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Un manifeste franco-africain : « Le temps est venu de créer une Union pour l’Afrique des projets, unifiant Africains et Français, voire Européens »

4 mai 2020
Selon les personnalités d’Afrique et de France signataires de ce manifeste, la crise actuelle représente une occasion unique de jeter les bases d’une nouvelle solidarité internationale, et aussi d’instaurer une nouvelle relation, tant économique que politique, entre la France et l’Afrique. Ils appellent pour cela à la création d’une Union pour l’Afrique.

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Les signataires du manifeste :
Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali, Député - Hajo Andrianainarivelo, ministre des infrastructures de Madagascar - Mamadou Lamine Diallo, député, Président du mouvement Tekki, Sénégal - Charles Kader Gooré, chef d’entreprise, Côte d’Ivoire - Abakar Manany, PDG Amjet Executive, Tchad - Alexandre Barrot Chambrier, ancien Administrateur au FMI, ancien ministre, Gabon - Abshir Aden Ferro, Président du Parti Alliance for the Future, Somalie - Jean-Marie Bockel, sénateur, ancien ministre de la Coopération, France - Gérard Longuet, sénateur, ancien ministre de la Défense, France - Bruno Fuchs, député, vice-Président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie - Emmanuel Dupuy, secrétaire national chargé des questions internationales du Parti Les centristes, France - Marc Bousquet, Médiatique International, France.

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« À la suite des déclarations et prises de position récentes de Vladimir Poutine, du Pape François, du Secrétaire général des Nations Unies ou encore du roi du Maroc Mohammed VI et du Président sénégalais Macky Sal,l qui ont réclamé un moratoire de la dette africaine, le Président Emmanuel Macron plaide, quant à lui, pour une annulation totale de celle-ci.

Pour mémoire, rappelons que 44 pays africains font partie des États les plus endettés de la planète, que le total de leur dette – externe et intérieure – s’élève à quelque 300 milliards de dollars, que 25 d’entre eux font face à une sévère crise de solvabilité, et que 8 sont surendettés.

La double crise sanitaire et économique mondiale résultant du Covid-19, qui aura pour répercussion une croissance en forte baisse, voire une décroissance sur le continent africain, devrait inciter à poser les bases d’une nouvelle coopération entre l’Afrique et ses créanciers : la Chine, qui détient à elle seule 40 % des dettes extérieures, les États-Unis, les États européens, les banques d’investissements, d’infrastructures et de développement, les entreprises privées et les fonds d’investissements ; la dépendance par la dette ne permettant pas le développement.

Pour nous, signataires de cette tribune-manifeste, la crise actuelle doit être : pour les donateurs-créanciers, une occasion unique de jeter les bases d’une nouvelle solidarité internationale, voire celle d’une nouvelle forme de « solidarisme », chère à Léon Bourgeois ; pour les débiteurs, d’engager des politiques économiques plus vertueuses, et pour la France et ses partenaires africains d’établir une nouvelle relation, conduisant à un destin commun.

Pour les donateurs-créanciers, l’occasion d’annuler la dette sans absoudre pour autant les responsabilités de ceux qui l’ont trop creusée ou contournée, sans avoir assuré l’indispensable développement endogène et homogène des populations, notamment des 450 millions de jeunes Africains de moins de 25 ans.
L‘occasion aussi et surtout de conditionner les aides futures à des politiques nationales, qui contribuent réellement au développement et permettent un contrôle de l’emploi des sommes reçues et non de soutenir des « kleptocraties » voraces et égoïstes. Nous ne pouvons, dès lors, que nous révolter et dénoncer collectivement la fuite de 90 milliards de dollars qui ont quitté le Continent depuis l’apparition du Covid-19 en Afrique, le 14 février dernier.

Pour les débiteurs, l’occasion d’engager effectivement des politiques économiques plus vertueuses, en assurant notamment le développement de la santé et de l’éducation, en direction des 101 millions d’enfants qui n’y ont pas accès, le suivi des investissements économiques et les conditions de la paix sociale, grâce à une juste répartition des fruits de l’expansion et en donnant l’assurance à leurs concitoyens de jouir de leurs droits fondamentaux.

Pour la France et les États africains qui le souhaitent, l’occasion d’instaurer une nouvelle relation, tant économique que politique. En son temps, le général De Gaulle avait imaginé la communauté africaine et malgache ; aujourd’hui, le Président Emmanuel Macron et les Présidents africains qui le désirent pourraient envisager une structure qui permette d’ouvrir une nouvelle ère dans la relation franco-africaine.

À l’instar de ce qui a été porté sur les fonts baptismaux, en juillet 2008, à travers l’Union pour la Méditerranée, qui se voulait alors une « union de projets et non un projet d’union » , nous estimons que le temps est désormais venu de créer une Union pour l’Afrique, gage de volontarisme, réceptacle et amplificateur des projets unifiant Africains et Français, voire Européens qui le souhaitent, dans un même élan et une dynamique commune.

Ce geste, à la fois symbolique et concret, permettrait, à l’évidence, d’ouvrir une nouvelle ère dans la relation franco-africaine.

Nous pensons que cela devrait être le nouvel objet du XXVIIIe Sommet Afrique-France, qui, espérons-le, pourra se tenir à Bordeaux au premier trimestre 2021. »

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