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Il participera au webinaire sur les ZESS d’IPEMED-AEZO-Fondation AME du 28/09

Patrick PLANE, Directeur de recherche CNRS-UCA : « La transformation structurelle de l’Afrique va probablement dans le sens d’une intensification du rôle des ZES »

18 septembre 2021
Patrick PLANE, Directeur de recherche CNRS-UCA : « La transformation structurelle de l'Afrique va probablement dans le sens d'une intensification du rôle des ZES »
Patrick PLANE est directeur de recherche au CNRS, CERDI-UCA, responsable de l’Observatoire de la Compétitivité Durable à la Fondation pour les Études et Recherches sur le Développement International (FERDI) © DR
Le 28/09, de 10 h 30 à 12 h 30 (H Paris) se tiendra un webinaire (inscription à la fin de l’article) s’appuyant sur un récent Rapport de l’Ipemed, en coopération avec AEZO et La Fondation AME, « Pour un modèle euro-africain de Zones Économiques Spéciales et Sécurisées (ZESS) ». Voici en avant-première le point de vue de Patrick PLANE, Directeur de recherche CNRS-UCA.

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INSCRIPTION CI-DESSOUS

au webinaire Ipemed-La Verticale AME et AEZO : « Le rôle des ZESS
dans l’accélération du co-développement Europe-Afrique »
Mardi 28 septembre, de 10 h 30 à 12 h 30 (H Paris)

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Entretien exclusif avec Alfred MIGNOT, AfricaPresse.Paris (APP)
@alfredmignot | @africa_presse

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AfricaPresse.Paris (APP) – Votre point de vue sur la question des ZESS (Zones économiques spéciales sécurisées) dans l’accélération du co-développement Europe-Afrique, qui est le thème du webinaire ?

Patrick PLANE – La qualité des institutions et des infrastructures conditionne la marche du développement. Pas de transformation structurelle sans que des règles claires et convenablement appliquées puissent gérer les interactions entre agents. Pas de densification du tissu productif si les infrastructures de services publics ne sont pas à la hauteur de l’enjeu industriel dans un contexte de compétitivité exacerbée.

Certes, dans ces différents domaines de réforme, l’Afrique a réalisé de remarquables progrès au cours des trois décennies passées, mais l’écart aux autres régions en développement, singulièrement l’Asie du sud-est, ne s’est pas significativement réduit. L’environnement des affaires y reste problématique, comme en témoignent les procédures d’évaluation internationales. On peut naturellement espérer en des processus de rattrapage rapides, mais c’est sans compter sur les difficultés auxquelles font face les pays, dans les choix d’investissements, dans la coordination des politiques publiques au sein de gouvernements souvent faibles.

Promouvoir une grande poussée autour de quelques pôles territoriaux et dans la concertation la plus étroite possible entre partenaires publics et privés, locaux et internationaux, est une option plus que raisonnable.

En Chine, après 1978, les Zones Économiques Spéciales (ZES) ont fait florès. Elles ont été un puissant vecteur de rattrapage des économies développées. Il est évident que le contexte d’opérationnalisation n’est pas le même en Afrique, de sorte que les translations à l’identique sont illusoires, si tant est d’ailleurs qu’elles soient souhaitables ! Si l’instrument doit trouver sa marque et son originalité avec une acceptation du droit à l’erreur, la transformation structurelle du continent va probablement dans le sens d’une intensification du rôle des ZES.

APP – Quels sont les trois points du Rapport qui vous ont le plus intéressé ?

Patrick PLANE – Le rapport proposé est conceptuel au bon sens du terme. Il offre une discussion claire des différents instruments permettant le développement territorialisé et les modalités institutionnelles pour faire vivre les interactions entre les entreprises. Sur quelle base établir une Zone économique spéciale et avec quel acteur dominant ?

Le rapport dresse une radioscopie complète et commentée, pays par pays, des Zones économiques spéciales implantées en Afrique. Les auteurs prennent la peine d’identifier les facteurs de réussite et d’échec, démarche importante pour qui est convaincu qu’on apprend autant de ses erreurs que de ses succès.

