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Vincent REINA, président de la CCFA (1/2) : « Nos événements avec les métropoles régionales et les opérations bilatérales sont deux axes forts de notre action ».

27 mai 2019
Vincent REINA, président de la Chambre de Commerce Franco-Arabe (CCFA) multiplie les actions « dans un état d’esprit pragmatique ». © CCFA
Établie à Paris, la Chambre de Commerce Franco-Arabe (CCFA) est depuis sa création en 1970 un acteur-clé des relations économiques et commerciales entre les entreprises et institutions françaises, avec les réseaux patronaux et des Chambres de Commerce nationales des 22 pays membres de la Ligue des États Arabes, un espace immense s’étirant depuis le Maghreb jusqu’aux Pays du Golfe.
Dans ce premier volet d’un entretien exclusif, Vincent REINA, président de la CCFA, fait avec AfricaPresse.Paris la revue de détail de l’état des dossiers et nous explique sa stratégie pour que « l’entreprise France » soit plus présente en particulier sur cette zone.


Propos recueillis par Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@alfredmignot | @PresseAfrica



Où en sont les échanges import-export entre la France et les 22 pays arabes membres de la CCFA, que vous présidez ?

Vincent REINA - Avec près de 54,1 milliards d’euros en 2018, contre 48,6 milliards en 2017, le volume des échanges entre la France et les pays arabes enregistre un regain important de 11 %.
Les importations françaises en provenance de cette région ont atteint près de 26,6 milliards d’euros, après 21,4 milliards d’euros en 2017 et les exportations près de 27,4 milliards d’euros, après 27,1 milliards en 2017. Le bilan de ces échanges affiche encore un solde positif en faveur de la France de 806 millions d’euros. Mais c’est en net recul par rapport à 2017, où il dépassait les 5,7 milliards d’euros.

Et plus en détail, par zone géographique ?

Vincent REINA - Les pays du Maghreb contribuent à hauteur de 55 % des échanges, suivis par les pays du Golfe avec 37 % et enfin les pays tiers à hauteur de 9 %. Toutefois, si l’on regarde la part de ces trois groupes de pays par rapport au résultat net de ces échanges, l’on constate que le solde avec les pays du Golfe, même s’il baisse sensiblement de près de 57 %, contribue positivement à la balance commerciale de la France, que le solde avec le groupe des pays tiers reste positif malgré une chute de - 27,23 %. Mais le déficit avec les pays du Maghreb se creuse sensiblement de -140,57 % par rapport à 2017.

Cette situation fait écho au déficit global import/export de la France, déficit qui s’est creusé à - 59,9 milliards d’euros en 2018, soit une nouvelle détérioration de 3 % par rapport à 2017… Comment faire pour renverser la tendance, c’était l’objet de votre grand forum de décembre dernier. Quelles en sont les suites ?

Vincent REINA - La première chose à en retenir, c’est la réussite de ce forum organisé avec l’Union des Chambres Arabes, qui regroupe les 22 pays de la Ligue Arabe, du Maghreb au Moyen-Orient. Cette réussite peut s’évaluer selon deux critères : le premier est la prise de parole paritaire des 32 intervenants, arabes et français ; le second est l’affluence que nous avons enregistrée, avec 380 participants, soit significativement plus que les 250 présents au forum France-Pays du Golfe que nous avions organisé à la fin de 2016.

Quel a été le message central de ce forum ?

Vincent REINA - Le secrétaire général, moi-même et toute notre équipe avons estimé qu’après avoir bien considéré les stratégies de développement des Pays Arabes à l’horizon 2030-2040, il était important, pour la partie arabe comme pour les entreprises françaises, d’évaluer aussi les opportunités concrètes qui existent dans ces pays-là dans le court terme, à trois ans. Ainsi nous avons organisé des tables rondes dans cette perspective et dans un état d’esprit pragmatique. Les entreprises françaises ont pu présenter leurs produits et savoir-faire, la partie arabe a partagé des informations détaillées sur ces mêmes opportunités.

Comment articulez-vous votre action avec les autres entités qui assument globalement le même type de mission ? Chambres de Commerce binationales, Business France, Medef International…

Vincent REINA - Depuis la création de notre Chambre en 1970, sous l’impulsion antérieure du Général De Gaulle, notre mission est clairement d’être un maillon contribuant au développement économique des entreprises françaises et arabes.

