Thierry EKOUTI, organisateur de l’Économie Business Summit de Paris : « Pour transformer le potentiel de l’Afrique en prospérité durable, mettons en lumière ceux qui créent de la valeur ! »
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Par Denis DESCHAMPS, pour AFRICAPRESSE.Paris
@DjuliusD @africa_presse
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L’Economie Business Summit (EBS) s’est traduit par de nombreux échanges sur les différentes thématiques traitées pendant les trois jours de cette quatrième édition organisée à l’Hôtel Melia Paris – La Défense, par le média l’Économie International, avec le soutien de notamment : Contacturer Capital, Harvest Asset Management, Elite Capital Group, Commercial Bank, New Deal Founders, le Port autonome de Kribi…
Comme l’a souligné son organisateur, Thierry Ekouti, lors du lancement de l’EBS : « Au-delà des chiffres, ce sommet est un espace de dialogue structuré entre secteur privé, institutions et diasporas, seule alliance capable de transformer le potentiel africain en prospérité durable ».
Parmi les sujets examinés dans le cadre de l’EBS, il y avait celui relatif à la « souveraineté monétaire et l’inclusion économique résiliente : stabilité financière et croissance durable », qui a fait intervenir plusieurs experts éminents venus du continent et de France dans une table-ronde suivie par de nombreux participants.
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La stabilité monétaire au service
du développement inclusif et durable
La question de la stabilité monétaire est absolument centrale pour la croissance et la souveraineté de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale). Comme l’a souligné Habib Doutoum Mahamat Nassour, directeur central à la BEAC (Banque des États d’Afrique centrale), la stabilité des prix est en effet ce qui permet la croissance économique (estimée à +3,25 % en 2025) de la sous-région, avec une inflation qui est ainsi maintenue à moins de 3 % et des réserves de change qui restent à un niveau satisfaisant.
Aussi, dans le cadre de son mandat, la BEAC s’emploie à mettre en œuvre en Afrique centrale des réformes marquées par l’innovation, comme la mise en place de paiements instantanés – possibles à partir de n’importe quel poste –, de moyens de paiement interopérables en 2026 – envoi d’argent en « mobile money », grâce à un QR code, quel que soit le lieu de résidence – ou de la future monnaie électronique (« e-CFA ») des banques centrales de la sous-région.
En lien avec la Commission bancaire pour l’Afrique centrale, la BEAC s’attache également à organiser la mise en place de « stable coins » correspondant à sa préoccupation absolue de sécurisation et de protection des consommateurs.
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La résilience, dimension essentielle
de la stratégie économique pour la CEMAC
La politique monétaire menée en Afrique centrale est caractérisée par la volonté des autorités de contribuer à une intégration financière durable, prenant aussi en compte les risques climatiques et environnementaux, et sans négliger par ailleurs les tensions politiques et géopolitiques qui agitent aujourd’hui le monde et le continent africain.
Au nombre de ces sujets de tensions pour le continent, Imen Chaanbi, en tant qu’experte en géostratégie, a évoqué le développement des corridors stratégiques (routes, ports, aéroports) et les dépendances qui ont été progressivement créées par rapport aux grandes puissances qui se disent « partenaires » de l’Afrique.
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Alors que l’Afrique devrait avoir les moyens d’être l’architecte de son propre avenir – en adoptant une stratégie de résilience (par exemple, avec le développement du commerce intra-africain) permettant notamment d’augmenter sa capacité à absorber les chocs externes (par exemple, augmentation du cours du blé en raison de la guerre en Ukraine, ou encore des engrais, du fait du blocage du détroit d’Ormuz) –, sa souveraineté économique est encore largement mise à mal par plusieurs puissances :
– La Chine, dont les accords souvent opaques conclus avec des États africains entraînent un endettement de ces États et, par voie de conséquence, un risque important de perte de leur souveraineté ;
- La Russie, dont la politique de « coopération » reste fondée sur un échange entre sa garantie de sécurité (avec le recours à Wagner/Africa Corps) et l’assurance d’un libre accès à des ressources minières qui sont directement exportées en Russie ;
- Les pays du Golfe, qui interviennent via leurs fonds souverains pour faire de l’Afrique leur grenier extérieur, mais qui placent en même temps le continent sous une forme de dépendance financière et également cultuelle ;
- L’Europe, dont les normes imposées à l’Afrique empêchent les produits issus du continent d’accéder à ses marchés.
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L’impératif de l’éducation financière
pour les opérateurs économiques
Selon la Banque africaine de développement (BAD), le continent africain compte plus de 4 000 milliards de dollars de ressources domestiques, qu’il convient de réorienter vers des projets structurants et des infrastructures propices à assurer sa croissance.
Outre le fait que l’Afrique doit veiller à développer ses propres normes et aussi à imposer aux entreprises étrangères qui sont sur son sol de souscrire à un « local content » bénéficiant à sa population, il faut ainsi développer des instruments financiers pouvant capter l’épargne domestique pour les orienter vers des infrastructures.
