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P. Assouline et D. Stefanakis, lauréats 2011 des Prix Méditerranée, sous l’égide du Conseil culturel UPM

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 8 juin 2011 | src.LeJMED.fr
Paris -

Le grand salon de l’Hôtel Marigny (Paris), siège du Conseil culturel de l’UPM que préside Renaud Muselier, était une fois de plus comble, mardi 7 mai 2011, à l’occasion de la cérémonie de proclamation des Prix Méditerranée de littérature. Pierre Assouline (1), avec « Vies de Job » (Gallimard) est le lauréat du Prix Méditerranée français 2011, tandis que l’écrivain grec Dimitris Stefanakis (2), décroche le Prix Méditerranée étranger, avec « Jours d’Alexandrie » (Viviane Hamy Editrice).

Photo ci-dessus, de gauche à droite, au premier plan : l’écrivain grec Dimitris Stefanakis, Prix Méditerranée étranger 2011, avec « Jours d’Alexandrie » (Viviane Hamy Editrice) ; Pierre Assouline, Prix Méditerranée français 2011 avec « Vies de Job » (Gallimard). © Alfred Mignot - mai 2011


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De gauche à droite sur la photo : Dimitris Stefanakis, lauréat du Prix Méditerranée étranger 2011 ; Me Maurice Halimi, Maire-adjoint de Perpignan ; Jean-marc Pujol, Maire de Perpignan ; André Bonet, Président du Centre méditerranéen de Littérature et fondateur des Prix Méditerranée ; Renaud Muselier, Président du Conseil culturel de l’UPM ; Pierre Assouline, lauréat du Prix Méditerranée français 2011 ; Mme Viviane Hamy, editrice de Dimitris Stefanakis. © Alfred Mignot - juin 2011

Outre les lauréats, quatre autres auteurs étaient en lice dans la phase finale d’attribution des Prix, ainsi que le rappela André Bonet, Président du Centre méditerranéen de Littérature et fondateur des Prix Méditerranée, qui tenait à leur rendre hommage. Jérôme Ferrari, avec « Où j’ai laissé mon âme » (Actes Sud) et Gilbert Sinoué, avec « Le cri des pierres » (Flammarion) concourraient pour le Prix Méditerranée français, tandis que Javier Cercas, auteur de « Anatomie d’un instant » (Actes Sud) et Ibrahim Sonallah, avec « Turbans et chapeaux » (Actes Sud) visaient le Prix étranger.

Pierre Assouline avec « Vies de Job » (Gallimard) a donc été proclamé lauréat 2011 du Prix Méditerranée français 2011, et l’écrivain grec Dimitris Stefanakis Prix Méditerranée étranger, avec « Jours d’Alexandrie » (Viviane Hamy Editrice).

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Une vue des personnalités venues assister à la proclamation des Prix Méditerranée 2011. © Alfred Mignot - juin 2011

Un moment d’émotion intense pour tous, lauréats et assistance qui n’a pas ménagé ses acclamations, et que Pierre Assouline a traduit en ces mots : « Je suis très touché d’être distingué par le prix Méditerranée pour ma Vie de Job… C’est un livre que j’ai mis quarante ans de ma vie à écrire, le livre de ma vie, de toutes les vies de ceux qui s’identifient à ce personnage, home universel et donc aussi méditerranéen.
C’est un livre qui parle d’un mystère inépuisable, un voyage à travers le temps sur la manière dont les hommes affrontent le Mal… C’est aussi pour moi l’occasion de rendre hommage à l’auteur ou aux auteurs du Livre de Job, qui nous touchent encore à travers les siècles, les millénaires … ».

