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La « re-communautarisation » de l’UPM n’est recevable que dans le court terme, estime J.-L. Guigou (IPEMED)

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 19 mars 2011 | src.IPEMED
Paris -

Fondateur et Délégué général de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED), Jean-Louis Guigou, ardent militant de la Méditerranée, continue ses billets sur son blog « Humeurs Méditerranéennes ». Au menu du dernier en date : le décryptage des manœuvres de la Commission européenne pour « re-communautariser » l’UPM. Une option recevable, estime Jean-Louis Guigou, mais seulement dans le cout terme…

Photo-ci dessus : Jean-Louis Guigou, Délégué général de l’IPEMED. © leJmed.fr - juin 2010


Tribune Libre - Titre original :

Y a-t-il une re-communautarisation de l’UpM ?

par Jean-Louis Guigou
Délégué général de l’IPEMED


La Commission (niveau fédéral) n’a jamais aimé l’UpM, de nature intergouvernementale. En 2007, 2008 et 2009, les affrontements furent violents. Depuis « les révolutions arabes », l’UpM est affaiblie car il est impossible de réunir autour d’une même table des chefs d’État qui ont d’autres soucis, impossible de réunir les Ministres des Affaires étrangères de l’UpM à cause de Monsieur Lieberman, etc... Profitant de cet affaiblissement, la Commission européenne, qui avait réagi mollement face aux révolutions arabes, « re-manifeste » de l’intérêt pour la Méditerranée.

Deux manifestations en témoignent :

• Lors du Sommet des Chefs d’État du 11 mars, la Commission a fait adopter différentes mesures (échanges commerciaux agricoles accrus, création d’une communauté euro-Med de l’énergie, nouvel élan pour les projets concrets, accroissement de la mobilité légale...). Ces mesures vont dans le bon sens.

• La semaine dernière, il y eut un échange entre le Président Sarkozy et le Président Barroso. Ce dernier voulait profiter de l’affaiblissement de l’UpM pour lancer une offensive et « re-communautariser » le processus : d’une part la Commission européenne récupérerait la gouvernance de l’UpM, et ce serait Catherine Ashton qui présiderait le sommet des chefs d’État au nom de l’UE et non-plus Sarkozy, ni Zapatero qui devrait lui succéder. D’autre part et en retour, le secrétariat de Barcelone, qui constitue une vraie innovation de l’UpM, serait redynamisé pour étudier et sélectionner des projets concrets issus de la société civile, du Sud notamment.

D’un certain côté, voilà une bonne nouvelle qui redonne du poids à la Commission et au « MAE » européen, tout en valorisant l’apport de l’UpM : le secrétariat de Barcelone et les projets concrets.

Mais, cette gouvernance par la Commission présenterait d’une part l’inconvénient d’un bloc (l’UE) contre chaque pays isolé du Sud et donc la dissymétrie, et d’autre part la présence pendant cinq ans de la coprésidence européenne.

Ce mécanisme ne peut être définitif, loin s’en faut. La communautarisation du processus euro-Med est nécessaire tant que les révolutions arabes ne sont pas achevées, et en attendant l’État Palestinien. Mais après, il faudra instaurer la symétrie et la parité décisionnelle. Il faudra construire avec le Sud et à parité avec le Sud.

Jean-Louis Guigou
Délégué général de l’IPEMED

Paris, le 14 mars 2011

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