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Plusieurs hauts responsabes tunisiens et maghrébins appellent à l’intégration économique de l’UMA

Tunisie | 25 février 2010 | src.Mgharebia
Tunis - Les pays du Maghreb devraient renoncer au protectionnisme pour favoriser un commerce régional en berne, ont souhaité les participants à une récente conférence de haut niveau, consacrée à l’intégration économique du Maghreb, organisée à Tunis par Kamel Morjane, ministre tunisien des Affaires étrangères.

Photo ci-dessus : Kamel Morjane, ministre tunisien des Affaires étrangères © OTAN 2007


La conférence sur l’intégration économique du Maghreb, qui s’est tenue le 17 février à l’occasion du 21e anniversaire de la création de l’Union du Maghreb, a réuni des responsables tunisiens de haut rang, des chefs d’entreprises et des universitaires.

« Nous devons abolir la bureaucratie dans les pays du Maghreb. Elle entrave... les activités économiques », a déclaré Kamel Ben Yaglan, un chef d’entreprise tunisien. « La barrière, ce n’est pas le peuple du Maghreb, c’est le bureaucrate. »

Les participants ont pris acte des progrès dans les relations économiques réalisés entre des pays du Maghreb comme la Tunisie et la Libye, et réaffirmé leur conviction que l’intégration économique est essentielle.

Ils ont toutefois expliqué que le commerce entre les pays du Maghreb restait à un faible niveau comparé à celui de régions telles que l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est. Selon Mohamed Jamal Alifa, du ministère tunisien du Commerce, le commerce tuniso-libyen a atteint 1,12 milliard de dinars en 2009, tandis que celui avec la Mauritanie ne dépassait pas 28,7 millions de dinars. L’investissement étranger au Maghreb, a-t-il ajouté, reste encore négligeable.

L’Algérie, la Mauritanie, le Maroc, la Libye et la Tunisie ont mis en place l’Union du Maghreb en 1989 pour promouvoir la coopération et l’intégration économique dans un marché unique. L’année 1994 a vu la création de la Zone de libre échange du Maghreb, qu’il reste aujourd’hui à mettre en œuvre. Des accords de libre échange ont été signés entre le Maroc et la Tunisie en 1999, entre le Maroc, la Tunisie, la Libye et la Jordanie en 2004, et entre la Tunisie et l’Algérie en 2008.

Cette conférence a été un lieu de débats consacrés à l’intégration économique, au projet de zone commerciale pour les pays du Maghreb, et à la coopération entre pays en développement.

Des responsables tunisiens ont présenté leurs points de vue aux participants. « Dans le nouvel ordre mondial, il est devenu essentiel de renforcer l’intégration des pays du Maghreb », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Kamel Morjane lors de la session d’ouverture de cette conférence.

Pour sa part, le ministre du Développement Mohamed Nouri Jouini a appelé de ses vœux l’accélération de projets majeurs tels que l’autoroute trans-Maghreb, les liaisons ferroviaires, et le satellite de télécommunications du Maghreb.

Le vice-secrétaire général de la Ligue arabe Chedli Nafati a déclaré aux participants que « les relations intra-maghrébines enregistrent des étapes prometteuses, mais nous n’avons pas réalisé les buts ». Il a expliqué que les obstacles au progrès allaient au-delà du niveau de l’économie, les qualifiant de « politiques ». « La volonté manque pour dépasser les intérêts nationalistes », a-t-il déclaré.

Les participants sont convenus d’agir pour permettre d’exploiter le potentiel de la région en matière de commerce et de développement.

« Il existe une énergie latente au Maghreb : un marché d’environ 100 millions de personnes », a déclaré le professeur Azam Mahjoub, ajoutant qu’il existait « essentiellement des barrières institutionnelles. Nous devons réformer les institutions au niveau des pays du Maghreb ».

Mona Yahia pour Magharebia
Tunis, le 24 février 2010


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