Le lecteur constatera que le continent africain n’est pas vierge en matière de ZES. Plus de 70% des pays en sont dotés, mais en regard de l’importance de la population active et du niveau de développement, l’instrument est loin d’atteindre ce que l’on peut observer dans d’autres régions en développement.

APP – Parmi les propositions formulées à la fin du Rapport, lesquelles retenez-vous comme essentielles ?

Patrick PLANE – Je retiens particulièrement celles-ci :

– Coordonner les stratégies de développement industriel et l’implantation des ZES des différents pays, au niveau sous régional : c’est important, compte tenu des objectifs d’intégration au sein des CER et de la promotion de la Zone de Libre Échange du continent Africain (ZLECA)

– Placer les ZES au centre d’une stratégie industrielle valorisant les niches

– Modifier les règles de la concurrence ? L’Europe doit-elle exonérer de droits de douane les produits importés depuis les ZES d’Afrique ?
Attention à ne pas pénaliser, par une interprétation très souple des règles d’origine, les échanges africains qui reposeraient sur une véritable valeur ajoutée africaine. L’opportunisme des entreprises étrangères en quête de facilité d’accès aux marchés européens ou étasuniens ne doit pas être sous-estimé.

– Les « 12 règles d’or » évoquées par Moubarack Lô [cette contribution sera rendue publique dans la semaine, et le Rapport intégral diffusé aux participants au webinaire après la tenue de celui-ci, ndlr] sont toutes aussi pertinentes les unes que les autres. Sur certaines j’apporterai peut-être quelques nuances, notamment en lien avec le nombre de ZES qui peuvent être simultanément lancées sur un territoire national.

Il faut sans doute éviter d’être trop tributaire de l’agenda politique, éviter de créer des zones de manière exogène par la seule volonté du pouvoir exécutif et une concertation a minima avec le secteur privé. La légitimation et la conceptualisation du projet avec le secteur privé comptent beaucoup.

Certes, le plan est un anti-hasard et donne les phares de routes, mais au-delà des documents de projet il y a la capacité de mise en œuvre, publique et privée. Il convient, par ailleurs, de ne pas disperser les moyens financiers générateurs de dettes sur trop de ZES. Il est souhaitable de laisser du temps au temps, d’avoir des retours d’expériences et de les interpréter convenablement avant de pousser les feux.

Sur ces « 12 règles d’or », il y en a une qui remet en avant le défi institutionnel. Quels sont les acteurs qui doivent mettre en place et gérer la ZES ? Comment assurer la coordination de la zone sans générer une recherche de rentes de la part de ceux qui en sont en charge ? Quelle place accorder au secteur privé ? et quel mode d’interaction des acteurs au sein de la ZES ?

APP – Que proposeriez-vous d’ajouter à ces propositions ? une participation plus proactive de l’Europe ?

Patrick PLANE – Dans plusieurs pays, la Chine a promu les ZES comme vecteur de coopération avec l’Afrique. Comme souvent en matière de développement et d’institutions, à ce jour, l’expérience ne révèle pas de vérités absolues. Les résultats sont effectivement mitigés, y compris pour l’Ethiopie, pays où ces zones suscitent néanmoins des réflexions plutôt positives.

L’Union Européenne pourrait-elle s’inspirer et faire mieux dans la mise en œuvre de ce type d’actions partenariales ? Jusqu’ici, l’UE ne s’est qu’indirectement occupée du secteur privé et de ses investissements productifs. Elle est demeurée largement orientée sur des problématiques de financement d’infrastructures économiques et sociales (IES) pour reprendre l’expression de Hirschman.
Mais les temps changent. La précédente Commission du Président Juncker a pris des engagements qui vont dans le sens d’une plus grande implication dans les projets productifs privés.

Le Plan d’investissement extérieur (PIE) est un des véhicules appelés à concourir à ce résultat. Il déploie des instruments de garanties et « de mixage », permettant de combiner dans un même projet un don européen avec un « prêt » financé par une des agences de développement ou institutions financières agréées.

