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Paris, 1re place de marché en Europe de l’Art africain en plein boom mondial

7 avril 2022
Paris, 1re place de marché en Europe de l'Art africain en plein boom mondial
À gauche : Masque de la société du Ngil. Peuple Fang. Gabon, fin du XIXe siècle. Vendue 5 300 000 euros le 26 mars 2022. © et courtesy Hôtel des Ventes Montpellier. À droite : Amoako Boafo (Ghana, né en 1984), Hands up,2018. Vendue 3 000 000 $ le 1er décembre 2021 © et courtesy Christies.
Aujourd’hui l’art africain – ancien, moderne et contemporain – qui regroupe les formes d’art et objets de l’antiquité à nos jours, est un marché florissant, avec des perspectives haussières. L’art africain a intégré tous les circuits du monde de l’art et son marché international. La France y tient une place importante en voie de consolidation.

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Une contribution de www.africartmarket.today

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Le marché de l’art africain représente de 150 à 250 millions de dollars annuels - 1er et second marché réunis. Cela en fait l’un des segments les plus rentables du marché mondial de l’art dans la catégorie des arts extra-occidentaux.

L’on observe que les critères d’attractivité qui prévalent auprès des acheteurs sont la qualité des œuvres, leur fraîcheur, leur redécouverte et les prix accessibles. Il s’agit d’une nouvelle configuration qui s’est installée avec des moyens et des acteurs significatifs aussi bien en Afrique que dans le monde.

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Le boom, sur le Continent
et mondial, de l’art africain

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L’ampleur des investissements, les valeurs et les volumes des objets sont inédits, l’art africain a intégré tous les circuits qui sous-tendent le monde de l’art et son marché international.

La mise en place de l’écosystème du segment moderne et contemporain date d’à peine une dizaine d’années, et celui de l’art ancien est structurellement bien établi depuis plusieurs décennies avec ses institutions, des acteurs reconnus, ses ventes aux enchères et ses rendez-vous annuels, de Paris à New-York en passant par Bruxelles.

Sont devenues courantes les éloges des médias et les distinctions prestigieuses décernées aux artistes, tout comme les expositions sur la création africaine et sa diaspora, organisées par les plus grandes institutions telles que le MoMA de New-York, la Tate à Londres et le Centre Pompidou à Paris.

Aussi bien les grandes maisons de ventes aux enchères – telles que Sotheby’s, Bonhams, Piasa, Artcurial – que les institutions muséales s’adaptent à la nouvelle donne en créant des départements et collections dédiées.

En une décennie nous sommes passés d’une timide présence africaine de figuration et de faire-valoir dans les grandes manifestations du monde de l’art, à celui d’incontournable.
La dynamique est mondiale - y compris sur le continent africain - pour ce type d’objet en témoignent les nouveaux dispositifs privés et publiques tant du côté de l’offre que de la demande croissante.

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Deux vues de la Foire d’art contemporain Also Known As Africa (AKAA), à Paris, en novembre 2021. © AM/APP

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Trois continents, six places de marché,
cinq foires d’art spécialisées… et des musées

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Le marché s’articule autour de trois continents – l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Nord (États-Unis) –, de six places de marché - Londres, Paris, New-York, Johannesburg/Cape Town, Lagos et Marrakech/Casablanca –, et de cinq foires d’art spécialisées : 1-54 à Londres, New-York, Marrakech, Paris ; AKAA à Paris, FNB Art Joburg à Johannesburg, Art X Lagos à Lagos et Investec Cape Town Art Fair au Cap.

En Afrique plusieurs musées de stature internationale ont été inaugurés ces dernières années, stimulant davantage ses scènes artistiques et l’économie de l’art : fondation Zinsou à Cotonou en 2005 et à Ouidah en 2013, Musée Mohamed VI à Rabat en 2014, Macaal à Marrakech en 2016, Zeitz Mocaa et A4 arts foundation en 2017, Norval Foundation à Cape Town en 2018, Musée des civilisations noires à Dakar en 2018. Le Shyllon Art Museum à Lagos, le Javett art center à Pretoria et Le Palais de Lomé au Togo en 2019. Enfin, en 2020, le MuCAT (Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara) en Côte d’Ivoire. Pour ne citer que ceux-là…

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La dynamique française retrouvée :
Paris, 1re place de marché en Europe

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La France est traditionnellement une grande consommatrice d’œuvres d’art et d’objets africains. Des collections parmi les plus importantes du monde s’y trouvent. Ses institutions muséales tel que le musée du Quai Branly et ses centres de recherches font autorité.

Pour rappel historique, dans les années 1990 il y eut l’initiative pionnière, l’association Afrique en Créations, rattachée au ministère des affaires étrangères français, qui permit de promouvoir les modernités du continent.
Jusque-là en recul, à partir de la seconde moitié des années 2000 des initiatives publiques et privées d’envergures à fort impact se tiennent à Paris et dans les régions, ce qui permet à la France de revenir dans le peloton de tête et de consolider sa position.

Aujourd’hui, Paris constitue la 1re place de marché pour les arts anciens africains avec plus de 50 % de parts en valeur.

Pour le segment moderne et contemporain elle fait partie des principales places de marché dans le monde. Avec une croissance annuelle cumulée en valeur de 4 800 % et en volume de 2 700 %, elle représente la 1e place de marché en Europe continentale.

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Plusieurs événements
parisiens marquants

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La dynamique française est réelle au regard de ces cinq dernières années : en 2017, La fondation Louis Vuitton célébrait la création contemporaine avec l’exposition Art/Afrique le Nouvel Atelier. La même année le groupe Les Galeries Lafayette mettait en avant la créativité africaine au sens large depuis son vaisseau amiral du boulevard Haussmann et dans la majorité de ses magasins en région. Le BHV à Paris mettait les projecteurs sur l’Afrique du Sud.

En 2018, les dispersions d’importantes collections ont été organisées dans la capitale française : celle du collectionneur belge Pierre Loos chez Piasa et de l’allemand Bernd Kleine-Gunk chez Cornette de Saint Cyr. Cette dernière avait dispersé en 2016 la collection de l’espagnol Antonio Lanzas Gironès.

Trois foires annuelles d’envergure internationale s’y déroulent, dont deux consacrées à la création actuelle : AKAA (Also Known As Africa) fondée en 2016, et l’itinérante 1-54 Art Fair ; aussi depuis 2002, le Parcours des mondes demeure le 1er rendez-vous pour les arts anciens.

De la fin décembre 2020 à l’été 2021, la volonté politique n’étant pas en reste, l’État français, dans sa démarche de compréhension renouvelée du continent, a organisé dans tout le pays la saison culturelle Africa 2020.

L’Afrique de ce XXIe siècle naissant démontre clairement que l’économie de la création est partie prenante de sa réalisation. Le Continent représente un marché à fort potentiel qui, malgré sa jeunesse a prouvé une résistance aux récentes crises du marché de l’art.

L’expertise et la technologie françaises dans le domaine artistique et culturel sont des atouts majeurs dont la clé du succès réside en son intelligence à s’en servir dans ce secteur stratégique et désormais concurrentiel.

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