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#RiseUpDiaspora Paris - Samira Ibrahim, journaliste RMC : « Il est temps de raconter nous-mêmes notre histoire d’Afrique ! »

26 janvier 2020
La journaliste de RMC Samira Ibrahim, durant son intervention. À sa gauche : Nadine Kouamouo, de TV5Monde ; Kevin Oualli, Cofondateur de Halchimy ; Malick Diawara, responsable éditorial du Point Afrique. © BF
Prendre de la hauteur pour tout remettre en perspective sans faire le procès trop facile de la colonisation, c’est le challenge réussi par la journaliste Samira Ibrahim lors de la deuxième table ronde de la Journée du Club Efficience qui abordait un thème bien délicat : « L’Afrique se mobilise pour réécrire son histoire ». Tout un programme. Compte-rendu.

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Par Bruno FANUCCHI, AfricaPresse.Paris
@PresseAfrica

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Journaliste et présentatrice télé bien connue en France puisqu’elle a travaillé successivement à France Ô, France 2 et maintenant à RMC, Samira Ibrahim est née à Beyrouth de père soudanais et de mère égyptienne. Après des études à la Sorbonne et à l’INALCO pour les langues orientales, cette journaliste de talent qui avoue « aimer aller à la rencontre des gens pour raconter leur histoire et leur parcours », a déjà une longue carrière. Mais sa diversité culturelle lui permet de prendre de la hauteur et de ne pas tomber dans les stéréotypes.

« Il est temps de raconter nous-mêmes notre histoire, l’histoire d’un continent dont les frontières ont été écrites au crayon et ont parfois séparé des peuples (…) Il est donc temps qu’on raconte nous-mêmes et autrement notre histoire d’Afrique. Car, ajoute-t-elle aussitôt, l’homme africain est pacifique et veut vivre paisiblement, mais ce n’est pas l’image que l’on en donne généralement ici ou dans les médias ».

« Tout le monde veut sa part d’Afrique »

« Nous autres Africains, nous sommes pudiques, observe-t-elle encore, et n’aimons pas trop parler de nos parcours et de nos réussites... mais les jeunes talents existent et se bousculent même sur le Continent. L’Afrique est à la mode, poursuit-elle, l’Afrique c’est chic. Avec la saison Afrique 2020 – dont a commencé à s’occuper avec talent la Sénégalaise N’Goné Fall –, tout le monde veut sa part d’Afrique, berceau de l’Humanité ».

Les Chinois, les Turcs, les Russes et beaucoup d’autres tentent désormais de se disputer les marchés, mais « grâce à vous », lance-t-elle à l’assistance, l’Afrique est au cœur de l’actualité et de nombreux projets utiles à son développement. Avant d’ajouter : « La diaspora aujourd’hui est forte et peut contribuer à changer le narratif » sur l’Afrique.
Et de citer à juste titre comme exemple « la belle réussite du styliste camerounais Imane Ayissi, premier designer africain à entrer dans le calendrier officiel de la Fashion Week Haute Couture », avec son superbe défilé « Akouma » organisé jeudi dernier à l’Hôtel Le Marois France-Amériques, au cœur du VIIIe arrondissement de Paris ! Car des actes valent parfois mieux que de longs discours.

Nadine Kouamouo est, elle aussi, très fière de ses origines. « Je suis un pur produit de l’éducation du Cameroun, où j’ai fait toute ma scolarité de l’école au lycée puis à l’ESSTIC, École Supérieure des Sciences et Techniques de la Communication de Yaoundé pour y apprendre le métier de journaliste. »
Chargée désormais du web et de l’acquisition des contenus à TV5 Monde, elle a ainsi retrouvé ses premières amours avec le monde de la presse, après avoir occupé plusieurs postes dans de grandes sociétés comme Danone.

La célèbre chaîne francophone a mis en place une nouvelle application efficace qui démultiplie son audience. « Les 15-35 ans sont notre cœur de cible, assure Nadine Kouamouo, tout comme la région de l’Afrique subsaharienne avec notamment un réservoir intéressant au Sénégal, au Cameroun, au Togo et au Bénin. Car, explique-t-elle en toute simplicité, « ce que les autres pensent de nous et qui est rarement à notre avantage, on finit par s’y habituer comme si cela devenait la vérité » alors que « l’on peut être nettement meilleur que ce que l’on nous a raconté et penser réellement que l’on peut être différent ».

« Je suis Antillais, bien sûr, mais
je me sens profondément Africain »

Si le regard de l’autre est, bien entendu, important, il ne faut cependant pas s’y arrêter toujours. Il faut parfois savoir tracer sa route et innover sans se soucier des qu’en-dira-t-on. C’est le message qu’essaie de faire passer auprès de ses frères et soeurs de la diaspora le jeune Kevin Oualli, originaire de la Guadeloupe et fier du parcours de sa mère qui participait sur la même tribune du Club Efficience à un précédent panel.

« Je suis Antillais, bien sûr, mais je me sens profondément Africain » car, nous autres les membres de cette grande communauté des afro-descendants, « nous sommes tous issus de cette Terre Mère » qu’est l’Afrique.
« J’ai fait un rêve » à l’instar de Martin Luther King, confie cet ingénieur en informatique qui a décidé d’écouter sa « petite voix intérieure » et de se lancer avec son frère Nicolas dans l’horlogerie, la conception et la fabrication de montres de luxe au design interchangable.
Cofondateur de Halchimy, il souligne la nécessité impérieuse pour lancer son entreprise et percer dans un milieu qui vous est au départ totalement étranger d’ « avoir cette âme de leader et, à vos côtés, des gens qui croient en vous, partagent les mêmes valeurs et ne s’arrêtent pas à votre couleur de peau ». Mais pour « rendre possible l’impossible en partant de rien », comme il dit, « il faut viser l’excellence ».

Voilà encore trois beaux parcours de réussite, à force de volonté et de travail, qui peuvent et doivent inspirer les nouvelles générations de la diaspora pour créer des vocations d’entrepreneurs décidés à changer le visage de l’Afrique et à entrer demain dans le fameux « Gotha Noir » des gens qui comptent, publié tous les deux ans par le Club Efficience !

À la table d’honneur, Élie Nkamgueu, Président du Club Efficience, en conversation avec SE l’ambassadrice Stéphanie Rivoal, Secrétaire générale du Sommet Afrique-France 2020 (#SAF2020) © AM/AP.P

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CLUB EFFICIENCE : https://club-efficience.com/fr/accueil/

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