Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

Soufyane Frimousse (Chercheur associé EBS Paris) : « Quand l’Afrique s’éveillera… le management tremblera ! »

4 avril 2020
Soufyane Frimousse, Docteur en Sciences de Gestion, Maître de conférences (IAE de Corse, UMR LISA), Chercheur associé Chaire Changement, ESSEC Business School Paris. © DR
Publié sous le titre évocateur « Quand l’Afrique s’éveillera… le management tremblera ! » dans la Revue des sciences de gestion, l’article de l’universitaire Soufyane Frimousse* suggère qu’à considérer les nouveaux écosystèmes entrepreneuriaux émergeant en Afrique, « le continent africain est peut-être le laboratoire du monde de demain ». Arguments.

.

Alfred MIGNOT, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@alfredmignot | @PresseAfrica

.

L’article évoque d’abord l’obsolescence déjà maintes fois constatée des systèmes de management traditionnels des entreprises pyramidales qui « maintiennent et fabriquent du conformisme ».

Ce modèle est désormais mis à mal par la fulgurante réussite « de sociétés innovantes au management singulier brisant la doxa, [qui] sont ainsi devenues des géants de l’économie mondiale », souligne Soufyane Frimousse, avant d’évoquer ces hyper-champions globaux relevant en majorité de l’économie numérique : les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui « valent 1 740 milliards de dollars en vingt-trois ans d’existence ; les NATU (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber) [qui] en sont à 140 milliards de dollars en quatorze ans ; les BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), à 460 milliards de dollars en quatorze ans. »

« Il semble difficile de déconnecter l’obtention de tels résultats des environnements organisationnels qu’elles mettent en place et la manière dont elles pensent le travail », commente le Chercheur associé à la Chaire Changement de l’ESSEC Business School Paris.

En effet, les approches managériales de toutes ces entreprises « ont en commun le partage du pouvoir, la responsabilisation, l’amélioration continue, l’autonomie de décision, la reconnaissance personnelle et collective, l’agilité, les comportements innovants, le droit à l’erreur et la qualité des relations interpersonnelles », relève-t-il.

« L’ère de l’Afrique est probablement venue… »

Dans ce contexte, « si l’on observe les caractéristiques de la révolution numérique et ses conséquences sur les structures et les cultures organisationnelles, il est facile de comprendre pourquoi l’ère de l’Afrique est probablement venue. [Avec] une population de plus en plus jeune, de plus en en plus urbanisée, dans des villes de plus en plus grandes et des demandes de plus en plus urgentes en termes d’emploi, de santé, d’éducation... L’Afrique va devoir inventer pour s’insérer dans un ordre mondial lui-même en total bouleversement », écrit l’auteur.

Considérant que « le continent africain est peut-être le laboratoire du monde de demain », Soufyane Frimousse détaille les très belles réussites d’entreprises novatrices africaines, notamment les « 4 M » : M-Kopa (installations solaires domestiques), M-Pesa (paiement via mobile) , M-Pedigree (système gratuit d’authentification de médicaments) et JuMia (services et la vente en ligne, première licorne africaine).

Ces licornes africaines présentent plusieurs traits communs, que Soufyane Frimousse énumère dans son article : la capacité à pallier les carences de leur écosystème (manques d’eau, d’électricité, etc.) ; l’aptitude à accomplir le fameux saut de grenouille (leapfrog) mais aussi la course du léopard, l’ingéniosité et l’innovation frugale, l’agilité, la co-construction, la capacité « à passer d’une logique de prédiction à une logique d’invention »… autant de mots-clés marqueurs d’un monde en mouvement, de l’intelligence écosystémique novatrice de l’Afrique.

Ces nouveaux modèles d’organisation, « induits et facilités par le développement du numérique (…) sont notamment fondés sur le partage d’information, le traitement des données et l’autonomie ».

Ainsi, au moment où l’Occident vieilli est souvent englué dans des systèmes de management pyramidal ayant atteint leur point d’obsolescence, Soufyane Frimousse argue que « La hiérarchie est un pilier de l’entreprise du XXe siècle. L’agilité l’est de l’entreprise du XXIe ! » – une agilité qui est précisément l’un des marqueurs des 4 M africaines.

◊ ◊ ◊

-  *Soufyane Frimousse est Docteur en Sciences de Gestion, Maître de conférences (IAE de Corse, UMR LISA), Chercheur associé Chaire Changement, ESSEC Business School Paris.

- Se procurer l’article intégral de Soufyane Frimousse sur CAIRN.INFO, site dédié aux sciences humaines et sociales francophones : « Quand l’Afrique s’éveillera… le management tremblera ! », in la Revue des sciences de gestion (n° 299-300, pages 125 à 132).

◊ ◊ ◊

SUR LE MÊME THÈME

- Innovations frugales, ethos, management… : 
comment l’Afrique devient le laboratoire du monde de demain, un ouvrage de Soufyane Frimousse

◊ ◊ ◊

.

>>> CLIQUEZ ICI et INSCRIVEZ-VOUS
pour recevoir gratuitement notre INFOLETTRE


◊ ◊ ◊

.

PRENEZ SOIN DE VOUS !
◊ ◊ ◊
Articles récents recommandés