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Toulouse, la belle occitane

France | 25 février 2010 | src.leJmed.fr
Toulouse - Riche d’un patrimoine culturel rare, Toulouse cultive avec bonheur ses classiques et ses racines. Autant de recettes de son art de vivre, lointain héritage des troubadours, mais toujours revivifié par sa nombreuse jeunesse. Que l’on se rende à Toulouse en été ou en hiver, l’on est toujours frappé par cette foule innombrable de jeunes qui déambule dans les rues de la ville rose ! Rien de surprenant, en fait, car la capitale occitane compte plus de 115 000 étudiants sur un total de 700 000 habitants…

Photo ci-dessus : La Place du Capitole, haut-lieu emblématique de Toulouse © Galerie de photos de La Collection Grands Sites de Midi-Pyrénées


La jeunesse, il est vrai, « va bien » à cette ville sudiste qui a souvent cultivé l’esprit de résistance et accueilli au XXe siècle nombre de réprouvés de l’Europe totalitaire : Républicains d’Espagne fuyant le franquisme, Juifs d’Allemagne chassés par le nazisme… Puis vinrent les années 1970-1980 et la reconquête de l’affirmation de l’identité occitane, de cette langue d’oc avec laquelle les troubadours du XIIIe siècle chantèrent l’amour courtois, avec cet accent de rocaille encore présent dans les swing de Claude Nougaro, le chanteur poète (1929-2004) qui a offert à sa ville natale un hommage passionné avec la chanson « Ô Toulouse ».

Dans cette chanson au très grand succès, Nougaro déclamait :

« L’église Saint-Sernin illumine le soir
Une fleur de corail que le soleil arrose
C’est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C’est peut-être pour ça qu’on te dit Ville Rose »

Rose, Toulouse l’est bel et bien, depuis la conquête romaine, et plus encore depuis qu’après le grand incendie de 1463, on décida d’abandonner les colombages en bois du Moyen-Age et, faute de pierre de taille dans la région, on se tourna vers la brique. Cette « pierre du pauvre » fut longtemps cachée sous les crépis ou moquée par les voyageurs, mais c’est à elle que Toulouse doit son architecture unique et ses exceptionnels flamboiements rouges et dorés, comme si la lumière surgissait aussi des briques…


Autour du Capitole, le cœur historique

Peuplée à l’origine par une tribu celte, Toulouse fut romaine durant six siècles, avant de devenir le centre de l’éphémère royaume wisigoth au Ve siècle, puis conquise par Clovis, le premier roi franc, au VIe siècle. Mais, c’est au IXe siècle que Toulouse connaît vraiment ses premières heures de gloire grâce aux Raymond, comtes héréditaires qui donneront en 1141 à Toulouse l’une de ses institutions les plus célèbres : les 12 Capitouls, représentants élus par les corporations, qui se muèrent peu en peu en conseil municipal et dirigèrent la ville jusqu’en 1790.

Ce sont eux qui décidèrent de l’édification du palais du Capitole. D’une belle facture classique, sa façade s’étire majestueusement sur 124 m de long. À l’intérieur, on peut visiter la fastueuse la Salle des Illustres. Longue de 64 m, inspirée de la Galerie Farnèse de Rome, elle est décorée de fresques relatant l’histoire de la ville, réalisées par une pléiade d’artistes toulousains dans le style typiquement « pompier » de la fin du XIXe siècle.

Sur le côté Est de la façade, l’entrée du Théâtre du Capitole, qui fut autour de 1900 un haut-lieu du bel canto, rivalisant avec la Scala de Milan, et qui aujourd’hui propose les créations les plus éclectiques : opéra, mais aussi théâtre, ballets et récitals…

Une grande croix occitane, emblème des Comtes de Toulouse avant de devenir celle de la ville et de la région, orne la Place du Capitole.

Cette place de 1,2 hectare, au pavement de granit rose, est le haut-lieu de la vie sociale toulousaine : marché, manifestations politiques, concerts et fêtes s’y succèdent continuellement.
Sa façade ouest est constituée d’une galerie ouverte en arcades. 29 fresques, copies d’œuvres exécutées par le peintre Raymond Moretti, ornent depuis 1997 le plafond de la galerie, racontant la saga des héros toulousains, depuis les Croisades des Comtes à Carlos Gardel, le mythique chanteur « argentin » de tango, mais natif de Toulouse.

Devant les Arcades s’étendent des terrasses de cafés et restaurants, dont le fameux Bibent, qui a conservé son décor en stuc Belle Époque, ce qui lui a valu d’être inscrit en 1978 à l’Inventaire des monuments historiques. Sur le côté ouest de la place, dans la proche rue de Romiguières, c’est cette fois le souvenir des pionniers de l’Aérospatiale que l’on vénère : à l’hôtel du Grand-Balcon où Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry avaient coutume de séjourner, leurs chambres ont été rénovées pour demeurer à jamais dans le décor des héroïques années 1920-1930.


