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Saïd Ali HOUDAIDJY / Macky SALL à l’ONU : une ambition africaine face aux équilibres mondiaux

20 avril 2026
Saïd Ali HOUDAIDJY / Macky SALL à l'ONU : une ambition africaine face aux équilibres mondiaux
Saïd Ali HOUDAIDJY - Photo © DR
Macky Sall, l’ancien Président du Sénégal, ne manque pas d’atouts dans sa course au poste de Secrétaire général de l’ONU, mais présente aussi un gros point faible : son propre pays ne le soutient pas, pas plus que l’Union africaine… Son élection permettrait pourtant à l’Afrique de renforcer son influence sur la scène mondiale. Analyse.

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Une contribution de Saïd Ali HOUDAIDJY
Juriste Publiciste et Internationaliste
(Paris – France)

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Depuis plusieurs mois, l’éventualité d’une candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Organisation des Nations unies suscitait de nombreuses spéculations. Évoquée dès la fin de son mandat présidentiel en avril 2024, cette hypothèse a désormais quitté le registre de la rumeur pour entrer dans celui des réalités diplomatiques : sa candidature a été officiellement déposée à New York le 2 mars 2026, en vue de succéder à António Guterres.

Il convient de rappeler que la désignation du Secrétaire général repose sur une recommandation préalable du Conseil de sécurité des Nations unies, avant d’être entérinée par l’Assemblée générale, conférant ainsi aux membres permanents un rôle déterminant, notamment en raison de leur droit de veto.

Le parcours de Macky Sall s’inscrit dans une trajectoire politique marquée par une progression méthodique et constante. De ses premières responsabilités locales jusqu’aux plus hautes fonctions de l’État sénégalais, il a successivement occupé des postes stratégiques : ministre des Mines, ministre de l’Intérieur, président de l’Assemblée nationale, Premier ministre avant d’accéder à la magistrature suprême qu’il a exercée de 2012 à 2024. Parallèlement à son ancrage national, son engagement sur la scène continentale et internationale s’est illustré notamment au travers de ses responsabilités au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union africaine.

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Un ex toujours actif
sur la scène internationale

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À l’issue de son mandat, dans un contexte de transition politique, il s’est retiré de la vie institutionnelle nationale, conformément à une pratique observée chez de nombreux anciens chefs d’État soucieux de ne pas entraver l’installation des nouvelles autorités. Installé au Maroc, il n’en demeure pas moins actif sur la scène internationale, multipliant les interventions dans des fora de haut niveau, en Afrique comme au Moyen-Orient, et participant à des initiatives diplomatiques où son expérience est régulièrement sollicitée.

Toutefois, au-delà de la légitimité que lui confère son parcours, la question centrale demeure celle des conditions politiques et diplomatiques susceptibles de soutenir une telle ambition.
L’accès au poste de Secrétaire général des Nations unies ne repose pas uniquement sur la stature personnelle du candidat, mais exige un ensemble d’appuis déterminants, tant au niveau régional qu’international.

À cet égard, si un soutien africain peut être envisagé, il ne saurait être pleinement effectif sans l’adhésion explicite de son pays d’origine. Or, le contexte politique sénégalais, marqué ces dernières années par de vives tensions entre le pouvoir en place et l’ancienne majorité, introduit une incertitude notable. L’arrivée au pouvoir du nouveau régime, porté notamment par Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, anciens opposants à Macky Sall, reconfigure les équilibres internes et interroge la nature du soutien que Dakar pourrait accorder à cette candidature.

Ainsi, sans céder à une lecture déterministe, il apparaît que l’avenir de cette ambition internationale demeure, en partie, tributaire des dynamiques politiques nationales. La capacité
de Macky Sall à fédérer, au-delà des clivages internes, constituera sans doute un élément déterminant dans la consolidation de sa crédibilité sur la scène multilatérale.

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Le Sénégal
sur la réserve

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À ce stade, le Sénégal observe une forme de réserve officielle quant à la candidature de Macky Sall. La question aurait récemment été évoquée en marge d’un sommet africain tenu à Addis-Abeba, sous l’égide de l’Union africaine. En l’absence du président Bassirou Diomaye Faye, représenté par son Premier ministre Ousmane Sonko, plusieurs chefs d’État auraient souhaité obtenir une position claire de Dakar. Faute de réponse immédiate, les échanges ont été différés, traduisant l’importance diplomatique de cette prise de position.

Car au-delà du cadre strictement national, cette candidature revêt une dimension continentale. Elle s’inscrit dans une aspiration plus large : celle de voir l’Afrique accéder à un rôle accru au sein de la gouvernance mondiale, notamment à la tête de l’Organisation des Nations unies. Dans un système international où les équilibres demeurent marqués par des héritages historiques, la représentation africaine reste limitée, en particulier au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, composé de cinq membres permanents disposant d’un droit de veto : États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie ainsi que de dix membres non permanents élus pour un mandat de deux ans, dont les décisions s’imposent à l’ensemble de la communauté internationale, notamment en matière de maintien de la paix et de sécurité internationale.

