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Mohamadou Diallo, DG de CIO-Mag et organisateur des ATDA : « Pour l’Afrique, nous n’avons pas le droit de perdre la bataille de la transformation des données »

26 novembre 2018
Mohamadou Diallo, DG fondateur du magazine panafricain cio-mag.com et organisateur de cette VIIe édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA). © AM/AfricaPresse.Paris (APP)
Pas moins de trois ministres (du Congo, du Mali et du Maroc) étaient présents, ainsi que de nombreux dirigeants d’entreprise et personnalités associatives, pour écouter l’allocution d’ouverture de Mohamadou Diallo, DG fondateur du magazine panafricain cio-mag.com et organisateur de cette VIIe édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA). Dédiées au thème des Enjeux des données et impact de l’IA sur les ODD en Afrique, elles se sont déroulées dans les locaux prestigieux de l’Hôtel de l’Industrie, à Paris, les 22 et 23 novembre. Voici la synthèse du discours liminaire de Mohamadou Diallo.

« Les enjeux des données et impact de l’Intelligence sont deux thèmes centraux et disruptifs de la transformation digitale en Afrique. Qu’il s’agisse de la Big Data ou de l’intelligence artificielle (IA), nous avons souhaité l’aborder sous un prisme global, prenant en compte un très grand nombre de défis auxquels le Continent est confronté.

L’accroissement de la population, qui va passer de 1,2 milliard d’habitants à plus de 2 milliards en seulement quelques décennies, engendre de nouveaux défis et appelle à un changement de paradigme.
Dès lors, on est en droit de se demander comment les innovations technologies peuvent participer à l’accélération de l’atteinte des objectifs de développement durable consigné par les Nations Unies.

Dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de l’énergie, du changement climatique ou encore du genre, il s’agit de répondre à cette équation : comment les innovations peuvent-elles contribuer à éradiquer la pauvreté, protéger la planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité.

Le formidable potentiel des innovations

À ce sujet voici quelques exemples que nos experts pourront davantage développer durant ces deux journées :

- dans le domaine de l’éducation, où l’intelligence artificielle peut être un outil formidable pour vulgariser l’apprentissage des langues et des sciences en adoptant une approche personnalisée grâce à l’analyse des données ;

- dans le domaine de l’énergie, avec l’intelligence artificielle, nous pourrons aisément améliorer le réseau de distribution de l’électricité grâce aux algorithmes d’optimisation de chemin. Il sera ainsi possible : de prévenir les pannes et éviter les délestages intempestifs grâce à l’analyse prédictive ; d’optimiser la consommation d’électricité et éviter les pertes ; d’optimiser les flux d’énergie et les Smart grids.

- dans le domaine de l’agriculture, l’analyse prédictive permettra de tripler la productivité en fournissant en temps réel les informations essentielles qui permettront de réduire les coûts de fonctionnement et éviter les gâchis, gérer efficacement les consommations d’énergie et d’eau, d’analyser et de développer une exploitation intelligente des sols (imagerie par drones) et prévenir les aléas climatiques.

La salle historique des frères Lumière, à l’Hôtel de l’Industrie de Paris, lors de l’ouverture des VIIes ATDA, le 22 novembre 2018. De gauche à droite sur l’estrade : Arouna Modibo TOURÉ, ministre de l’Économie numérique et de la Communication du Mali ; Léon Juste IBOMBO, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique du Congo ; Mohammed BENABDELKADER, ministre de la Réforme de l’Administration et de la Fonction poublique du Maroc ; Mohamadou DiIALLO, DG fondateur du magazine panafricain cio-mag.com et organisateur de cette VIIe édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA). © AM/AfricaPresse.Paris (APP)

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L’éducation, première étape

Ces nouveaux usages sont appelés à se développer dans les prochaines années. Le facteur clé de succès pour une bonne maîtrise de l’ensemble de ces technologies passe forcément par l’éducation et la formation.

L’année dernière, lors de la précédente édition des ATDA que nous avions organisée à Bercy, à la veille du Sommet UE-Afrique, un certain nombre de recommandations a été formulé et soumis à l’Union européenne et à l’U africaine (UA).

Cela démontre encore une fois le sens de notre engagement pour le développement du numérique en Afrique. C’est un combat que nous menons depuis plus d’une décennie. Nous avons compris qu’être partenaire de la transformation numérique en Afrique, c’est aussi être sur le terrain, vivre au plus près des réalités africaines pour mieux comprendre les problématiques et être capables de proposer les solutions adaptées.

CIO MAG et les ATDA : déjà dix ans d’engagement !

CIO Mag que j’ai l’honneur de diriger depuis une décennie est partenaire des Clubs des Directeurs informatiques dans la plupart des pays. Je salue leur présence à nos côtés et leur présence dans cette salle.

Au fil des ans, les ATDA sont devenues une plateforme de partage et d’échange qui compte.

Chaque année, ce ne sont pas moins de dix forums-pays que nous organisons en Afrique. Cela nous permet de rencontrer les acteurs de l’écosystème pour mieux comprendre leur préoccupation au quotidien.

Avec ce formidable élan, nous avons créé un riche cadre de partage avec de grandes organisations, comme avec le MEDEF l’année dernière. Avec le Président Pierre Gattaz, nous avons réuni plusieurs décideurs africains et européens pour discuter sur la meilleure stratégie pour inscrire les vrais enjeux du numérique dans le cadre des négociations UE-Afrique.

Cette année, des échanges très riches ont été initiés entre DSI du Club Informatique des Grandes Entreprises de France et le CIO African Network en cours de création.

Des réflexions poussées seront ainsi poursuivies lors du dîner de gala de clôture commun que nous aurons le plus grand plaisir de partager avec les Présidents, les Directeurs généraux et les membres des Conseils de régulation de trente pays francophones, réunis à Paris dans le cadre du Fratel.

Voilà précisément ce qui détermine notre engagement en tant que partenaire de la transformation digitale en Afrique.
Nous poursuivrons ces actions aussi longtemps que nous pourrons pour vous accompagner dans vos efforts.

« Les données doivent être transformées
et valorisées à partir du Continent »

Pour conclure, j’ai l’habitude de dire que l’Afrique a perdu la bataille de la transformation des matières premières. C’est un fait.

Mais nous n’avons pas le droit de perdre la bataille de la transformation des données. Oui, les données sont l’or noir du XXIe siècle. Elles doivent être transformées, valorisées à partir du Continent. Cela passe par la formation par l’éducation de nos jeunes.

C’est rassurant de voir de grandes entreprises inspirantes comme SAS dans l’analytique, comme SAP s’intéresser à l’agriculture ou encore Atos, dans le développement du capital humain, investir et s’intéresser au continent africain. De voir des initiatives comme 10 000 codeurs se développer sur le Continent.

Ce sont des motifs de satisfaction qui donnent de l’espoir. »

Mohamadou DIALLO
Aux VIIes ATDA,
Paris, 22 novembre 2018

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LIENS UTILES

LES ATDA 2018
https://lesatda.com/

CIO-MAG
https://cio-mag.com/

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