Les hôtels particuliers, chefs-d’œuvre de la Renaissance

Quittant la place du Capitole, des visites organisées vous faciliteront la découverte de plusieurs beaux hôtels particuliers du XVIe siècle.

En ce siècle d’une florissante industrie locale du pastel, de nombreux et riches bourgeois construisirent ces splendides demeures surmontées de tours : Hôtels de Bernuy, de Séguy, du May, de Comère, Delpech et d’Astorg… autant de témoignages de l’amour toulousain pour les belles demeures, dont l’Hôtel d’Assézat est le plus somptueux exemple.
Chef-d’œuvre de la Renaissance, construit comme la cour carrée du Louvre selon le principe de superposition des trois ordres d’architecture dorique, ionique et corinthien, l’hôtel marie harmonieusement la polychromie de la pierre et de la brique rose. Restauré à la fin du XIXe par le banquier Théodore Ozenne, celui-ci le légua à la ville, à charge pour elle d’y loger les six Académies et Sociétés savantes de Toulouse, ce qui fut fait. Depuis 1995, l’Hôtel abrite aussi la Fondation Bemberg, musée riche en œuvres de la Renaissance et, surtout, d’un ensemble unique de 35 œuvres de Pierre Bonnard (1867-1947), peintre représentatif de l’École française moderne.


Les Jacobins, Saint-Sernin et Saint Étienne

À la richesse des demeures bourgeoises fait écho le patrimoine architectural religieux, dont Toulouse est aussi somptueusement dotée.

À trois rues du Capitole en descendant vers la Garonne, vous trouverez le couvent des Jacobins, maison-mère de cet ordre mendiant créé à Toulouse en 1215. Joyau de l’art gothique méridional, son église impressionne par l’élégance de ses puissants arcs brisés en surplomb, et par sa double nef, séparée par des colonnes de 22 mètres de hauteur d’où jaillissent des voûtes d’ogives portées à 28 mètres, célèbres aussi pour leur rayonnement en nervures.

Quelques rues plus loin, remontant vers le Nord, la Basilique Saint-Sernin, plus grande église romane conservée d’Occident, et inscrite depuis 1998 au Patrimoine mondial de l’Unesco. Construite à partir 1096 sur l’emplacement d’un monastère remontant au IXe siècle, elle abrite le sarcophage de son Saint, et est considérée comme un monument majeur de la foi chrétienne.

Au Sud-Est du Capitole, distante d’à peine 500 mètres environ, la Cathédrale Saint-Étienne est un autre haut-lieu toulousain. Construite sur plusieurs siècles (XIe - XVIIe), son architecture associe le gothique languedocien et français, et présente une décoration est extrêmement riche, avec ses vitraux, sa grande rose, ses tapisseries et ses 17 chapelles.


Une cité conviviale

Toulouse est aussi une ville très animée où festivals et manifestations de toutes sortes se succèdent au fil de l’année (voir la fiche pratique). Festivals, férias, salons et congrès y attirent plus de 1,5 million de visiteurs par an. Mais tout ce va-et-vient ne réussit pas à troubler la quiétude des faubourgs. Attachés à leur art de vivre, qui concilie avec allégresse la passion du rugby et du jazz, l’amour de la bonne table (cassoulet de Castelnaudary, saucisse de Toulouse) du bel canto et du cinéma – festivals Cinespaña et d’Amérique latine – les Toulousains sont de grands amoureux de leur ville. Comme on les comprend !

© Alfred Mignot 2005

***

Les trésors des Augustins

À mi-chemin de la cathédrale et du Capitole, l’ancien couvent et Musée des Augustins. Construit à partir de 1309 dans le style gothique méridional, il abrita les ermites jusqu’à la Révolution française. Celle-ci les chassa et en 1793 transforma le lieu en « Muséum Provisoire du Midi de la République ».

Devenu Musée des Augustins, ce bel endroit classé aux Monuments historiques présente des collections de peintures et sculptures, du début du Moyen-Age aux premières années du XXe siècle. Des œuvres du Pérugin, Rubens, Corot et Delacroix y côtoient des sculptures de Rodin, Claudel et Falguière, et le Musée possède une magnifique collection de chapiteaux romans, fonds unique qui fait sa fierté.

Musée des Augustins
21, rue de Metz
Tél. : 05 61 22 21 82
Ouvert tlj de 10h à 18h, sauf le mardi
Nocturne le mercredi jusqu’à 21h
Site : www.augustins.org


TOULOUSE INFORATIONS PRATIQUES

AVANT LEPART
Munissez-vous d’une forte dose de bonne humeur, car la ville rose aime la fête !