Plus bref mais pas moins ému, l’écrivain grec Dimitris Stefanakis déclara que son roman, « Jours d’Alexandrie » (Viviane Hamy Editrice), « essaie de faire revire et de préserver l’esprit cosmopolite de la Méditerranée, tel qu’il s’incarna au début du XXe siècle, particulièrement à Alexandrie. Ce Prix qui me fait honneur, je le dédie au peuple grec, qui peine vaillamment à sortir de cette crise économique et culturelle »


Renaud Muselier : « Les projets culturels sont un moyen puissant de rapprochement des peuples de la Méditerranée »

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Renaud Muselier, Président du Conseil culturel de l’UPM, durant son propos liminaire. A sa gauche, on reconnaît notamment André Bonet, Président du Centre méditerranéen de Littérature et fondateur des Prix Méditerranée, et Philippe Castro, Secrétaire général du Conseil culturel de l’UPM. A la droite de Renaud Muselier, les élus de Perpignan et de la Région Languedoc-Roussillon, ainsi que l’écrivain Olivier Poivre d’Arvor. © Alfred Mignot - juin 2011

Rendant hommage à André Bonet, Président du Centre méditerranéen de Littérature et fondateur des Prix Méditerranée, Renaud Muselier, Président du Conseil culturel de l’UPM, a déclaré que « le soulèvement des peuples arabes en faveur de la liberté et de la démocratie nous touche particulièrement en raison de notre Histoire commune et des liens forts qui unissent nos peuples. L’Union pour la Méditerranée, fondée sur des valeurs de libertés, de fraternité et de tolérance, peut représenter, en cette période difficile, un outil précieux au service des peuples de la Méditerranée. (…)

« La culture peut apporter à cet égard une contribution significative. La culture offre en effet à toute action publique une dimension supplémentaire en faisant écho à la curiosité, à l’ouverture, à la liberté, et, par voie de conséquence, à la compréhension, à la tolérance et au respect de l’autre.

« Je suis convaincu que c’est dans cette perspective que nous devons continuer à nous engager en faveur des échanges, des initiatives de coopération, et de projets culturels, qui sont des moyens puissants de rapprochement des peuples de la Méditerranée, et par là, de promotion des valeurs de paix et de liberté (…)
« Les grands talents littéraires récompensés dans le cadre du Prix Méditerranée en sont un élément important, d’autant que la littérature et les écrivains sont souvent à la pointe de l’éveil des consciences de leurs sociétés. (…) Chacun d’eux, en tant qu’écrivains, est un passeur d’histoire et de culture. »

Rendez-vous à Perpignan, en octobre…

Créés en 1984 par André Bonet, Président du Centre méditerranéen de Littérature, Les Prix Méditerranée sont soutenus par la Ville de Perpignan, le Conseil général des Pyrénées Orientales, le Conseil régional de Languedoc Roussillon et la Caisse d’Épargne de Languedoc Roussillon.

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Venu « en voisin » depuis son proche bureau de l’Elysée, Henri Guaino, Président de la Mission interministérielle UPM et Conseiller du Président de la République, s’est refusé à tout discours, mais a échangé volontiers avec les personnalités présentes. On le voit ici avec Mme Ijab Khoury, Maire-adjointe de Paris XVIe et Présidente du Camed, ainsi qu’avec Mme Ghislaine de Coulomme, Consultant international. © Alfred Mignot - juin 2011

Depuis 2010, les Prix Méditerranée sont placés sous l’égide du Conseil culturel de l’UPM. De nombreuses personnalités du monde littéraire ont assisté à la cérémonie de proclamation des Prix 2011, ainsi que des personnalités perpignannaises et du Languedoc-Roussillon. Henri Guaino, Président de la mission interministérielle de l’UPM était également présent, venu en voisin depuis son bureau de l’Élysée.

La cérémonie officielle de remise des Prix Méditerranée est prévue le 15 octobre 2011 à Perpignan, ville-mère des Prix, et dont on se rappelle que sa gare est « le centre du monde » (!), selon l’affirmation célèbre d’un autre génial méditerranéen, le maître catalan Salvador Dali.

