Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

Vincent REINA, Président de la CCFA (Paris) : « Les pays arabes sont aussi de véritables partenaires pour nos industries spatiales et leurs déclinaisons »

23 septembre 2019
Les intervenants (à gauche sur la photo) : Eric Truelle, Directeur des ventes satellites Moyen-Orient chez Airbus Defence and Space ; Frédéric Facquer, Directeur des ventes Moyen-Orient, Thales Alenia Space ; Florent d’Heilly, Directeur de la Division Ventes, Arianespace. Premier à droite : Vincent Reina, Président de la CCFA. © LK
Organisée par la Chambre de Commerce Franco-Arabe (CCFA) et animée par la Président Vincent Reina avec des représentants des fleurons du secteur français de l’aéronautique, une rencontre dédiée aux « Enjeux de l’industrie spatiale européenne et des coopérations avec les pays arabes » s’est tenue jeudi 12 septembre à Paris. L’occasion de faire le point sur les collaborations franco-arabes dans le domaine spatial, et d’appréhender les projets en cours et à venir entre les groupes français et les pays de la zone MENA.

.

Un article de Lina Kortobi pour AfricaPresse.Paris (AP.P)
@LinaKortobi | @PresseAfrica

.

Les principaux opérateurs concernés sont « les entreprises françaises et les pays arabes intéressés par les opportunités que représente le marché de l’industrie spatiale », commence par rappeler Vincent Reina, président de la CCFA. La parole est ensuite laissée aux trois intervenants – cadres dirigeants chez Airbus, Thales Aliena Space et Arianespace –, qui détaillent les programmes entrepris en Afrique du Nord et Moyen-Orient.

Des satellites des années 1980…

Airbus et Thales ont notamment travaillé ensemble pour la construction des deux satellites « Mohammed VI » marocains, et des Nilesat 101 et 102 égyptiens, premiers satellites de télécommunication détenus par un pays arabe. Arianespace a de son côté lancé plus de trente satellites dans le monde arabe, dont la flotte actuelle « Arabsat ».
Ces satellites mis en orbite dans les années 1980 pour l’accès à la télévision et aux transmissions de données sont le fait d’une étroite coopération entre les trois industriels et 22 pays de la Ligue arabe, réunis autour du programme pour partager les frais d’accès à l’espace.

… aux nouveaux enjeux de la flexibilité

« L’enjeu actuel pour nos clients est celui de flexibilité : mettre en service de petits satellites permettant de couvrir une large zone, tout en étant capable de se reconfigurer en vol », explique Éric Truelle, Directeur des ventes satellites Moyen-Orient chez Airbus Defence and Space. « Si un satellite est commandé par un pays qui cinq ans plus tard lie des accords avec un pays voisin, nous pouvons englober celui-ci dans la couverture de l’appareil. »

Mais ce type de coopération dépasse les seuls enjeux économiques : « au-delà de contrats durement négociés », comme le relèvent les intervenants, des partenariats pédagogiques et humains prennent forme au cours des processus de construction.

Une coopération qui vise l’autonomie

Frédéric Facquer, directeur des ventes Moyen Orient chez Thales Alenia Space, confirme : « Les projets auxquels nous avons pu participer avec les pays arabes permettent souvent un développement de l’écosystème aussi bien éducatif qu’industriel, ce qui constitue une nouvelle donne dans la relation. »

La livraison des deux satellites « Mohammed VI », par exemple, a permis d’intégrer de nombreux stagiaires au programme, et de travailler avec des ingénieurs résidents. Au-delà de la fourniture d’un satellite, la coopération passe par le transfert de technologie, l’accompagnement éducatif, l’intégration d’ingénieurs locaux dans les équipes françaises pour qu’à terme le pays puisse développer en toute autonomie ses propres engins.

Florent d’Heilly, directeur de la Division Ventes chez Arianespace, l’affirme : « L’une de nos ambitions est d’étendre notre maillage industriel au-delà des frontières de l’Europe et d’aller vers des pays désireux de diversifier leur industrie. Par exemple de passer de la dépendance au pétrole à une industrie très technique et innovante comme le spatial. »

Hasard du calendrier, au début du mois d’octobre un astronaute émirien rejoindra la Station spatiale internationale (ISS) à bord d’un vaisseau Soyouz. Une opération qui atteste de la volonté des Émirats Arabes Unis d’investir le terrain spatial afin de diversifier leur économie et développer leurs coopérations internationales.

Clients et aussi partenaires

En fait, relève le président Vincent Reina, « si les pays arabes sont des clients, ils sont aussi de véritables partenaires pour nos industries spatiales et leurs déclinaisons, tant aujourd’hui les applications et les usages sont nombreux : suivi de tous les déplacements aériens ou maritimes, communication, radio et télédiffusion, surveillance, cartographie, défense, échanges de données, etc… Autant de domaines qui sont aujourd’hui cruciaux », ajoute le Président de la CCFA, constatant que ce secteur d’activité est désormais pleinement entré dans une véritable économie de marché. D’où « l’importance d’alliances stratégiques avec de véritables partenaires parce qui ont des projets et de véritables ambitions. »

◊ ◊ ◊

À (RE)LIRE :
Nos autres articles sur la CCFA

◊ ◊ ◊

◊ ◊ ◊

.

>>> CLIQUEZ ICI et INSCRIVEZ-VOUS
pour recevoir gratuitement notre INFOLETTRE

◊ ◊ ◊

◊ ◊ ◊

Articles récents recommandés