Me Raoul DELAMARE, Président de la CCFA : « La France doit faire les efforts nécessaires pour développer encore notre partenariat solide avec l’Égypte »
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par Alfred MIGNOT, Directeur de AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse
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Devant un public de diplomates, d’entrepreneurs et de décideurs, Maître Raoul Delamare a souligné le poids stratégique de l’économie égyptienne dans l’espace arabe et au-delà : « En tant que Président de la Chambre de commerce franco-arabe, je tiens d’abord à souligner l’importance primordiale de l’économie égyptienne au sein des économies des pays arabes », a-t-il déclaré d’emblée, en rappelant que l’Égypte demeure un acteur central au Proche-Orient et en Afrique.
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Une économie sous
pression, mais résiliente
Le Président de la CCFA a reconnu l’existence de tensions macroéconomiques en Égypte, mais a estimé qu’elles étaient souvent exagérées : « On lit souvent que l’Égypte, en 2026, est une économie sous tension et en transformation. […] Mais, à mon sens, elles sont surmédiatisées », a-t-il affirmé.
Pour lui, les fondamentaux restent solides : un marché intérieur important, une position géographique unique entre Méditerranée, mer Rouge, golfe et Afrique, ainsi qu’une volonté politique de transformation structurelle. Il a ainsi cité les grands chantiers en cours – infrastructures de transport, ports, énergie, nouvelles villes, zones industrielles et hub logistique du canal de Suez – comme autant de preuves d’une stratégie de long terme.
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Le canal de Suez,
un atout souverain
Me Delamare a insisté sur le rôle géoéconomique du canal de Suez et des espaces maritimes adjacents : « Le Canal de Suez, la Mer Rouge, la Méditerranée orientale ne sont plus simplement des espaces de transit, ce sont des axes stratégiques de souveraineté économique », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, il a décrit l’Égypte comme une future plateforme de production, d’exportation et de services. Selon lui, l’intérêt croissant des investisseurs du Golfe, d’Asie et d’Europe confirme cette évolution, dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes de valeur, de l’énergie et des transports.
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La France invitée
à s’impliquer plus
Le président de la CCFA a toutefois tenu à formuler un avertissement : la relation franco-égyptienne, bien que solide, doit évoluer pour rester compétitive : « Il faut donc que la France fasse les efforts nécessaires pour que le partenariat solide qui nous lie puisse se développer encore et se renouveler », a-t-il plaidé.
Il a rappelé que les entreprises françaises disposent déjà de positions fortes en Égypte dans plusieurs secteurs : transports, énergie, eau, construction, télécoms, santé et agro-industrie. Mais, a-t-il ajouté, la concurrence internationale s’intensifie, avec des acteurs qui proposent des offres plus intégrées et plus offensives.
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Des échanges encore
en deçà du potentiel
Maître Delamare a également cité les données du commerce bilatéral pour illustrer la nécessité d’un nouvel élan. Selon lui, la France n’a été que le dixième partenaire commercial de l’Égypte entre 2022 et 2024. En 2024, les échanges bilatéraux se sont établis à 2,95 milliards d’euros, avec 1,69 milliard d’euros d’exportations françaises vers l’Égypte et 1,16 milliard d’euros d’importations françaises en provenance d’Égypte.
Il a noté que les exportations françaises restaient largement tirées par l’aéronautique, tandis que les importations égyptiennes vers la France avaient atteint un niveau historique, portées par la compétitivité de certains produits, notamment raffinés et chimiques. Cette progression montre, selon lui, que le potentiel existe, mais qu’il reste encore largement sous-exploité.
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Trois axes pour avancer
Pour renforcer la relation économique entre les deux pays, le président de la CCFA a proposé trois priorités :
– Premièrement, construire des projets systémiques, au-delà des simples appels d’offres, afin de co-développer des écosystèmes industriels, énergétiques, urbains, logistiques et numériques.
– Deuxièmement, investir davantage dans le capital humain, la formation, l’ingénierie, l’enseignement supérieur et la francophonie. « La France dispose à ce niveau d’un avantage comparatif, stratégique, durable », a-t-il estimé, en défendant une coopération de long terme.
– Troisièmement, accompagner la transition économique égyptienne dans des domaines jugés décisifs : énergie décarbonée, gestion de l’eau, agriculture intelligente, santé, numérisation des services publics et modernisation administrative. Pour lui, la France doit se positionner comme un partenaire de transformation, et non comme un simple fournisseur.
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Un appui concret
aux entreprises
Me Delamare a enfin illustré le rôle opérationnel de la CCFA à travers l’exemple de deux entreprises agricoles égyptiennes, venues chercher un appui pour développer leurs ventes en France. Il a expliqué que leur projet se heurtait aux normes européennes et françaises, notamment dans le domaine agroalimentaire.
Pour répondre à ce type de difficultés, la CCFA propose d’organiser des réunions d’information pour les entreprises arabes et égyptiennes, afin de mieux les préparer aux exigences réglementaires françaises. « Il s’agit d’exemples de services que nous sommes en mesure de rendre aux entreprises égyptiennes », a-t-il précisé, en réaffirmant que la Chambre leur est ouverte.
En conclusion, Me Delamare a appelé à faire du partenariat franco-égyptien un levier plus ambitieux de coopération économique, d’investissement et de transfert de compétences. Un message clair, au moment où l’Égypte cherche à consolider sa place dans les grandes reconfigurations économiques régionales.
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