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Néné FAYE (PDG de Nefaline) : « Une femme de la diaspora doit savoir prendre des risques pour devenir entrepreneur »

9 juin 2026
Néné FAYE (PDG de Nefaline) : « Une femme de la diaspora doit savoir prendre des risques pour devenir entrepreneur »
Entourée de deux assistantes, Néné FAYE sur son stand durant les trois jours de la Foire. Photo © BF/APP - CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.
Aujourd’hui à la tête d’une entreprise de cosmétique, la Sénégalaise Néné Faye était pour la première fois panéliste à la IIe édition de la FIEDA – Foire internationale des entrepreneurs de la diaspora africaine – qui vient de se tenir à Bruxelles. Entretien.

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Propos recueillis par notre envoyé spécial à Bruxelles,
Bruno FANUCCHI, pour AfricaPresse.Paris (APP)

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APP – Vous participez à Bruxelles à la IIe édition de la Foire internationale des entrepreneurs de la diaspora africaine (FIEDA). Qu’êtes-vous venue y chercher ?

Néné FAYE – J’accompagne cette Foire depuis le début car j’ai croisé sa fondatrice, Ana Mbengue, lors d’une mission économique au Sénégal. Nous avons sympathisé et j’ai trouvé que son idée de créer cet événement était un projet pertinent dont les différentes diasporas africaines présentes en Europe avaient grandement besoin. Je suis donc fière de l’avoir accompagnée : depuis la première édition l’an passé, je suis partenaire et sponsor de la FIEDA. Vu mon expérience personnelle, j’ai trouvé que cela valait vraiment la peine car c’est un projet qui n’est pas uniquement sénégalais, mais qui réunit toute l’Afrique. Et même bien au-delà.

APP – Dans ce forum, cette année, vous êtes également panéliste...

Néné FAYE – C’est pour moi une grande première car je n’ai pas l’habitude de parler en public, mais le thème de ce panel m’a séduit : « Les femmes de la diaspora confrontées aux défis de l’entrepreneuriat ». Avec un échange d’expériences très riche sur nos différentes carrières et des conseils pratiques pour accompagner notamment les jeunes filles qui se lancent à leur tour dans ce secteur ou les affaires. Le but est, bien entendu, de leur éviter de commettre les mêmes erreurs que nous, ou que moi au début de mon parcours professionnel au sein de la diaspora.

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« Dans mon quartier depuis cinq ans, je vois
tous les jours un commerce qui ferme ! »

APP – Être entrepreneur, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Néné FAYE – C’est oser réaliser son rêve ou ce que l’on a envie de faire. Être entrepreneur, c’est prendre des risques, mais faire preuve aussi de patience pour se constituer une clientèle fidèle. Depuis la Covid, mon métier d’esthéticienne est considéré – en Belgique du moins – comme « métier à risque », et les banques hésitent à vous prêter de l’argent. D’autant plus qu’il y a beaucoup de faillites de sociétés qui ne vivent même pas un an. Cela fait cinq ans que je suis dans le même quartier de Bruxelles et, depuis cinq ans, je vois tous les jours un commerce qui ferme ! Mais cela fait cinq ans que, moi, je tiens le coup.

Il ne faut surtout pas baisser les bras dès que cela ne va pas. Il faut au contraire essayer d’innover et échanger avec d’autres entrepreneurs pour s’adapter et écouter les bons conseils. Ce n’est pas parce que l’on est entrepreneur que l’on est riche. Car la richesse tirée de cette expérience professionnelle est avant tout culturelle et humaine. J’ai d’ores et déjà de nouveaux projets pour mettre ici en valeur les ressources et produits du Sénégal comme le beurre de karité et l’huile baobab. C’est trop tôt pour vous en dire plus.

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Les panélistes entourent le Représentant de l’OIF, Khalid EL BERNOUSSI. De gauche à droite : Ndella THIAM, Ana MBENGUE, Esther MISHENG MBIDI, Néné FAYE et Saran NDIAYE. Photo © BF/APP - CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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APP – Peut-on revenir sur votre parcours, qui commence à Dakar ?

