Sountou BOUSSO, CEO de Lagardère Afrique Travel & Retail : « Nous sommes aussi venus au PRICE pour recruter de jeunes talents au sein de la diaspora »
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Propos recueillis par Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse
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APP – Quelles sont aujourd’hui vos fonctions dans le groupe Lagardère ?
Sountou BOUSSO – Je suis le CEO Afrique de Lagardère Travel Retail, qui est un acteur du commerce en zone de voyage. Nous sommes aujourd’hui présent en Afrique sur huit pays qui vont du Sénégal jusqu’en Tanzanie, en passant par la Gambie, la Mauritanie, le Gabon, le Bénin, le Cameroun et le Rwanda. Ceci nous donne une primauté auprès des aéroports africains et je dirige une équipe 100 % africaine qui mène les opérations de cette grande société dans ces huit pays et j’en suis particulièrement fier.
APP – Quelles sont les grandes étapes de votre carrière si originale ?
Sountou BOUSSO – Avant d’occuper ce poste, j’ai été étudiant en France dans une école d’ingénieur à Brest qui m’a formé à savoir chercher, ce qui est très important, et éventuellement trouver des solutions. J’ai également fait HEC à Paris, ce qui m’a permis d’avoir une ouverture un peu plus large. Au sortir de mes études, j’ai tout d’abord travaillé pour l’administration française au lieu de partir dans le privé, où j’aurais pu gagner beaucoup plus. Je l’ai fait par devoir.
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« J’ai voulu redonner à la France
un peu de ce que j’avais reçu »
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APP – Par devoir, c’est-à-dire ?
Sountou BOUSSO – Je l’ai fait par devoir car j’avais envie et j’ai voulu redonner à la France un peu de ce que j’avais reçu. Dans un premier temps, j’ai ainsi travaillé trois ans à la mairie de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), puis un an au Centre hospitalier de Versailles (Yvelines). Cela m’a donné une connaissance assez approfondie de l’administration française, qui est assez particulière, et m’a forgé à une certaine agilité de management. Car manager des fonctionnaires territoriaux ou hospitaliers ne se fait pas de la même manière. Je suis très reconnaissant à la France pour cette belle et utile expérience.
APP – Puis vous rentrez en Afrique, mais curieusement pas au Sénégal... Dans quel pays ?
Sountou BOUSSO – Après les élections présidentielles de 2012 et l’élection de François Hollande, je décide pour de multiples raisons personnelles de partir de France et de rentrer en Afrique où j’ai alors de multiples opportunités. Une entreprise française, Newrest, me propose au choix plusieurs postes dans le Golfe, aux États-Unis ou en Afrique. Je choisis l’Afrique où j’arrive dans un pays que je ne connais pas et dont je ne parle pas la langue : l’Angola. C’est pour moi un véritable challenge, mais je suis en Afrique. Newrest me fait confiance et me nomme directeur des opérations avec un engagement clair : si je réussis à ce poste, je serai directeur général dans deux ans… et je suis en fait devenu DG au bout de dix mois, à 28 ans.
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« Au Sénégal, nous valorisons
d’abord les entreprises locales »
d’abord les entreprises locales »
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APP – En Afrique, ce fut donc un début de carrière plus que prometteur...
Sountou BOUSSO – Je suis resté quatre ans à ce poste avant d’être muté en Nouvelle Calédonie, à l’autre bout du monde. C’est là que j’ai ressenti ce que l’on dénomme chez nous l’« appel du cordon ombilical ». Newrest a très vite compris que l’Afrique me manquait et m’a demandé en 2018 de partir m’installer au Sénégal pour y établir la société.
Mais dès 2020 arrive le Covid et cela va tout changer. Les décisions sont parfois prises à la va-vite, par sécurité, par peur. Newrest, qui prend alors la bonne décision de mettre la société sous cloche au Sénégal, me demande en revanche de revenir travailler en France, à Toulouse. Mais Toulouse, ce n’est pas l’Afrique et je décide alors de rester au Sénégal, car je crois en ma bonne étoile, même si je me retrouve sans emploi... Je quitte Newrest, mais trois jours plus tard un consultant m’appelle et, une semaine après, le « deal » est fait : Lagardère me nomme PDG du Sénégal et du Gabon. Et j’ai ouvert depuis nos six autres pays. C’est ainsi que nous sommes aujourd’hui présents dans huit pays et quatorze aéroports.
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APP – Et, maintenant, où êtes-vous basé ?
