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René TRABELSI, ministre tunisien du Tourisme : « Notre méthode de scanner en double les bagages est unique dans les aéroports internationaux »

18 février 2019
René Trabelsi, ministre tunisien du Tourisme, lors de sa participation au Forum économique franco-tunisien organisé par Business France au Sénat, à Paris le vendredi 15 février. © AM/AP.P
Participant au voyage officiel de la délégation gouvernementale tunisienne à Paris, sous la conduite du PM Youssef CHAHED, le ministre tunisien du Tourisme, René Trabelsi, nous a accordé cette entrevue impromptue à l’occasion du Forum économique franco-tunisien, organisé au Sénat par Business France. En toile de fond : la reprise avérée de l’attractivité de la destination touristique Tunisie, en France et ailleurs…

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Propos recueillis par Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@alfredmignot | @PresseAfrica

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Quelle est la part des touristes français sur la destination Tunisie, dont on sait qu’elle a augmenté de 18 % en 2018, atteignant 5,150 millions ?

René Trabelsi – En 2018, nous avons accueilli 800 000 touristes français, contre 570 000 en 2017. C’est une belle progression sur l’année précédente, prometteuse et encourageante… Mais ils étaient 1,4 million en 2010, avant la Révolution. Nous avons donc une forte marge de progression à reconquérir. Aussi, avec nos partenaires tour-opérateurs français, que j’ai rencontrés à Paris à l’occasion de ce déplacement avec le Chef du gouvernement Youssef Chahed, nous nous sommes assignés l’objectif d’attirer à court terme 1 million de touristes français, et si possible dès 2019.
C’est un objectif raisonnable, logique au vu de la progression de la destination Tunisie en France, en hausse de 25 % au 31 janvier.

Et sur vos autres marchés européens ?

René Trabelsi –Sur les autres marchés européens – belge, allemand… – on observe aussi une réelle embellie, ave une croissance supérieure, entre 25 % et 30 %.

Les recettes aussi sont en hausse, de 40 % ou 25 %, selon qu’on les considère en dinars ou en euros. Mais pourquoi cette double évaluation ? est-ce à cause de la dépréciation du dinar ?

René Trabelsi – On parle toujours des recettes à la fois en euros et en dinars tout simplement parce que le marché algérien est comptabilisé en dinars, ainsi que naturellement le marché intérieur tunisien. Et désormais nous l’évaluons aussi en dollars, car aujourd’hui le marché russe devient énorme en Tunisie, avec 630 000 visiteurs en 2018, et la plupart des tour-opérateurs russes travaillent en dollars.
Et il y a aussi le marché chinois, nouveau pour la Tunisie, qui fonctionne également en dollars.

La salle Clémenceau du Sénat français était archi-comble à l’occasion du Forum économique franco-tunisien, organisé le vendredi 15 février par Business France, et auquel participaient le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, ainsi que plusieurs ministres l’accompagnant. © AM/AP.P

Vous évoquez le « nouveau » tourisme chinois en Tunisie. Présente-t-il des caractéristiques particulières ?

René Trabelsi –Les Chinois sont attirés par le tourisme agricole. Ils adorent visiter les vignes, par exemple, tout comme en France… ou encore nos huileries.
Mais il s’agit surtout d’un tourisme culturel, sur nos sites archéologiques. C’est un point très important pour nous parce que ce marché est aussi attractif en hiver, en basse et moyenne saison. D’ailleurs, nous développons actuellement une politique d’incitation au tourisme en basse et en moyenne saisons, vu que la haute saison a toujours fonctionné en Tunisie.

Quel type d’action avez-vous engagé pour accélérer encore la reprise de l’attractivité touristique de la Tunisie ?

René Trabelsi –Nous déployons actuellement une campagne de nouveaux classements pour les hôtels, avec de nouvelles normes. Bien sûr pour rehausser la qualité, mais plus encore la sécurité. Aujourd’hui, la première chose à laquelle on veille quand on inspecte un hôtel, soit qu’il ait fait des travaux de rénovation, soit qu’il est nouveau et s’apprête à ouvrir, ce sont surtout les normes de sécurité. C’est très important pour nous, car notre clientèle européenne tient énormément à la sécurisation de tous les hôtels accueillant des touristes.

Ainsi nous travaillons en étroite collaboration avec la France, l’Angleterre et l’Allemagne sur les normes de sécurité, avec des caméras partout, de la surveillance et des postes de détection de métaux à l’entrée des hôtels.
La même exigence est mise en œuvre dans nos aéroports où les bagages passent par un premier scanner situé à l’extérieur de l’aéroport, puis par un autre à l’intérieur. Notre méthode de scanner en double les bagages est unique dans les aéroports internationaux.

Une question d’intérêt plus général, puisque vous êtes ici à Paris avec le chef de gouvernement… Les accords de Cotonou arrivent à échéance en 2020, et certaines entités françaises – par exemple le Medef Afrique ou encore l’Ipemed – préconisent fortement que les nouveaux accords fassent une part entière au partenariat avec les opérateurs du secteur privé. Ce thème est-il aussi d’actualité en Tunisie ?

René Trabelsi –Bien sûr, nous sommes à jour ! Comme vous le savez, aujourd’hui en Tunisie nous allons vers plus de secteur privé, où l’on observe de grandes réussites, ainsi que l’avancée des partenariats public-privé, les PPP. C’est très important, car beaucoup de Tunisiens réussissent très bien dans le privé, tandis que l’État supporte énormément de charges, avec aussi des entités en déficit, qu’il ne réussit pas à mieux gérer.
Notre gouvernement adhère à cette vision favorable à la montée en puissance du secteur privé.

Un mot sur votre ressenti, à l’occasion de ce voyage officiel en France, avec le chef du gouvernement Youssef Chahed ?

René Trabelsi – Oui ! Pour moi qui ai vécu trente-trois ans en France, j’ai été vraiment ému et très ravi de l’accueil qui nous a été réservé par l’État et le gouvernement français. Nous avons été reçus avec tous les honneurs par tous les responsables d’État, le Président Emmanuel Macron, le Premier ministre Édouard Philippe… et bien d’autres personnalités éminentes. Et vraiment, je pense que l’amitié entre la France et la Tunisie est très sincère, et irréversible !

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