marrakech
Propos recueillis par Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@alfredmignot | @PresseAfrica

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Maître, vous avez participé au panel d’une session intitulée « La corruption a-t-elle un genre ? » Ainsi posée, la question n’induisait-elle pas une réponse convenue, courue d’avance, et… à charge des hommes ?

Maître Lubomir ROGLEV L’intitulé se voulait délibérément provocateur, certes ! Mais évidemment il est impossible de répondre simplement par oui ou non… car il y a beaucoup de nuances entre le blanc et le noir, n’est-ce pas ! L’atelier avait surtout pour objectif de réfléchir et d’échanger. Il y a eu plusieurs interventions qui ont montré en fait la diversité des opinions. Pour certains, oui les femmes sont moins corrompues, car elles sont plus rigoureuses ; pour d’autres, c’est parce qu’elles ont moins accès aux situations de pouvoir ; pour d’autres encore, c’est parce que lorsqu’elles accèdent au pouvoir, elles sont plus intelligentes et plus malignes, et donc en fait les voies de la corruption sont plus subtiles…

En fait, le tableau que nous avons esquissé montre que la question n’est pas simple à cerner, mais il en est ressorti le constat de l’importance de créer la possibilité d’une multitude d’échanges sur le sujet entre les hommes et les femmes, chacun genre s’enrichissant de l’approche différente de l’autre, ce qui permet de créer une dynamique. Car les changements ne peuvent survenir que lorsqu’il y a une dynamique, sinon les choses restent en l’état, elles stagnent comme l’eau dans un marécage…

Il faut créer une dynamique qui permettra d’apporter des changements, c’est l’enseignement clé de cet atelier.

Et puis, nous ne sommes animés par aucune intention idéologique ou démagogique – on n’est pas là pour dire que les femmes sont meilleures que les hommes, ni l’inverse ! Les femmes et les hommes doivent avancer ensemble, avec notre diversité et nos particularités – c’est d’ailleurs ce qui est enrichissant et intéressant.

C’est cela le fond de notre propos, qui a inspiré notre initiative de l’année dernière, « Men with Women in Africa ».

Le Conseil de Women in Africa réunit 14 personnalités de tous horizons, soit 10 femmes et 4 hommes, dont vous-même. Qu’est-ce qui vous a motivé et concrètement, de quoi s’agit-il ?

Maître Lubomir ROGLEV Le Conseil n’a aucune vocation de gestion. C’est une plateforme de réflexion et d’échanges qui vient en appui de la réflexion de la direction animée par la présidente Hafsat Abiola et la fondatrice, Aude de Thuin.

Quant à la motivation, elle est venue tout naturellement… Lorsque l’idée a commencé à germer dans l’esprit d’Aude, – dont on se souvient qu’elle avait précédemment fondé le Women’s Forum – elle a eu besoin d’un appui juridique sur la structuration de cette initiative, et nous avons accepté de le faire. Donc DS AVOCATS est présent dans cette initiative dès son commencement.

Ce qui m’a personnellement motivé, c’est justement cette idée de créer un forum d’échanges, et plus encore une dynamique – je reviens à ce mot fondamental – pour l’entrepreneuriat féminin en Afrique. Ma motivation s’est aussi nourrie de mon expérience personnelle en Afrique, de ce que j’ai vu dans ma pratique quotidienne, notamment le fait qu’à la femme n’est pas reconnu le rôle public essentiel qui lui revient de droit, en quelque sorte. Mais c’est malheureusement le cas dans de très nombreuses sociétés.

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Une vue de la salle des conférences plénières du Sommet #WIA2019, au Beldi Country Club de Marrakech. © AM/AP.P

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Quel est votre sentiment sur le travail accompli à ce jour par WIA ?

Maître Lubomir ROGLEV Quand je me rappelle le temps du premier sommet WIA – auquel j’ai bien entendu participé, ainsi qu’au deuxième et maintenant à celui-ci –, je suis très content, heureux et très enthousiaste ! car il y a des choses qui bougent, cette initiative commence à avoir un impact certain, visible notamment par le soutien apporté aux entrepreneures, la plupart du temps très jeunes, avec des idées extraordinaires dans le domaine économique et culturel – également essentiel.

Par exemple je parlais hier avec quelqu’un qui a mis au point un procédé technique permettant de produire de l’eau extraite tout simplement de l’atmosphère. On voit bien immédiatement l’intérêt de cela pour un continent où l’eau est souvent si rare, comme d’ailleurs elle va le devenir de plus en plus dans le monde.

Vous voyez, il y a cette dynamique extraordinaire, mais qui le plus souvent manque de fonds. Et justement, l’objet de l’initiative WIA54 [LIEN ] vise à rendre visibles les jeunes femmes entrepreneures d’Afrique et ainsi renforcer l’attractivité de leurs projets.
Je suis particulièrement fier de me trouver depuis le début au cœur de cette initiative au rayonnement de plus en plus important.

Vous êtes responsable du département Afrique de DS Avocats, basé à Paris. Quels sont vos domaines d’intervention sur le Continent ?

Maître Lubomir ROGLEV Nous sommes surtout en relation avec plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et parfois au-delà, puisque par exemple nous venons de finaliser une opération de fusion-acquisition au Tchad, pour Maroc Télécoms.

Nous intervenons dans plusieurs secteurs économiques, comme l’agriculture, l’eau, l’énergie, les infrastructures, les télécoms. Nous répondons à la demande des clients qui veulent s’implanter dans tel ou tel pays, en leur assurant le conseil juridique mais aussi la connaissance du climat des affaires, ainsi que des usages et des réalités locales de la vie quotidienne, ce qui est aussi très important.

Nous disposons pour cela d’un bureau à Dakar, qui rayonne dans la sous-région, où nous avons aussi des correspondants et partenaires, avec lesquels nous échangeons régulièrement, afin justement de bien connaître ces réalités du quotidien, car les usages – les us et les coutumes, comme on disait autrefois sont aussi des sources de droit.

DS AVOCATS a lancé un concours dédié aux start-up, m’a-t-on dit…

Maître Lubomir ROGLEV Oui, il y a trois ans, à l’initiative de notre département Droit des sociétés de DS AVOCATS, nous avons lancé « We law you », un concours destiné aux start-up innovantes et doté de trois prix constitués d’une assistance juridique pour une valeur respectivement de 5 000, 10 000 et 15 000 euros. Parmi les projets très créatifs que nous avons reçus, l’un d’eux, Mawa, organise, en Ouganda avec une ambition panafricaine, toute une chaîne alimentaire naturelle, fondée sur les insectes, très riches en protéines, pour aboutir à nourrir les humains.

Et l’Afrique, dans tout ça ?

Maître Lubomir ROGLEV Justement, on ne l’a pas oubliée ! Depuis cette année, le concours est désormais ouvert aux start-up africaines ! et Mawa a gagné le 3e prix.

Vue d’un atelier du sommet WIA 2019. © AM/AP.

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