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Sommet de Lomé, Togo
Le rapprochement CEDEAO-CEEAC plébiscité
par les députés (sondage IPSE)

31 juillet 2018
Photo de famille des chefs d’État à l’ouverture du 53e Sommet de la Cedeao, à Lomé (Togo), le 30 juillet 2018. © Présidence Togo
Révélé à l’occasion du Sommet de Lomé du 30 juillet, un sondage* piloté par l’IPSE (Institut de prospective et de sécurité en Europe) révèle que le rapprochement entre les deux communautés économiques fait l’objet d’un large consensus parmi les députés des quinze pays membres de la CEDEAO, ainsi que parmi ceux siégeant au sein de l’Assemblée parlementaire de la communauté. Riche d’enseignements, ce sondage met aussi notamment en exergue l’excellent accueil fait au Maroc, comme à la Mauritanie… en attendant la Tunisie.

L’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), laboratoire d’idées spécialisé sur les questions stratégiques et internationales eurafricaines, et l’institut de sondage « Opinions en région » ont souhaité profiter de la tenue du 53e Sommet ordinaire (Lomé, le 31 juillet) de la CEDEAO (Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest), pour interroger les députés des quinze Parlements des pays membres de la CEDEAO, ainsi que ceux siégeant au sein de l’Assemblée parlementaire de la CEDEAO.

L’étude menée par l’IPSE et Opinions en région visait à mieux comprendre les enjeux et défis de l’intégration régionale, sur le plan politique et économique, ainsi que de mieux prendre en compte leurs impacts sociétaux, et, de facto, les réponses qu’entendent y apporter les parlementaires ouest-africains.

« La libre circulation des biens et des personnes,
condition sine qua non du développement économique »

Selon Emmanuel Dupuy, Président de l’IPSE, « La création de la Zone de Libre-Échange du Continent (ZLEC) en mars dernier, mettant en exergue la nécessaire intégration économique intra-africaine, est venue confirmer que la libre circulation des biens et des personnes, principe fondateur de la création de la CEDEAO en 1975, était la condition sine qua non du développement économique harmonieux des États d’Afrique de l’Ouest.

Cette étude inédite entend ainsi apporter son éclairage quant à la réflexion récente liée à l’importance de la lutte contre les vulnérabilités à travers la résilience – bien que ne remettant nullement en cause la réponse sécuritaire traditionnelle – qu’exprime la mise en place du G5-Sahel, engageant concrètement et de manière pérenne les États de la bande sahélo-saharienne dans leur lutte conjointe contre les facteurs d’insécurité que sont le terrorisme et la criminalité organisée. »

Les 10 points clés à retenir de l’étude IPSE sur la CEDEAO

1/ La CEDEAO recueille 90 % d’opinions favorables. Elle a plutôt bien accompli sa mission depuis sa création en 1975. C’est une institution utile et profitable.



2/ La libre circulation des personnes et des biens est plébiscitée à 80 %.
C’est le grand acquis de l’organisation et cette réalité est utile à toute l’économie de l’Afrique de l’Ouest.



3/ La présidence togolaise 2017-2018 de la CEDEAO a fait du bon travail.

L’initiative du Président Faure Gnassingbé d’un Sommet commun avec le CEEAC recueille la note de 7,9 sur 10 !



4/ Pour le Maroc, la porte est désormais grande ouverte.

Le Royaume est attendu et il a les bonnes clefs. Son adhésion va changer la donne économique de la CEDEAO au bénéfice de tous.



5/ La Mauritanie, dont le retour est salué par 63 % des répondants, va pouvoir à nouveau participer à l’aventure ouest-africaine et apporter sa pierre à l’édifice. C’est un retour précieux et utile, notamment au plan sécuritaire.



6/ La Tunisie pourra « observer » de près les travaux et le fonctionnement de l’organisation ouest-africaine. C’est sans doute une première marche vers son intégration… dans quelques années.



7/ L’Algérie reste, en revanche, tenue à distance et en observation sans pouvoir espérer dans l’immédiat le statut d’observateur. Elle n’en avait, du reste, pas fait la demande officielle.



8/ La CEDEAO doit améliorer et harmoniser sa coopération avec toutes les autres organisations sous-régionales. C’est une impérieuse nécessité.



9/ La coopération entre la Commission et le Parlement de la CEDEAO, qui siègent l’un et l’autre à Abuja (Nigeria) ne peut que s’améliorer. Il s’agit de mieux se comprendre et de se faire confiance.



10/ Une monnaie unique de l’espace CEDEAO, même si elle fait rêver 54 % des répondants, est encore loin d’être une réalité. On ne lui fait pas totalement crédit.

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*MÉTHODOLOGIE DU SONDAGE
Le questionnaire a été adressé par mail ou par le biais des sites internet des assemblées à 1 783 députés des pays membres de la CEDEAO.
Ils ont pu répondre au questionnaire sur une plateforme auto-administrée et sécurisée du 15 juin au 18 juillet 2018.
L’enquête a recueilli un taux de réponses de 20 %. C’est un taux de réponse satisfaisant et significatif eu égard à la spécificité du fichier et de l’échantillon.
La présentation des résultats globaux pour l’ensemble des répondants a été préférée à celle pays par pays d’appartenance du répondant, car elle est statiquement plus cohérente.

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