On peut s’interroger sur la pertinence d’une canalisation de dons vers la création de Zones économiques spéciales. La participation active à cet outil pourrait constituer un axe de coopération avec l’Afrique, un support d’accompagnement des entreprises européennes sur des zones offrant un contexte local de production suffisamment compétitif pour redonner de l’allant aux échanges commerciaux entre les deux rives de la méditerranée.

L’Europe prend conscience des dangers qui résulteraient d’une poursuite de la désindustrialisation de l’Afrique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2015, plus de 60 millions de personnes ont quitté leur milieu d’origine en quête d’une vie meilleure, soit parce qu’elles fuyaient des conflits et des guerres, soit parce que les opportunités économiques locales étaient limitées.

Environ 40 % de l’ensemble des personnes déplacées dans le monde provenaient d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, 30 % de l’Afrique subsaharienne. En 2050, l’Afrique sera peuplée de 2,5 milliards d’habitants. Elle aura donc doublé par rapport à son niveau de 2016 !
Les ZES ne sont pas une « assurance tous risques », mais elles sont un moyen d’opérationnaliser la coopération, de résoudre en un endroit donné et en accéléré, ce qui ne peut pas l’être, dans l’urgence, en tout point d’un territoire national. Elles sont aussi un levier pour relancer le « Pacte avec l’Afrique » du G20, qui n’a attiré pour l’instant qu’un volume d’investissements privés largement en dessous des attentes.

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Mardi 28 septembre, de 10 h 30 à 12 h 30 (H Paris)
Webinaire « Le rôle des ZESS dans l’accélération
du co-développement Europe-Afrique »

S'inscrire à l'événement

Nota bene
  • Un reçu de votre inscription vous sera envoyé rapidement.
  • Le lien de connexion au direct vous sera adressé quelques jours avant l'événement.
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Le nouveau rapport « Le rôle des ZESS, Zones Économiques Spéciales Sécurisées, dans l’accélération du co-développement », rédigé par Paulette Pommier sous la direction de Jean-Louis Guigou, à l’initiative de la Fondation AME La Verticale, en coopération avec Ipemed et AEZO, servira de base aux travaux du webinaire, qui s’articulera en deux tables rondes.

Accueil, introduction
et 1re TABLE RONDE :

La première table ronde s’attachera à cerner le bilan des ZES (Zones économiques spéciales) telles qu’elles existent à ce jour en Afrique, essentiellement du fait d’initiatives chinoises.

1 - Jean-Louis GUIGOU, Fondateur Ipemed et La Verticale AME
2 - Moulay Hafid ELALAMY, ministre de l’Industrie du Maroc
3 - Fouad BRINI, Président du Groupe Tanger Med
4 - Mme Anne NKENE BIYO’O, Directrice générale de la ZES de Nkok, Gabon
5 - Samuel GOLDSTEIN, représentant Thierry DÉAU, Meridiam

TABLE RONDE 2

La seconde table ronde s’emploiera à mettre en exergue les possibilités nouvelles et l’efficacité accrue d’un modèle revisité, à co-construire ensemble par l’Europe et l’Afrique, afin d’accélérer l’indispensable co-développement.

6 - Un consultant (à confirmer)
7 - Mehdi TAZI RIFFI, Président AEZO
8 - Moubarak LÔ, Directeur Général de la Direction de la Prospective
Économique du Gouvernement du Sénégal)
9 - Patrick PLANE, Économiste, directeur de recherche à la FERDI)
10 - Tei KONZI, Commissaire de la CEDEAO chargé du Département Commerce, Union douanière, Fiscalité intérieure et Libre Circulation des personnes
11 - Mme Cécile BILLAUX, chef d’Unité secteur privé, investissement et emploi à la Direction générale Partenariats Internationaux de la Commission européenne
12 - Remerciements

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CLIQUEZ ICI OU SUR L’IMAGE POUR ACCÉDER AU REPLAY
DU WEBI 2 DU CAPP :
« L’état de la coopération économique
Europe-Afrique et comment la dynamiser »

(15 06 2021)

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CLIQUEZ ICI OU SUR L’IMAGE ET ACCÉDEZ AU REPLAY DU WEBI 1 DU CAPP
« LES OUTILS DE LA CONFIANCE POUR ENTREPRENDRE EN AFRIQUE »

(21 04 2021)

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