Cette situation alimente, de longue date, un débat récurrent sur la réforme de cette instance centrale, tant pour des raisons d’équité que d’efficacité. L’Afrique, continent pluriel par ses cultures, ses langues et ses trajectoires politiques, demeure paradoxalement l’un des principaux théâtres d’intervention des Nations unies, concentrant une part significative estimée à plus de 60 % des opérations de maintien de la paix autorisées par le Conseil de sécurité des Nations unies, sans pour autant disposer d’un poids institutionnel équivalent à cette implication.

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L’Afrique, toujours
sous-représentée à l’ONU

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Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall s’inscrit dans une continuité. Lorsqu’il était à la tête du Sénégal, il avait déjà défendu une vision ambitieuse de la gouvernance internationale, suggérant notamment qu’une représentation africaine au Conseil de sécurité pourrait utilement passer par l’attribution d’un siège et potentiellement d’un droit de veto à l’Union africaine elle-même. Une telle perspective, au-delà de sa portée symbolique, aurait vocation à renforcer l’intégration politique du continent et à structurer une position commune sur les grands enjeux internationaux.

Aujourd’hui, cette ambition trouve un écho auprès de plusieurs capitales africaines, comme en témoigne le soutien porté par le Burundi, assurant la présidence tournante de l’Union africaine.
Toutefois, une interrogation majeure subsiste : celle du positionnement officiel du Sénégal. Si aucun État n’est juridiquement tenu de soutenir la candidature d’un ancien chef d’État, l’appui du pays d’origine demeure, en pratique, un levier déterminant de crédibilité sur la scène internationale.

Il convient néanmoins d’aborder cette question avec mesure. L’évaluation du bilan d’un ancien dirigeant relève d’abord du jugement souverain de son peuple. Les dynamiques internes, les perceptions populaires comme les appréciations politiques, appartiennent exclusivement aux Sénégalais. En revanche, sur le plan international, d’autres considérations prévalent, notamment celles liées à l’intérêt collectif et à la représentation continentale.
Dès lors, l’enjeu dépasse les clivages partisans. Il interroge la capacité des acteurs politiques à se projeter au-delà des rivalités internes pour envisager une lecture plus large, à l’échelle du continent. Soutenir ou non cette candidature relève d’un choix souverain, qui engage les autorités sénégalaises : le président de la République, son gouvernement et, en dernier ressort, le peuple.
Quoi qu’il en soit, dans un monde marqué par la circulation accrue de l’information, les dynamiques politiques ne sauraient durablement se soustraire à l’examen public. À l’ère des nouvelles technologies, la mémoire collective s’inscrit dans le temps long, et la compréhension des événements finit toujours par s’affiner, au-delà des discours immédiats et des contingences politiques.

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Une opportunité pour l’Union
africaine de renforcer son influence

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Dans cette perspective, la compétition s’annonce particulièrement exigeante. La désignation du futur Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies obéit, de manière informelle, à une logique d’équilibre géographique, certains observateurs estimant qu’après le mandat de António Guterres, la fonction pourrait revenir à un candidat issu d’Amérique latine.

Cette hypothèse confère un poids particulier à des candidatures déjà affirmées, telles que celle de Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, de Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ou encore de Rebeca Grynspan du Costa Rica.

Face à ces profils, Macky Sall dispose néanmoins d’atouts significatifs. Son expérience au sommet de l’État sénégalais, conjuguée à ses responsabilités à la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union africaine, lui a permis de forger une image de dirigeant attaché au dialogue, à la médiation et à la stabilité régionale. Sur la scène internationale, notamment dans le monde arabe et en Europe, il a cultivé une diplomatie active, fondée sur le respect des équilibres et la recherche de compromis.

Son positionnement s’inscrit dans une adhésion constante aux principes fondamentaux du droit international : respect de la souveraineté des États, promotion du multilatéralisme et attachement aux normes issues de la coopération internationale. Cette orientation, qui privilégie la concertation à l’unilatéralisme, correspond à l’esprit même du système onusien.

Par ailleurs, certaines séquences de son mandat témoignent d’une volonté de s’inscrire dans une dynamique de justice internationale. À cet égard, le jugement de Hissène Habré au Sénégal, sous son autorité, demeure un précédent marquant sur le continent africain, illustrant une capacité à conjuguer souveraineté nationale et exigences universelles de justice.

Toutefois, au-delà de ces éléments favorables, une interrogation persiste : celle du soutien explicite du Sénégal à cette candidature. Un tel appui, bien que non obligatoire en droit, constituerait un signal politique déterminant, tant pour consolider la crédibilité du candidat que pour fédérer les soutiens régionaux.

Dans cette configuration, l’enjeu dépasse la seule trajectoire individuelle. Il engage également la capacité du continent africain à porter une voix unie au sein de la gouvernance mondiale. Une éventuelle accession de Macky Sall à la tête de l’Organisation des Nations unies représenterait, à cet égard, une opportunité pour l’Union africaine de renforcer son influence et de faire entendre, avec davantage de portée, les préoccupations et les aspirations du continent sur la scène internationale.

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Thème : Focus sur les atouts économiques de la Tunisie

Avec la participation confirmée de Son Excellence
M. Dhia KHALED, Ambassadeur de la Tunisie en France

Son Excellence Dhia KHALED, Ambassadeur de la Tunisie en France, durant son propos liminaire à l’ambassade de Tunisie, à l’occasion de la cérémonie des vœux de l’Alliance des Patronats francophones, le 22 janvier 2026. Photo © APF

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