Alfred Mignot

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1 - Pierre ASSOULINE est né en 1953 à Casablanca. Il vit à Paris.
Journaliste, il a collaboré à des quotidiens (Le Quotidien de paris, France Soir), à des magazines (Lire) et des radios (France Inter, France Culture, RTL).
Ecrivain, il a publié une vingtaine de livres, notamment des biographies (Gaston Gallimard, Simenon, Kahnweiler, Hergé..) et des romans (La cliente, Double vie, Lutetia, Le Portrait).
Enseignant, il assure régulièrement des cours à Sciences Po. Il est aujourd’hui chroniqueur au Monde et à L’Histoire. Il collabore au magazine littéraire eu au Monde des Livres et tient le Blog « La République des livres » hébergé par le Monde.fr
Pierre Assouline est également Directeur littéraire du récent salon littéraire marseillais EcriMed, dont la troisième édition se déroulera à l’automne prochain

« Vies de Job » (Gallimard)
Job est un des personnages les plus fascinants et énigmatiques de la Bible. Couché nu sur son tas de cendres, couvert de blessures, privé des siens et dépossédé de ses biens, il est le symbole de l’homme arbitrairement condamné qui affronte seul la justice divine.
Depuis que le Livre de Job a été écrit, cette histoire a passionné et intrigué plus qu’aucune autre. Pourquoi ?
C’est la question à laquelle Pierre Assouline a voulu répondre en partant sur les traces de Job, remontant près de vingt-cinq siècles jusqu’aux sources de ce texte dont l’auteur est inconnu, puis interrogeant les innombrables commentaires et représentations qu’il a suscités. De cet immense parcours, qui l’a conduit dans les bibliothèques et musées du monde entier, et l’a fait partir à la rencontre d’êtres extraordinaires et ordinaires, est né un livre à mi-chemin entre biographie et roman.
Déchiffrant les multiples visages de Job, Pierre Assouline en relève l’importance dans notre civilisation, et surtout la manière dont l’histoire de Job nous aide à vivre.
« Vies de Job » se lit en creux comme le récit d’une quête intérieure. Celle d’un écrivain hanté par son personnage.


2 – Dimitris STEFANAKIS, écrivain grec né en 1961, a fait des études de droit à l’Université d’Athènes. Après ses études, il a travaillé comme traducteur d’œuvres littéraires. Il a publié six romans très bien accueillis par le public et la critique, notamment Fruits de Saison en 2000, Appelle-moi Caïre en 2002 ou L’œil de la Révolution a de l’achromatopsie en 2005.
Mais, le livre qui lui a consacré toute sa place dans la littérature néo-hellénique, est une fresque intitulée Jours d’Alexandrie, publiée en 2007, tirée à plus de 30 000 exemplaires. Son avant-dernier roman, En épelant l’été (2009), avec Albert Camus comme protagoniste, a également connu un succès particulier. Son dernier livre est un roman sur Léonidas, le roi spartiate. Il paraîtra en France sous le titre Le Roi solitaire.

« Jours d’Alexandrie » (Viviane Hamy Editrice)
Symphonie historique, érotique, Jours d’Alexandrie nous immerge dans la première moitié du XXe siècle. Où qu’ils soient, ses multiples personnages gardent un lien viscéral avec Alexandrie, Babel des temps modernes.
Trois figures emblématiques en sont les chefs d’orchestre : Antonis Haramis, le Grec issu des milieux pauvres d’Athènes, devenu l’industriel du tabac le plus riche d’Égypte ; Elias Khouri, « Libanais », manipulateur et polyglotte, et Yvette Santon, sa complice, une femme libre d’origine française.
Chronique de trois générations, chacune épouse une période de l’histoire mondiale, jusqu’à l’ascension au pouvoir de Nasser et les nationalisations qui s’ensuivent.
On voyage de Constantinople à Marseille, en passant par Smyrne, Athènes, Paris, Berlin, Munich, car Alexandrie figure le tableau vivant du siècle dernier. Ce fut la patrie perdue d’esprits internationalistes de toutes origines, le parfum extatique de la Méditerranée. « J’ai souhaité transmettre une atmosphère pour que le lecteur perçoive quelques vignettes et, peut être, l’âme d’un monde englouti depuis très longtemps », dit Dimitris Stefanakis.

Sites de référence :
- Le blog d’André Bonet – Centre méditerranéen de littérature
- Site du Conseil culturel de l’UPM
- Site du Salon littéraire méditerranéen EcriMed – Marseille

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