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Philippe de Fontaine Vive Curtaz : le VP de la BEI, un optimiste raisonné et Méditerranéen d’action

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 18 janvier 2010 | src.leJMED.fr
Paris - Vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI) depuis 2003, et « patron » de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (la Femip, principal financeur des projets EuroMed), Philippe de Fontaine Vive Curtaz est bien plus qu’un haut fonctionnaire international. En quelques années, il est devenu l’un des hommes référents de l’espérance nouvelle qui grandit en Méditerranée…

On le sait, le processus institutionnel de l’UPM a pris du retard : le calendrier prévoyait la cooptation du Secrétaire général pour la fin de l’année dernière mais, en ce mois de janvier 2010, à peine cinq pays – sur les 43 que compte l’UPM – se sont-ils prononcés récemment pour soutenir la candidature, unique à ce jour, du diplomate jordanien Ahmad Massa’deh.

Pourtant, ce piétinement institutionnel n’est certes pas de nature à déstabiliser ce Méditerranéen « de terrain et de conviction » qu’est devenu le haut fonctionnaire Philippe de Fontaine Vive Curtaz : vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI) depuis 2003, et « patron » de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (la Femip, principal financeur des projets EuroMed), voilà des années que « le VP », comme le surnomment affectueusement ses collaborateurs, passe le plus clair de son temps à aller à la rencontre des décideurs méditerranéens, du nord comme du sud, de l’est et de l’ouest…

« Avec l’UPM, on lance des projets qui vont pouvoir cheminer »

Alors, riche de ses centaines de déplacements en Méditerranée, et des milliers de personnes rencontrées au fil des ans, Philippe de Fontaine Vice Curtaz parle d’expérience quand il affirme, répondant à notre confrère Econostrum.info, qui s’inquiétait en juillet 2009 que le projet UPM ne fût déjà enterré, que « Le sujet est plus complexe. En fait, deux niveaux coexistent, dont le rythme n’est pas le même. Les institutions sont grippées par le processus de paix (…) En revanche, l’UPM marche bien concernant les projets. C’est la grande différence avec le processus de Barcelone qui avait souffert de l’hypothèque politique. Avec l’UPM, on lance des projets qui vont pouvoir cheminer. »

Langue de bois, doxa, méthode Coué ? Certes pas, qu’il nous soit permis d’apporter ici notre modeste témoignage, confortant le parler vrai du VP : oui, nous le constatons nous aussi au fur et à mesure que nous rencontrons les personnes en charge des projets UPM (voir notre rubrique), la création de l’UPM a libéré dans les sociétés méditerranéennes des deux rives, parmi les entrepreneurs comme chez les citoyens associatifs, une immense vague d’enthousiasme, de désir, d’énergie positive.

C’est cette réalité humaine que « le VP », ex-technocrate et toujours haut fonctionnaire, mais qui est aussi devenu homme de terrain, a su capter, ressentir, partager, grâce à ses capacités d’écoute et d’attention aux autres, que chacun lui reconnaît, du plus haut de la pyramide politique et économique euro-méditerranéenne et jusqu’au plus modeste des « porteurs de projets » dont il se laisse aborder en toute simplicité lors de manifestations publiques.

Les « suggestions » du VP

De ce fait, un observateur un tant soir peu attentif n’aura pas manqué de remarquer comment, au fil des ans et de ses nombreuses interventions, Philippe de Fontaine Vive Curtaz est devenu un point d’ancrage, un référent de l’esprit méditerranéen et de l’espérance dont il est porteur.

Parfois, et même s’il s’en défend – mais pour combien de temps encore ? – ses interventions prennent une tournure tout à fait politique.

Ce fut par exemple le cas début décembre lorsque, orateur invité au Séminaire ministériel dédié aux « Migrations en Méditerranée », il déclarait :
« Les institutions financières du développement n’ont pas à se prononcer sur les politiques nationales des migrations. » Certes, mais quelques instants auparavant, il n’en avait pas moins esquissé les grandes lignes d’une action que l’on peut largement qualifier de « politique », en émettant quelques « suggestions ».

Par exemple, sur la question de savoir comment contenir puis réduire le chômage des jeunes, et particulièrement celui des jeunes diplômés sud-méditerranéens, qui culmine jusqu’à 40 % en certains pays, Philippe de Fontaine Vive Curtaz considère que « L’enjeu est donc d’accélérer le passage à l’économie de la connaissance en Méditerranée ».

On en redemande !

Pour cela, il « suggère » dans la foulée de « réaliser les premiers pas vers un système régional de qualifications dans l’UPM sur des filières ciblées (les « 30 à 50 métiers d’avenir ») ; le développement de la reconnaissance mutuelle des diplômes par des approches sous-régionales et la mise en réseau des instituts formateurs ; de créer les conditions de la mobilité de personnes pour accélérer la diffusion des savoirs, tout en améliorant l’équilibre du marché du travail. »

Avec « le VP », nous avons donc affaire à une espèce d’hommes rarissime : celle des banquiers qui se préoccupent du chômage et qui, en plus, proposent des pistes pour contrer ce fléau de tous les dangers et de toutes les misères ; celle des optimistes raisonnés, qui considèrent que « l’esprit même de l’Union pour la Méditerranée [c’est celui] des réalisations concrètes qui fédèrent l’adhésion des opinions » ; celle d’humanistes qui, dans la lignée de Fernand Braudel, considèrent que la Méditerranée irait mieux si ses hommes pouvaient s’y mouvoir à nouveau plus librement.

Si ce n’est pas de la politique… c’est sûrement de la géopolitique ! Et nous, des « VP » d’expérience et de conviction comme Philippe de Fontaine Vive Curtaz, dévoué au service du grand dessein humaniste méditerranéen, on en redemande !


© Alfred Mignot

À lire sur le même thème, notre entrevue exclusive (2007) : Ph. de Fontaine-Vive, VP de la BEI : « Vers une banque de la Méditerranée ? »

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