Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

#RAFparis - Isabelle BÉBÉAR (Bpifrance) : « L’éducation en français dans le monde est une énorme force d’influence culturelle »

30 novembre 2019
De gauche à droite : Agnès Lopez Cruz, directrice générale de l’antenne de Dubaï et des Émirats de Business France, Isabelle Bébéar, directrice de l’International chez Bpifrance, Guilherme Spadinger, directeur général d’Euler Hermes SFAC Direct, Philippe Lesage, consultant senior en Nouvelles Affaires et Stratégie chez Airbus Défense et Espace et Dominique Brunin, directeur du Développement des Relations extérieures » à la Chambre de commerce franco-arabe. © JLA
La possibilité d’utiliser le français, c’est une clef importante de réussite dans la stratégie des entreprises à l’international. Pourtant, la francophonie économique manque de « corps et de chair » et il faut lui donner un « nouvel élan » d’ici la célébration du 50e anniversaire de la création du Secrétariat général de la Francophonie en décembre 2020, comme l’a annoncé Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors des Rencontres d’affaires francophones & internationales, organisées jeudi 28 novembre à Paris par Mission internationale. Mais sans attendre, il faudrait éviter de désinvestir dans « dans l’internationalisation portée par les lycées français à l’étranger ou des institutions comme Business France », comme en ont témoigné plusieurs experts.

.

Jean-Louis Alcaïde, AfricaPresse.Paris
@jlalcaide1 | @PresseAfrica

« Il faut reconnaître que bien se comprendre, partager la même langue, ça aide quand même bien à avancer dans les affaires ! », confiait l’un des 400 participants aux 2es Rencontres d’affaires francophones & internationales, avant même que ne s’enchaînent les débats et ateliers prévus au cours de ce forum, organisé jeudi 28 novembre au Marriott Rive Gauche, à Paris, par Mission Internationale. Pour David Kassar, le président de cette organisation, premier réseau social professionnel qui met en relation des experts et des entreprises pour des missions à travers le monde, le doute n’est d’ailleurs pas de mise : «  La francophonie, a-t-il lancé, c’est une porte d’entrée vers l’international pour de nombreux patrons de PME qui ne parlent pas ou mal l’anglais. Elle permet de créer de la confiance  »…

« La francophonie, une arme de construction massive ! »

Une vision largement partagée par l’ensemble des intervenants : « A l’international, la première grande difficulté, c’est d’éviter les malentendus issus des différences culturelles, la deuxième c’est la langue », a pointé Philippe Lesage, consultant senior en Nouvelles Affaires et Stratégie chez Airbus Défense et Espace. « La francophonie, c’est une clef de réussite pour entrer dans la culture des autres pays, créer une proximité et fluidifier les relations, surtout pour les primo-exportateurs », a souligné Clara Wormser, responsable des Relations internationales de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF).
Et pas seulement pour aller faire des affaires en Belgique ou en Suisse, mais aussi en Amérique du Nord avec le Québec, en Asie (Vietnam, Laos) et même en Inde, avec Pondichéry. Bref, comme l’a résumé Agnès Lopez Cruz, directrice générale de l’antenne de Dubaï et des Émirats de Business France : « La francophonie, c’est une arme de construction massive ! ».

Pas encore à l’échelle

Pour autant, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes francophones. « La francophonie économique est indispensable, mais elle n’est pas encore à l’échelle, a affirmé Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Nous n’avons pas réussi à donner assez de corps et de chair à un concept de mise en réseau pour pouvoir aller ensemble (à l’international, ndlr) et se créer des opportunités respectives ».
Or c’est d’autant plus important de « tisser des liens », de « jeter des passerelles » que « nous sommes dans un moment de crise du commerce international », avec certes des points « positifs  », mais aussi des « tensions  », des « paralysies  », des « barrières  » et de « tarifs douaniers remis », alors que les négociations internationales se font souvent « blocs contre blocs » de pays.