SE RENDRE À TOULOUSE
En avion.
Toulouse est reliée à Paris par la navette horaire d’Air France. L’aéroport International de Toulouse-Blagnac propose 14 vols réguliers nationaux et 24 vols réguliers internationaux et reçoit 5 millions de passagers par an. Départ toutes les 20 minutes de la navette aéroport-centre ville, qu’elle rejoint en 15 minutes. En taxi, comptez environ 20 € le jour, 25 € la nuit.

En voiture. Plusieurs autoroutes desservent Toulouse : A 62 Bordeaux-Paris, A 64 de Pau-Bayonne, A 68 vers Albi et A 61 vers Carcassonne, Montpellier, Lyon, Barcelone. Toulouse se trouve à 730 km de Paris, 393 km de Barcelone, 819 km de Madrid.

En train.La Gare SNCF Natadieu se trouve en plein centre-ville et dispose d’une station de métro. Les lignes combinées TGV (jusqu’à Bordeaux) et Corail relient Paris-Montparnasse à Toulouse en 5 h 30.

SEPLACER À TOULOUSE
En voiture. La ville compte 17 parkings totalisant 9 000 places. Trois parkings gratuits sont à disposition aux stations de métro Jolimont, Arènes, Basso-Cambo. Tous les 1er dimanche du mois, le cœur historique de Toulouse est fermé à la circulation.

En métro. Le métro poursuit son implantation. Actuellement, la ligne A fonctionne de Balma/Gramont à Basso-Cambo et comprend 15 stations. La ligne B, reliant Borderouge à Ramonville, a été ouverte fin 2006. Intégrée au réseau urbain, la ligne C (desserte SNCF d’Arènes-Colomiers) est composée de 6 stations. Un même titre de transport permet d’accéder aux bus, au métro et à la ligne C.

En bus. Pas moins de 54 lignes de bus traversent Toulouse. Les taxibus relient les petites communes rurales au réseau de transport toulousain.

USAGES
Les musées sont ouverts gratuitement le premier dimanche de chaque mois.


LES GRANDS RENDEZ-VOUS TOULOUSAINS

Toulouse accueille chaque année une très riche palette de festivals, pour petits et grands. En voici un aperçu :

- février : Théâtres d’Hivers, Cap’Danse, ¡ Mira !, Air & Espace ;
- mars – avril : Rencontre des Cinémas d’Amérique Latine (ARCALT) ;
- mai : Le Printemps du Rire ; Marathon des Mots ;
- juin : Grand Fénétra, Festival International du Théâtre d’Enfants, Rio Loco ! ;
- juillet : Racines, Les Sièstes Electroniques, Toulouse d’Eté ;
- septembre : Piano aux Jacobins, Le Printemps de Septembre, Occitania ;
- octobre Cinespaña, Toulouse Les Orgues ; Spectacles Jeune Public :"1,2,3... - novembre : Marionnettissimo.


QUE RAPPORTER DE TOULOUSE ?

Pourquoi pas une fusée Ariane 5… ou en tout cas sa maquette en modèle réduit, au 1/250e, que vous trouverez à la boutique de la Cité de l’Espace, tout comme le nounours cosmonaute à la combinaison argentée !

Ouverte depuis 1997 sur un grand terrain de 3,5 hectares situé dans Toulouse intra muros (av. Jean Gonord), La Cité de l’Espace dispose d’un planétarium de 140 places, avec la réplique d’une cabine de contrôle où l’on peut simuler le lancement d’une fusée, et la mise sur orbite d’un satellite. Des expositions et des conférences y sont organisées, et une fusée Ariane 5, en grandeur réelle (55 m de haut) se dresse dans le parc, symbole de la Toulouse contemporaine. Les horaires d’ouverture sont variables selon les saisons, renseignez-vous sur le site : www.cite-espace.com


ADRESSES UTILES

Hôtel de ville
Place du Capitole
31000 Toulouse
Tél. : 05 61 22 29 22
Site : www.mairie-toulouse.fr

Conseil Régional Midi-Pyrénées
22, boulevard du Maréchal-Juin
31406 Toulouse Cedex 04
Tél. : 05 61 33 50 50
Site : www.midipyrenees.fr

Office du Tourisme
B.P. 0801
31080 Toulouse Cedex
Tel. : 05 61 11 02 22
Site : www.ot-toulouse.fr
Courriel : infos@ot-toulouse.fr

Aéroport de Toulouse-Blagnac
Tél. : 05 61 42 44 00
Site : www.toulouse.aeroport.fr

CCI de Toulouse
2, rue Alsace-Lorraine
BP 10202
31002 Toulouse Cedex 6
Tél. : 05 61 33 65 00
Site : www.toulouse.cci.fr

Midi-Pyrénées Expansion

1 place Alphonse Jourdain
BP 841
31015 TOULOUSE Cedex 6
Tél. : 05.61.12.57.12
Courriel : mpe@midipyr.com


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