Comme l’a évoqué Loïc Makosso pour ARIES Investment, des instruments financiers adéquats doivent être mis en place, avec une politique monétaire qui autorise effectivement les flux de capitaux. Les ressources de la diaspora semblent en effet une cible véritable, qu’il faut attirer vers des investissements productifs plutôt que sur des biens de consommation, en prévoyant la possibilité pour les investisseurs de récupérer leurs dividendes.
Par ailleurs, l’Afrique doit aussi veiller à appuyer le développement d’entreprises de grande taille, en renforçant l’éducation financière de ses entrepreneurs, moyennant une meilleure compréhension des sujets techniques, grâce à une plus grande fluidité de l’information financière, rendue plus accessible, moins asymétrique, et à la formation.
La BEAC, en lien avec la COSUMAF, a ainsi développé une plateforme numérique ayant pour objet de dispenser une meilleure éducation financière, moyennant la diffusion de vidéos en ligne. Comme cela a été affirmé par tous les intervenants, les acteurs qui sont en Afrique centrale doivent s’impliquer pour assurer une plus grande convergence des connaissances des agents économiques, qui ont besoin de mieux comprendre les mécanismes financiers et aussi de mieux maîtriser les instruments qui sont disponibles.
À cet égard, le représentant de la BEAC a évoqué notamment le développement des banques électroniques (suivant les règles édictées par la COBAC – Commission bancaire d’Afrique centrale) et la constitution d’une centrale des risques bancaires (soit une base de données unique pour l’Afrique centrale) qui offre une information sur le niveau d’engagement des débiteurs aux banques commerciales positionnées sur le marché du crédit.
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La souveraineté monétaire
au bénéfice du continent
Il y a inévitablement des disparités entre particuliers dans la possession de comptes financiers, mais la garantie de la monnaie assurée par la BEAC contribue à l’inclusion financière, que la digitalisation des services financiers et la modernisation des moyens de paiement peuvent encore développer.
Mais aussi il convient par ailleurs de renforcer notablement la coopération entre les pays du Sud du Sahara pour :
- Transformer les ressources naturelles du continent en moteur d’autonomie stratégique ; ce qui passe par une révision des accords passés avec les « partenaires » et un réel transfert de savoir-faire vers des compétences locales, pour avoir en définitive une plus grande part de l’industrie nationale impliquée dans la production ;
- Développer une véritable industrie locale (par exemple, dans le domaine du raffinage du pétrole), ce qui passe par la formation des jeunes et la transformation des chaînes de valeur ;
- Se servir de la ZLECAf comme levier de résilience collective, grâce à la création d’un marché unique de biens et de services, passant par la création de corridors logistiques et l’abaissement des barrières douanières.
Aussi, il est important d’accélérer le capital-risque pour le mettre au service de la fluidité et de l’innovation, en particulier dans le cadre commun constitué en Afrique subsaharienne francophone par la zone de droit OHADA. Enfin, comme cela a été dit par Olivier Luc YEBGA pour Newdeal Founders, pourquoi ne pas envisager de constituer un Bloomberg africain pour l’information financière des opérateurs économiques du continent ?
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Les enjeux financiers des diasporas
Les transferts entre l’Afrique centrale et les pays extérieurs à cette zone CEMAC peuvent se faire en fonction de la réglementation des changes édictée par la COBAC (Commission bancaire d’Afrique centrale), avec la condition nécessaire d’une information préalable à l’investissement opéré. L’opérateur AFREXIMBANK a ainsi fait une annonce préalable à son projet d’investissement dans des titres publics en Afrique centrale pour pouvoir ensuite rapatrier ses gains.
Par rapport à la diaspora, dont le montant de transferts se monte à 100 milliards de dollars en 2025, il est possible d’émettre des bons spécifiques, avec des transferts se faisant au travers du réseau des banques, via SWIFT (entre banques et sociétés de gestion d’actifs), pour pouvoir notamment favoriser des investissements productifs, se traduisant par la création d’emplois et de richesses
Enfin, le développement des Fintechs devrait permettre l’émergence de nouveaux opérateurs que la BEAC tient cependant à bien contrôler et maîtriser, grâce à une réglementation appropriée. Mais aussi la diaspora doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement spécifique valorisant les opportunités pouvant être développées en Afrique, avec une information de qualité et efficace sur les investissements productifs bénéficiant de facilités fiscales et douanières.
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VOIR et REVOIR LE REPLAY INTÉGRAL DE NOTRE XXIIe CONFÉRENCE
DES AMBASSADEURS DE PARIS (CAP 22) :
https://youtu.be/C7cr9uTRl-A?si=CVsamwfk8kUJ1V3X
Interventions de SEM Baye Moctar DIOP,
AMBASSADER DU SÉNÉGAL À PARIS :
À partir de 04’50’’ et de 01h 52’37’’
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