Depuis cette époque fondatrice, nous avons préservé notre grande particularité d’être une organisation pleinement paritaire, à tous les niveaux de décision de la Chambre : au conseil d’administration, avec 50 membres « moitié-moitié » ; au bureau, avec 18 membres moitié-moitié ; à l’échelon exécutif, avec un président élu français, un secrétaire général choisi par l’Union des Chambres Arabes, 2 vice-présidents français et 1 trésorier français, 3 vice-présidents arabes. Ainsi, nous sommes en France la seule organisation de ce type totalement paritaire.

Cela dit, je réponds à votre question… Depuis mon arrivée en juin 2016, nous avons en effet souhaité renforcer nos contacts avec un certain nombre d’organismes, comme le Medef International, Business France, les CCI, en France et à l’étranger dans l’objectif de mieux coopérer entre nous, dans le respect des spécificités de chacun, afin de tous pousser dans le même sens. Par ailleurs, nous sommes bien sûr aussi en relation active avec nos membres, les patronats et chambres de commerce des 22 Pays Arabes, c’est la seconde particularité de notre relation. Vous imaginez ainsi notre puissance localement !

Un exemple de coopération avec une entité française ?

Vincent REINA - Nous avons signé une convention avec Business France. Nous nous sommes engagés à apporter notre contribution aux événements relatifs à notre région, organisés par Business France. Cette année il y a déjà eu un forum sur l’Égypte, en mars ; il y aura un événement sur la Libye en novembre, et encore sur l’Iraq également au cours du dernier trimestre.

Ces événements se tiennent chez eux ou parfois au Sénat. La CCFA apporte sa contribution en termes de programme, de communication vers ses réseaux d’entreprise, de prise de parole… En l’occurrence Business France est le chef de file, et nous l’accompagnons en partenaire. Mais l’inverse est aussi possible, bien sûr, ce que nous avons fait en janvier, où c’est nous qui avons invité le directeur du Bureau Business France de Dubaï.

Vous organisez des missions de découverte dans les Pays arabes pour vos entreprises adhérentes ?

Vincent REINA - Chaque fois qu’on le juge utile, lorsqu’il qu’il y a une opportunité. Par exemple, l’année dernière nous avons organisé un déplacement en Tunisie car il y avait un projet de rénovation du transport ferroviaire à Tunis, et de création du métro de Sfax. Bien sûr, en l’occurrence ce sont des entreprises du secteur des transports qui nous ont accompagnés. Mais le conseil et l’approche individuelle sont aussi déterminants.

Et dans l’autre sens, pour vos partenaires arabes ?

Vincent REINA - Précisément oui, nous avons innové en ce sens, l’année dernière. Nous sommes partis du constat que la multitude d’événements parisiens – fora, colloques, manifestations en tous genres – avait tendance à occulter la vitalité de nos métropoles et de nos territoires. Ainsi il nous a semblé important de faire savoir à nos partenaires qu’il se passe aussi beaucoup de choses intéressantes dans nos régions.

Donc nous avons décidé de monter une première opération de deux jours en métropole de Bordeaux, pour faire visiter des établissements significatifs – Dassault Aviation à Mérignac, le tram Keolis de Bordeaux Métropole pour les transports urbains, une start-up numérique d’une quarantaine de personnes… Nous y avons invité nos ambassadeurs arabes qui sont venus très nombreux – 17 sur 22 ! Un succès !

Donc nous récidivons. Cette année, nous avons un projet en cours de préparation avec Dijon et sa métropole, pour les 9 et 10 juillet. Peut-être ferons-nous aussi quelque chose à Toulouse, toujours en 2019… Nous avons aussi commencé un rapprochement avec les acteurs économiques de Marseille. En tout cas, l’idée est d’organiser ce type d’événement tous les ans : accompagner nos partenaires arabes à la découverte des entreprises de nos territoires, et permettre à celles-ci d’avoir chez elles un premier contact avec les pays arabes.

En fait, cette action nouvelle vers les métropoles régionales et le développement des opérations bilatérales se complètent…

Vincent REINA - Oui, nos événements avec les métropoles et nos opérations bilatérales sont deux axes forts de notre action, et qui se renforcent mutuellement.

LIEN UTILE : Le commerce extérieur de la France en 2018.

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LE DEUXIÈME VOLET DE CETTE INTERVIEW

Vincent REINA, président de la CCFA (2/2) :
« Nous proposons la création d’un outil de concertation des institutions travaillant sur la relation économique France-Pays Arabes »

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SUR LEME THÈME

Vincent REINA, Président de la CCFA (Paris) : « Il faut vraiment que l’entreprise France soit beaucoup plus présente à l’export ! »

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