Néné FAYE – Sénégalaise et mère de deux enfants, dont je suis très fière, je vis et travaille en Belgique depuis quatorze ans. À l’origine, j’ai commencé ma carrière professionnelle comme infirmière à Dakar et suis aujourd’hui une « infirmière reconvertie » dans l’esthétique et dans l’entrepreneuriat. J’ai en effet fondé ma propre société et ma marque de cosmétiques que j’ai baptisée Nefaline. Et ce ne fut pas facile. Entrepreneur, c’est un véritable défi car on n’a plus de vie.
À Bruxelles, j’exerce comme esthéticienne et j’ai pignon sur rue avec un Institut de bien-être très bien placé dans le quartier de la Bonne Louise.

APP – Infirmière, c’était aussi pour vous une passion ?

Néné FAYE – En effet. Même si je suis CEO et fondatrice de Nefaline, je me sens encore infirmière, ma première passion, notamment pour le contact direct avec les gens. Dans ma tête, je suis une infirmière et resterai toujours infirmière pour porter assistance et prendre soin des autres. C’est mon tempérament.

Pendant le Covid, nous avions pratiquement plus le droit d’exercer ici en Belgique et c’est à ce moment qu’a commencé à germer l’idée de lancer ma propre société... pour retrouver un peu de liberté et continuer de travailler.

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« Ma fierté, ici, c’est
de représenter mon pays »

APP – Comment se reconvertit-on en femme entrepreneur ?

Néné FAYE – Ce fut bien sûr un peu compliqué. Quand on arrive déjà dans un pays étranger, on est obligé de passer par pas mal d’étapes qui ne sont pas simples. Puis on fait face bien souvent à toute une série d’obstacles imprévus ou de surprises administratives car il n’y a pas toujours – par exemple – d’équivalence de diplôme dans le secteur qui vous intéresse pour trouver du travail !

APP – Pourquoi avoir choisi ce nouveau métier ?

Néné FAYE – C’est quelque chose qui me ressemble et une activité que j’ai toujours adorée. Cela reste un métier de contacts humains, comme celui d’infirmière, car c’est un métier où l’on est toujours à l’écoute de l’autre, du patient ou du client. Et, à force de persévérance, j’ai fini par réussir à ouvrir mon centre et à imposer ma marque. Ce n’était pas évident. Quand on crée sa propre entreprise, on a toujours besoin de fonds et de soutiens financiers plus importants qu’initialement prévu. Mais il faut avoir le courage ou l’audace de se lancer sans attendre que tout soit parfait. Dans la diaspora, une femme entrepreneur doit savoir prendre des risques et s’imposer. Cela fait cinq ans que je travaille dans ce secteur et certaines clientes m’appellent « Nefaline », du nom de l’Institut.

APP – Cet Institut est aussi un lieu d’échanges culturels au service des différentes diasporas...

Néné FAYE – Mon but n’était pas uniquement de proposer des soins, mais de valoriser chaque personne qui entre dans mon Centre. Car, pour que cela marche vraiment, il faut aussi savoir bien se positionner sur ce marché où la concurrence est importante. J’ai fait de mon Centre – sur un espace de 120 m2 – un lieu de rencontres et d’échanges car la majorité de ma clientèle est internationale et multiculturelle. Et cela m’a également permis d’avoir personnellement une plus grande ouverture sur le monde extérieur et les autres cultures. Je peux vous confier qu’en une journée, nous pouvons recevoir parfois dans mon Institut une dizaine de nationalités différentes. C’est une grande richesse.

Aujourd’hui, je me considère un peu comme une ambassadrice de mon pays car j’ai su créer une relation de confiance avec ma clientèle qui est, bien entendu, essentiellement féminine. Ma fierté, ici en Belgique, c’est de représenter mon pays, le Sénégal.

APP – Pour conclure, quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui veulent se lancer à leur tour dans l’aventure entrepreneuriale ?

Néné FAYE – Le conseil que je donnerai, c’est d’abord de bien structurer son projet et ne pas hésiter à se lancer, croire en soi et sortir de sa zone de confort. Rencontrer ici – au cours de cette Foire à Bruxelles - d’autres femmes entrepreneurs permet de voir ce que les autres font, et de développer éventuellement des synergies. Mon expérience va peut-être me permettre d’accompagner des personnes pour leur éviter de commettre les mêmes « erreurs de jeunesse » que j’ai faites au début de ma vie professionnelle.

En savoir plus :
www.nefaline.eu

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