" Un nouvel élan pour les 50 prochaines années "

« Nous rentrons dans le cinquantième anniversaire de la Francophonie dont les pères fondateurs ont jeté les bases en 1970 », a rappelé le ministre avant d’insister : « Il faut redonner un nouvel élan pour les 50 prochaines années. C’est dire si notre ambition est forte. En décembre 2020, il se tiendra un Sommet de la Francophonie (les 12 et 13 décembre, à Tunis, ndlr) et d’ici là il s’agit de définir une vraie stratégie » pour ce concept de « francophonie économique ».

La CCFA " maillon important de la francophonie économique "

Chiche ! « nous voulons tous être intégrés » dans l’élaboration de cette stratégie, a saisi la balle au bond Vincent Reina, président de la Chambre de commerce franco-arabe, la CCFAétant à ses yeux un « maillon important de la francophonie économique, qui aide et accompagne les PME et les PMI à l’international. C’est même pour nous une priorité ». Car au-delà de « l’excellence française », la concurrence est « rude  », a noté Vincent Reina, notamment celle des pays asiatiques et, au Maghreb, celle de l’Espagne et de l’Italie.

Vincent Reina, président de la CCFA : " Nous voulons tous intégrés dans une démarche volontaire et entreprenante "

C’est pourquoi la CCFA déploie nombre d’« outils concrets » pour soutenir les entreprises : forums, rencontres de B2B et de networking, missions à l’étranger, etc., avec une véritable «  cheville ouvrière, Dominique Brunin, notre directeur du Développement des Relations extérieures » à la CCFA. Sans oublier un important « centre de médiation et d’arbitrages pour les conflits qui peuvent exister ». Tant au niveau des institutions que du gouvernement, « il faut donc, a insisté Vincent Reina, que nous soyons tous intégrés dans une démarche volontaire et entreprenante ; on ne peut pas se satisfaire de la vision d’aujourd’hui, il faut aller au-delà. Soyons entreprenants ! ».

Capital de sympathie

« La langue française, c’est une force, c’est vrai, mais il ne faut pas que miser là dessus, a tempéré Isabelle Bébéar, directrice de l’International chez Bpifrance, car on peut avoir l’impression que, parce que nous avons la même langue, nous sommes totalement identiques sur le plan culturel et c’est toujours faux ». Partout à l’international, « il faut savoir rester humble et observer pour être capable de s’adapter aux comportements de ses interlocuteurs, car c’est à nous de nous adapter et non pas eux à nous », a ajouté Isabelle Bébéar qui s’est dit « frappée par le capital de sympathie » dont la France dispose à l’étranger : « Nous avons une très bonne image de culture, de luxe, mais aussi en raison des réformes passées récemment, bien vues dans les milieux économiques à l’étranger et sur lesquelles ont peut capitaliser ».

" Un investissement culturel extrêmement important "

Revenant sur « l’ambition forte » de Jean-Baptiste Lemoyne de donner plus de « de corps et de chair » à la francophonie économique, plusieurs intervenants ont recommandé de ne pas réduire l’effort culturel de la France à l’étranger, à l’instar de Guilherme Spadinger, directeur général d’Euler Hermes SFAC Direct, un Brésilien d’origine allemande installé en France depuis 20 ans : « Il est très important, par exemple, de ne pas désinvestir dans l’internationalisation portée par les lycées français à l’étranger ou des institutions comme Business France ». « L’éducation en français dans le monde est une énorme force d’influence culturelle, a renchéri Isabelle Bébéar. C’est un investissement culturel extrêmement important qu’il ne faut surtout pas négliger ! ». Message transmis à Bercy où l’on dégaine les ciseaux à couper dans les budgets plus vite que Lucky Luke en face de son ombre.

◊ ◊ ◊

LIRE AUSSI :

Rencontres d’affaires francophones & internationales
Dominique Brunin (CCFA) : « Le Maroc attend la France et les entreprises françaises sur le développement de l’ensemble de ses potentiels régionaux »

Rencontres d’affaires francophones & internationales
Anne Benady (AFNOR) : « Les entreprises doivent s’emparer de l’économie circulaire et déployer des projets qui en déclinent toutes les dimensions »

◊ ◊ ◊

>>> CLIQUEZ ICI et INSCRIVEZ-VOUS
pour recevoir gratuitement notre INFOLETTRE

◊ ◊ ◊

Articles récents recommandés