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Michel Vauzelle : « Marseille-Provence 2013 enrichira la coopération culturelle euro-méditerranéenne »

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 27 avril 2011 | src.LeJMED.fr
Marseille -

Dans cette entrevue exclusive, accordée à LeJMED.fr en complément de la visite de presse du chantier du CeReM, Le Centre Régional de la Méditerranée de Marseille, Michel Vauzelle, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, précise l’implication de la Région pour la réussite Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, ainsi que les enjeux du rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée, et le rôle que la nouvelle structure du CeRem sera amenée à y jouer.

Photo ci-dessus : Michel Vauzelle, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur © Région PACA


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Michel Vauzelle, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, lors de la présentation du chantier du CeReM à la presse, le 15 avril 2011. © Nadia Bendjilali

LeJMED.fr - Lors de la conférence de presse de Marseille-Provence 2013, le 24 février dernier, vous avez évoqué l’engagement de la Région à la réussite de « l’année capitale ». Pouvez-vous nous préciser le sens de votre engagement, ainsi que la contribution de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

Michel Vauzelle - Dès la première heure, la Région s’est associée au projet de capitale européenne de la culture. La Région a en effet adhéré à l’association Marseille-Provence 2013 et participe activement au développement du projet, qu’elle soutient à hauteur de 12 250 000 €. Les objectifs fixés, le territoire concerné et les ambitions poursuivies par l’association rejoignent les préoccupations quotidiennes de notre Institution. Le projet de Marseille Provence 2013 converge très largement avec les priorités de la politique culturelle régionale : création, démocratisation et ouverture au monde.


LeJMED.fr - En quoi cette année d’événements sera-t-elle un moment charnière de la construction d’une "macro-région" entre voisins des deux rives, en tout cas sur le plan culturel ?

Michel Vauzelle - Marseille-Provence 2013 enrichira la coopération culturelle euro-méditerranéenne. La capitale sera un espace de création, de rencontres et de dialogue d’artistes locaux et d’artistes du Nord et du Sud autour de grands thèmes partagés.
MP2013 permettra également de fédérer les acteurs autour de projets de référence et de rayonnement internationaux, d’accroître les partenariats avec les pays et les métropoles de l’Europe méditerranéenne afin de mieux équilibrer culturellement l’Union vers son midi. L’année capitale permettra à mon sens de faire de Marseille-Provence une plate-forme pérenne de soutien à la création contemporaine euro-méditerranéenne.


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Photo ci-dessus : le chantier du CeReM, Centre régional de la Méditerranée, en avril 2011. Il fait face au chantier du MuCEM, Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. © Nadia Bendjilali

LeJMED.fr - Quels sont les engagements de votre Région dans
le partenariat euro-méditerranéen ? au plan institutionnel, culturel et économique ?

Michel Vauzelle - La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est au cœur de l’Euro-Méditerranée. Elle occupe une situation géostratégique entre Europe et Méditerranée, au débouché du couloir sud-nord représenté par la vallée du Rhône et au centre de l’arc latin de l’Europe, qui va de Malaga à Naples.

La Méditerranée n’est pas pour nous en situation de voisinage par rapport à l’Europe, elle n’est pas à la périphérie de l’Europe : la Méditerranée est une dimension historique, économique, sociale, culturelle de l’Europe. Il n’y a pas d’avenir pour l’Europe au sein de la mondialisation sans la Méditerranée. L’Europe n’existera, face à de grands pays-continents émergents comme l’Inde, la Chine et le Brésil, qu’avec les pays de la Méditerranée.

La politique internationale de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a fait de la Méditerranée sa priorité, inscrivant cette politique dans le partenariat euro-méditerranéen. Nous partageons de Marseille à Alexandrie, de Tanger à Izmir, une communauté de destin. Si l’Europe tourne le dos à la Méditerranée, elle ne pourra que décliner. Si l’Europe croit se défendre en se repliant sur elle-même, elle se trompe. Elle ne pourra que s’affaiblir en se retranchant derrière des barrières et des frontières qui ne la protègeront pas.

