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Nice crée sa petite métropole… avec seulement trois petites communautés de communes frontalières

France | 28 avril 2011 | src.LeJMED.fr
Nice -

Le pronostic s’est avéré juste. Lorsque la loi sur la réforme territoriale a été adoptée, offrant la possibilité aux grandes communes de se constituer en métropole, seule la communauté d’agglomération de Nice avait affiché son désir de saisir la balle au bond. Le feu vert a été donné par le préfet au début du mois d’avril et la métropole Nice Côte d’Azur devrait voir le jour dès le 1er janvier 2012. Mais l’ambition du maire de Nice de créer une grande métropole a été déçue…

Photo ci-dessus : une vue du Port Lympia, à Nice. © Chris Wevers


Seules trois petites communautés de communes frontalières ont en effet accepté de rejoindre l’actuelle communauté urbaine de Nice Côte d’Azur. Il s’agit des communautés de communes des stations du Mercantour, de la Tinée et de la Vésubie-Mercantour. Cette union se justifie par « la cohérence territoriale de la future métropole », assure le maire de Nice, allant « du bassin versant du fleuve Var, avec les vallées traditionnellement tournées vers le littoral en raison de la barrière des Alpes du nord », précise Christian Estrosi.

Cette future métropole, forte de 46 communes et de 545 000 habitants, est très éloignée du projet initial de Christian Estrosi qui espérait convaincre les maires de Grasse, Antibes, Cannes ou encore Menton de rejoindre la structure. Mais ces derniers, appartenant pourtant à la même famille politique, s’y sont refusés. La communauté d’agglomération de Sophia Antipolis, dont le président est le député UMP Jean Léonetti, ne veut pas en entendre parler, de même que la communauté d’agglomération de la Riviera française (CARF), constituée de 11 communes du bassin de Menton. Soutenu par son fidèle Eric Ciotti, député et président UMP du Conseil général des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi rêvait d’une métropole taillée dans le moule du département. Le réveil est sans doute douloureux.

Une métropole peu incitative

À sa décharge, la proposition législative de métropole contenue dans la réforme territoriale, à laquelle peuvent désormais prétendre huit grandes agglomérations, à l’exception de Paris et de l’Île-de-France, n’entraîne pas de files d’attentes devant le guichet de l’État.

Il est vrai que le passage d’une communauté urbaine, échelon intercommunal le plus poussé aujourd’hui, à une métropole n’entraînera pas d’avantages fiscaux significatifs pour ceux qui franchiront le pas. Et les dotations de l’État resteront au même niveau, l’État étant obsédé par le souci de faire décroître ses déficits. Quant au transfert des compétences, elles sont cosmétiques : la voirie départementale et le transport scolaire, jusqu’alors gérés par les conseillers généraux, ainsi que la promotion à l’étranger des activités économiques du territoire, attribuée aujourd’hui aux Régions.

« On se moque du monde, c’est du saucissonnage », confie un éminent élu UMP régional. Dans les débats parlementaires, la mise en place des métropoles s’est heurtée au refus des maires d’une « gouvernance du territoire déséquilibrée », pour reprendre l’expression de Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France.

En fait, seule la création de pôles métropolitains, inscrite dans la loi, emporte l’adhésion, les Villes se mettant d’accord pour porter de grands projets au sein d’un syndicat mixte. Ainsi, Lyon et Saint-Étienne sont d’accord pour travailler ensemble à une meilleure harmonisation des transports et des événements culturels.

© Stéphane Menu pour LeJMED.fr

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