Sountou BOUSSO – Comme notre siège en Afrique, je suis basé à Dakar et je rayonne sur ces huit pays. Notre activité qui est d’ouvrir des boutiques de duty free, de restauration et de travel exchange nous permet de proposer des solutions extraordinaires aux opérateurs aéroportuaires et aux différents pays pour qu’ils soient les « premiers de la classe » avec un niveau d’excellence opérationnelle qui n’est pas lié à la taille du pays ou de l’aéroport. À partir du moment où nous posons notre marque, elle se retrouve partout avec les mêmes standards internationaux, comme si nous étions à Roissy-Charles de Gaulle ou à New York.
APP – Comment faites-vous pour toujours essayer de trouver des solutions directes ?
Sountou BOUSSO – Je vous donne un exemple concret lors de ce Forum. Interpellé, lors du panel auquel je participais, par un compatriote de la diaspora sénégalaise, Doudou Tamba ( https://share.google/aempOLU4zvPsmgKar ) qui est à l’origine de la belle réalisation d’un produit anti-moustique efficace, mais qui a du mal à s’implanter au Sénégal, je me suis engagé – s’il faisait rapidement la demande nécessaire en ce sens – à ce que son produit soit présenté, mis en vente et disponible dans l’ensemble de nos boutiques en duty free.
Nous sommes, en effet, une entreprise qui valorisons et mettons en avant les entreprises locales, une société où nous accordons beaucoup d’attention aux talents locaux, à l’innovation et à la créativité locale.
Même s’il est basé en France, Doudou Tamba reste sénégalais et sa fierté reviendra toujours au Sénégal. Il a conçu un produit pharmaceutique reconnu contre le paludisme, et que l’on utilise tous. Car ce produit présente un certain nombre de qualités que l’on retrouve de manière tracée et certifiée. Je lui fais donc confiance : pourquoi n’aurait-il pas sa place chez nous ? Quand vous atterrissez à Dakar, vous le retrouvez donc bientôt dans nos boutiques duty free de l’aéroport.
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« Nous leur offrons l’opportunité
de revenir travailler au pays »
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APP – À l’aéroport de Dakar, précisément, combien avez-vous de boutiques ?
Sountou BOUSSO – Nous avons huit boutiques : quatre en distribution (Retail) et quatre en restauration. Notre marque Aelia Duty Free rivalise aujourd’hui avec les plus grandes enseignes mondiales. Car on y retrouve les mêmes standards internationaux, mais en plus on y retrouve toute la fierté sénégalaise « Autour du baobab », dont nous avons fait une marque.
Notre boutique Case Bi rassemble, quant à elle, tout ce que l’artisanat sénégalais fait de mieux ; boubous, accessoires, sacs, cuir, etc. C’est une fierté pour nous de permettre aux voyageurs sur le départ de ramener chez eux ce qu’il y a plus de beau et original au Sénégal.
APP – Un dernier mot sur ce Forum : a-t-il répondu à toutes vos attentes ?
Sountou BOUSSO – J’ai été ravi d’avoir été invité par l’ambassadeur du Sénégal en France qui est à l’initiative de ce Forum et a eu la lumière qu’une entreprise comme nous puisse y avoir sa place, et nous y avons effectivement toute notre place. Ce stand que nous avons pris, nous le tenons pour faire connaître à la diaspora sénégalaise, et à la diaspora africaine de manière plus large, ce que nous faisons, mais aussi parce que nous avons des disponibilités de recrutement. Nous recrutons systématiquement des talents en son sein.
Les talents que nous recrutons sont africains et s’ils veulent rentrer au pays, ou en Afrique en général, parce qu’ils ont quelque chose à vendre en termes de talents, nous leur proposons et offrons naturellement cette opportunité de revenir travailler au pays dans un environnement totalement sain et maîtrisé sur des standards internationaux.
J’ai reçu, ici à Paris, un certain nombre de CV que je vais mettre entre les mains de notre Directeur des ressources humaines (DRH) qui regardera cela très attentivement. D’autant plus que je ne recherche pas que des Sénégalais puisque nous sommes implantés dans huit pays du Continent.
Ce Forum fut donc une très bonne idée et cette première édition une véritable réussite. Merci à tous.
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La XXIIe Conférence des Ambassadeurs de Paris (CAP 22)
se tiendra en deuxième quinzaine du mois de mai
Thème : Focus sur les atouts économiques de la Tunisie
Avec la participation confirmée de Son Excellence
M. Dhia KHALED, Ambassadeur de la Tunisie en France
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Plus d’informations prochainement.
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