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Maroc Entrepreneurs fête ses 20 ans à Paris – La diaspora marocaine invitée à contribuer à un nouveau souffle du développement économique

27 janvier 2020
De gauche à droite : Hassan Abou Ayoub, ambassadeur du Maroc auprès de la Roumanie et de la Moldavie ; Farida Moha, journaliste et modératrice de la conférence ; le Professeur Driss Guerraoui, président du Conseil de la Concurrence ; Jean-Pascal Darriet, directeur général de Lydec (filiale marocaine de Suez) et président de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc. © JLA
L’association, qui a célébré son vingtième anniversaire le samedi 25 janvier à Paris, a organisé plusieurs tables rondes sur les transformations socio-économiques du Royaume de ces vingt dernières années, en présence de nombreuses personnalités dont beaucoup venues tout spécialement de Rabat ou de Casablanca.

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Jean-Louis Alcaide, AfricaPresse.Paris
@jlalcaide1 | @PresseAfrica

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C’est une belle et joyeuse fête que Maroc Entrepreneurs a organisé samedi 20 janvier à Paris pour célébrer ses 20 ans, en partenariat avec une trentaine d’entreprises, d’organisations et médias dont AfricaPresse.Paris. Cette association présidée par Bouchra Bayed revendique « 12 000 membres qui se recrutent parmi l’importante diaspora partout dans le monde » (estimée à 4,5 millions de personnes), objet de toutes les attentions des nombreuses personnalités marocaines présentes.
Car si la fête était conviviale, cela n’a pas empêché d’aborder les problématiques très actuelles du royaume chérifien, lors de plusieurs tables rondes animées par la journaliste indépendante Farida Moha. L’événement a même été l’occasion de lancer de multiples appels pour que les élites marocaines vivant à l’étranger retournent au pays pour contribuer à donner un nouveau souffle au dynamisme du développement économique, cela grâce aux compétences acquises ailleurs.

Capital humain disponible

Ainsi, tout en rendant « hommage aux entrepreneurs », Saâd Bendourou, chef de mission adjoint à l’ambassade du Maroc en France, a souligné que « malgré la démographie favorable d’une population jeune et croissante, nous avons toujours une certaine difficulté à mobiliser du capital humain disponible au Maroc, notamment les jeunes et les femmes », ce qui est essentiel pour maintenir « des gains de productivité élevés sur une longue période ». Or, a-t-il ajouté, « en face d’une concurrence de plus en plus agressive », le « défi » aujourd’hui est de faire « passer l’économie marocaine à un autre palier, celui des créateurs et de la créativité ».
Le n° 2 de l’Ambassade du Royaume du Maroc en France a notamment ajouté : « Nous sommes certainement appelés aussi à développer davantage un meilleur accès au financement des petites entreprises et des start-up pendant tout leur cycle de vie, ainsi que des institutions qui les soutiennent.
L’on peut se réjouir et se féliciter du nouveau Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat dans le budget 2020, alimenté avec une première dotation de 6 milliards de DH (près de 200 millions d’euros) pour favoriser l’exécution des orientations Royales pour le financement des jeunes et des TPME. Ainsi que le programme CDG invest “212 founders” pour promouvoir la création et la croissance des start up avec une enveloppe de près de 3M de Dhs. »

Le retour gagnant-gagnant

Alors que les transferts de la diaspora (65 milliards de dirhams, soit 6 ,1 milliard d’euros) sont la première source de devises de l’économie marocaine (devant le tourisme, l’exportation automobile et les phosphates), il faut quand même « réfléchir à un plan d’action, concerté et intégré, pour faciliter le retour gagnant-gagnant des compétences marocaines expatriées » afin de permettre l’« arrimage du Maroc à l’économie mondiale », a estimé quant à lui Abdesselam El Ftouh, directeur du Pôle économique de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE, désormais également nommés Marocains du Monde).

Politique d’accompagnement

Les descendants des premiers migrants des années 1960 « ont un lien moindre avec le Maroc », a noté cependant Wassim Biaz, directeur Pôle Banques des Marocains du monde à la Banque centrale populaire (BCP). « Il faut, a-t-il renchéri, une véritable politique d’accompagnement des Marocains du monde », ainsi qu’une « meilleure représentativité » politique.