Ce qui protège l’Europe, ce sont les valeurs sur lesquelles elle a été construite : la démocratie, la solidarité, la justice sociale. Ce qui protège les peuples de l’Europe, ce sont les services publics qui garantissent l’accès de tous aux biens fondamentaux tels que l’éducation et la santé. Et je me réjouis que ces valeurs de démocratie et de liberté soient aujourd’hui les slogans de la rébellion de la jeunesse arabe au Sud de la Méditerranée.


LeJMED.fr - Depuis 2008, vous revendiquez pour les collectivités territoriales la reconnaissance d’une réelle capacité d’action au sein de l’institution UPM… mais quand l’Union pour la Méditerranée piétine, qu’en est-il sur « le terrain » ?

Michel Vauzelle - Quand l’Union pour la Méditerranée bute sur des conflits comme celui du Proche-Orient, nous, Régions et collectivités locales, continuons à travailler ensemble. C’est le sens de mon action en tant que Président de la Commission inter-méditerranéenne de la Conférence des Régions périphériques maritimes, qui rassemble une cinquantaine de régions méditerranéennes, en tant que Vice-président de l’ARLEM (Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne), et en tant que Vice-président, avec Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille, de la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements locaux unis. C’est ainsi que j’ai accueilli en juin 2008, avant le sommet des chefs d’État de l’Union pour la Méditerranée, le premier Forum des autorités régionales et locales euro-méditerranéennes.

La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a noué des relations de coopération avec des territoires de tous les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée faisant partie du partenariat euro-méditerranéen. Notre région, avec Marseille sa capitale, est devenue une tête de pont du partenariat euro-méditerranéen, un partenariat qui est plus vivant et plus concret au niveau des autorités régionales et locales qu’au niveau intergouvernemental.


LeJMED.fr - Considérez-vous que l’Union européenne s’implique suffisamment en faveur du partenariat méditerranéen ?

Michel Vauzelle - Avec les régions méditerranéennes j’ai interpellé les autorités européennes et le Président Barroso, pour que l’Union européenne rééquilibre les moyens qu’elle attribue à la Méditerranée avec ceux, beaucoup plus importants, qu’elle engage pour le développement des pays de l’Est.
Il faut en Méditerranée que l’Europe se donne les moyens d’une véritable convergence pour faire cesser les écarts de développement entre les deux rives, des écarts qui sont source de tensions. Il y a, au Sud de la Méditerranée, toute une jeunesse sans perspectives qui, aujourd’hui, se révolte. La France et l’Europe ont été trop lentes à prendre la mesure de cette révolution qui est une nouvelle chance pour la construction d’un espace euro-méditerranéen de paix et de solidarité.
Pour répondre à cette situation nouvelle, j’ai demandé que soit mise en place une Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Méditerranée, se substituant à l’Union pour la Méditerranée qui a échoué.

Alors, bien entendu, Marseille capitale culturelle de l’Europe et de la Méditerranée doit symboliser tout cela. J’y apporterai ma pierre avec la construction du CeReM qui, par sa vocation de lieu fédérateur des acteurs de la Méditerranée, cristallisera cette inscription de la Région au cœur de l’espace euro-méditerranéen.


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La maquette du CeReM, conçu par l’architecte Stefano Boeri. © DR

LeJMED.fr – Vous avez invité récemment la presse à la visite du chantier du CeReM, Le Centre Régional de la Méditerranée de Marseille. Voulez-vous nous rappeler les objectifs et l’esprit de ce nouveau lieu, qui sera disponible au début de « l’année capitale » 2013 ?