De gauche à droite : Abdesselam El Ftouh, directeur du Pôle économique de la Fondation Hassan II pour les marocains résidant à l’étranger, Wassim Biaz, directeur Pôle Banques des Marocains du monde à la Banque centrale populaire (BCP). © LJA

Wassim Biaz avait auparavant longuement défendu le système bancaire marocain, en pleine évolution, car son « modèle de croissance au cours d’une période euphorique » a désormais « atteint ses limites ». Des limites d’autant plus atteintes que, a rappelé la journaliste Farida Moha, dans son discours d’octobre 2019, Sa Majesté Mohammed VI « avait secoué le cocotier et donné un coup de semonce au système financier » – accusé de prendre peu ou pas de risques et de perpétuer une économie de la rente – afin qu’il « finance mieux l’économie et accompagne la dynamique de développement » du royaume.

« La mobilisation des compétences marocaines du monde »

« Une des priorités majeures, c’est la mobilisation des compétences marocaines du monde », a confirmé Mounia Haoudi Marzak, directrice la Communication et de la Mobilisation des compétences des Marocains du Monde au ministère délégué en charge des Marocains résidant à l’Étranger. « Le Maroc, a-t-elle précisé, a besoin de transferts de compétences, transfert d’expertises. Nous avons besoin de consolider notre tissu entrepreneurial, donc besoin d’entrepreneurs, d’investisseurs ». « Je vous invite à être acteurs : créez vos réseaux ! », a exhorté Mounia Haoudi Marzak, car « nous avons besoin de vous réunir en réseaux pour pouvoir vous accompagner et vous orienter, ce que nous faisons au quotidien ».

Un rôle essentiel pour la diaspora : faire de la politique

Pour attirer la diaspora et lui donner « confiance », il faut se « débarrasser d’un certain nombre de tabous », a dit pour sa part Hassan Abou Ayoub, ambassadeur du Maroc auprès de la Roumanie et de la Moldavie. Par exemple, « la loi doit être la même pour tous », le Marocain de l’extérieur « est chez lui au Maroc », il doit être accompagné avec « une sérénité juridique, fiscale et de sécurité » et être « protégé » pour qu’il « ne se fasse pas rançonner sur l’autoroute entre Casablanca et Rabat ».

« La diaspora, a observé l’ambassadeur, a un rôle essentiel, et pas seulement celui de créer des entreprises – ce que l’on peut faire à distance –, mais celui d’être l’alternative à l’élite qui n’existe pas : votre mission c’est aussi de faire de la politique et enrichir les structures qui constitutionnellement sont chargées de conduire notre avenir » en participant au nouveau modèle de développement appelé de ses vœux par Mohammed VI, afin de « réinventer le lien social ». « Nous avons aussi besoin de compétences dans le débat politique national ! », a lancé Hassan Abou Ayoub.

Cinq défis

Le Professeur Driss Guerraoui, président du Conseil de la Concurrence, a préféré quant à lui évoquer les cinq défis majeurs qui attendent le Maroc au cours des vingt prochaines années. Après avoir constaté que le pays « s’est considérablement enrichi » depuis vingt ans, avec un triplement de son PIB, Driss Guerraoui a ainsi estimé que, pour consolider les énormes acquis engrangés, il faut à présent « généraliser la modernisation économique et sociale pour touche toutes les régions du pays et bénéficie à toutes les couches de la société ».

« Deuxième défi, celui de la répartition des fruits de cette modernisation pour que tous les citoyens et toutes les régions en profitent. La « gouvernance responsable » est le troisième défi à relever et le Maroc s’y est déjà attelé en soumettant ses institutions au principe du contrôle, de l’évaluation, du suivi et surtout de la reddition des comptes ». Car pour « libérer les énergies », a martelé Driss Guerraoui, la concurrence doit être « libre et loyale » ce qui passe par « la lutte efficace et sans merci contre les rentes, les passe-droit, le clientélisme, la corruption et contre toutes les déviances qui font qu’aujourd’hui nous avons besoin de cette gouvernance responsable ». La soutenabilité et la durabilité du nouveau modèle économique à bâtir sont les quatrième et cinquième défis.

Servir l’entreprise marocaine

Jean-Pascal Darriet, directeur général de Lydec (filiale marocaine de Suez) et président de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc, a tenu à répondre aux reproches qu’il entend « de plus en plus souvent » sur la captation des talents par les pays développés de cadres et diplômés Marocains, privant ainsi le pays de compétences. À Lydec, « j’ai de temps en temps des talents qui partent et je le regrette, a affirmé le DG, mais en même temps, ils vont acquérir de la compétence ailleurs. Nous devons alors leur donner envie de revenir car leurs nouvelles compétences pourront servir l’entreprise marocaine ».

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