Michel Vauzelle - La décision de créer le CeReM est née d’un constat géopolitique : celui d’un éloignement progressif et continu entre les pays de la rive Nord et de la rive Sud du bassin méditerranéen. C’est ce défi que depuis plusieurs années la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur tente de relever en s’engageant, avec les outils dont elle dispose, dans une politique volontariste de coopération décentralisée. La vocation du CeReM est de donner à voir cet engagement pour apporter au plus large public des clefs de lecture d’un espace – géographique, historique, mental… – dont la richesse et la complexité sont inépuisables.

C’est cela que le CeReM va essayer de faire découvrir et partager à ses visiteurs. Nous ne sommes pas là dans le cadre rigide d’un musée, au contraire : le challenge est bien d’offrir aux visiteurs une autre façon de voir le monde et de s’y déplacer au gré des animations proposées.

D’abord dans ce qui a été conçu comme un « Parcours des Méditerranées », c’est-à-dire une présentation de l’univers méditerranéen à la fois au travers de multiples animations en même temps qu’un processus interactif pour permettre à chacun de se déplacer librement, en fonction de ses choix, de ses intérêts ou de ses envies. Des éléments sonores, visuels, olfactifs, technologiques l’aideront à se mouvoir, tandis que, dans ce parcours voulu « sensible », le visiteur pourra sans cesse réagir, donner son avis, raconter ses souvenirs, partager ses idées…. Il s’agit de faire en sorte que chacun puisse accéder à une connaissance personnalisée du monde méditerranéen tout en promouvant un échange permanent entre le lieu et ceux qui l’arpentent.


LeJMED.fr – Et en termes de programmation ?

Michel Vauzelle - Chaque année, des « saisons » rythmeront la vie du CeReM. Deux saisons sont prévues en 2013, et dès 2014, ce seront trois rendez-vous que le CeReM offrira aux visiteurs. Selon un principe déjà défini : une saison de printemps autour de la « Méditerranée en marche » dans les domaines scientifique, culturel, économique, social, artistique ou politique ; une saison d’été sur le thème de « La Méditerranée en partage », tournée vers la découverte de la diversité et de la richesse culturelle du bassin. Enfin, la saison d’automne, dédiée à « la Méditerranée demain », qui s’attachera à évoquer l’avenir, puisqu’elle s’adressera aux jeunes et leur proposera de réfléchir au futur de cet espace, avec le soutien de scientifiques, de politiques, d’économistes …

Mais, le CeReM n’est pas seulement un lieu ouvert à un large public, il se veut aussi et dans le même objectif le carrefour où se croisent et échangent tous les hommes et les réseaux qui font la Méditerranée d’aujourd’hui et surtout celle de demain.

C’est pourquoi, y seront organisé de manière permanente des forums et des rencontres sur les sujets les plus divers regroupant intellectuels, chercheurs, hommes d’entreprises, hommes politiques, diplomates etc.

En cela, il sera un lieu de création et d’invention de la Méditerranée de demain, pouvant accueillir des structures qui la construisent ; ce sera donc un lieu de « soft power » où se retrouveront ceux qui l’étudient, ceux qui veillent sur son environnement ou qui scrutent son avenir, mais aussi tous ceux qui créent, qui proposent et qui agissent pour le développement social, économique et culturel de cet espace.

Propos recueillis par Nadia BENDJILALI pour LeJMED.fr

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Sur le même sujet :
- Michel Vauzelle : « Le CeReM sera une ambassade la Méditerranée à Marseille, et un symbole de fraternité »
- Renaud Muselier :
« Marseille sera prête pour son année 2013 de capitale européenne de la Culture »

- Marseille-Provence 2013 : l’année Capitale européenne de la culture sera très méditerranéenne !
- Site de MP2013
- Télécharger le dossier de presse

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En savoir plus :
- Visites organisées gratuites du chantier du CEREM, le mardi à 14 h et le jeudi à 10 h. Sur réservation auprès de
La Maison de la Région
61, La Cannebière
Tél. : 04 91 57 57 50

- Maquettes, films en 3 D, illustrations du bâtiment du CeRem : voir à tv.regionpaca.fr
- Les grands chantiers de la Région PACA

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