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Lisbonne, la capitale méditerranéenne sur l’Atlantique

Portugal | 27 juillet 2010 | src.leJMED.fr
Lisbonne -

Bien sûr, chacun sait que Lisbonne est baignée par l’Atlantique ! Pourtant, qui songerait à contester le caractère si fortement méditerranéen de la belle capitale du Portugal, plus ancienne nation du sud européen ? Lisbonne, la « rescapée belle », a survécu à bien des catastrophes avant de parvenir à cette nouvelle renaissance que nous observons aujourd’hui. Aristocratique et populaire, à la fois nostalgique et enthousiaste, elle s’est modernisée mais n’a rien perdu de son charme légendaire.

Photo ci-dessus : une vue de l’emblématique Tour de Belém, à Lisbonne. © Dynamosquito


Majestueux et calme, le fleuve Tage baigne Lisbonne et forme une grandiose baie naturelle dans son estuaire long de dix-sept kilomètres. De cette rade sont partis des marins intrépides qui ont repoussé aux confins du monde les frontières des terres connues. Ils s’appelaient Vasco de Gama, Bartolomeo Dias, Cabral , Albuquerque et bien sûr Magellan. Découvreurs des routes des Indes et des Amériques, ils sont à l’origine des conquêtes portugaises des lointains outre-mer. Lisbonne, capitale du Portugal depuis le XIIIe siècle, garde le souvenir de ces grandeurs passées, mais aussi de la présence maure – qui dura 350 ans, mais dont elle se dégagea dès 1139, soit trois siècles et demi avant l’Espagne.

Alfama et Barrio Alto, vieux quartiers pittoresques

À Lisbonne, le promeneur est roi. Entre deux tramways – qu’on appelle ici « l’électrico » –, la visite du centre historique s’effectue forcément à pied, tant il serait hasardeux de s’aventurer en voiture dans les ruelles étroites, souvent aménagées avec des escaliers.

C’est en particulier le cas de l’Alfama, antique quartier maure accroché à l’une des sept collines de la ville, et miraculeusement rescapé du grand tremblement de terre de 1755, tout comme de l’incendie de 1988. Labyrinthes de ruelles étroites, passages voûtés et venelles tortueuses, façades aux couleurs pastels rehaussées de balconnets fleuris en fer forgé, composent une atmosphère sereine et accueillante, souvent baignée… d’odeurs de sardines grillées mêlées aux parfums de l’Orient et aux éclats de voix d’enfants jouant au ballon sur la moindre placette.

Ici, comme dans les proches quartiers Saint Georges et Mouraria, le moment fort de l’année est le mois de juin, lorsque les rues s’animent de fêtes populaires et religieuses en hommage aux saints, et particulièrement à la Saint Antoine – né à Lisbonne en 1195 –, fête qui tombe souvent le 13 du mois.

Tout près, lui aussi au bord du Tage, Le Barrio Alto – littéralement « le quartier haut » – essentiellement daté du XVIe siècle, est l’un des quartiers les plus pittoresques et animés de la capitale : l’artisanat traditionnel fait ici bon ménage avec les boutiques de mode, les bars et les boîtes de nuit. Mais les boutiques de luxe, vous les trouverez dans le quartier Chiado : depuis le XIXe siècle, son décor haussmanien a toujours attiré intellectuels, étudiants et élégantes. Le « poète national », Fernando Pessoa, était un habitué des lieux, et particulièrement du café « A Brasileira », toujours très fréquenté par les étudiants.

L’emblématique tour de Belém

Aux avant-postes ouest de la ville, sentinelle dressée face à l’océan, la tour-forteresse de Belém est le plus ancien témoignages de l’âge d’or portugais. Érigée au milieu du XVe siècle, elle avait pour mission d’interdire l’accès de l’estuaire aux bateaux ennemis. De là aussi partaient les navigateurs à la découverte des nouveaux mondes, vers l’Afrique, les Indes et les Amériques…

Aujourd’hui, Belém est un beau quartier résidentiel, agréable à vivre avec ses nombreux jardins et espaces verts. Ici, il faut bien sûr visiter la Tour mais aussi le Monastère Jérominos. Bâti sur l’ordre de Manuel Ier, à la fin du XVe siècle, en hommage à la découverte de la route des Indes, il est l’un des plus beaux monuments manuélins, et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, tout comme la Tour.

Tout près, sur la même Avenida de Brasilia qui conduit à la Tour de Belém, allez admirer la caravelle de pierre qui semble surgir de l’océan : elle a été édifiée en 1960, pour le 500e anniversaire de la mort de Henri le Navigateur (1394-1460), l’un des principaux artisans des « Découvertes » portugaises. Le monument dispose d’un auditorium, de salles d’expositions et offre aussi un magnifique point de vue sur l’estuaire du Tage.

Mais, si vous voulez faire plaisir à des amis portugais, demandez-leur de vous accompagner à une visite de la cathédrale de Lisbonne. De style roman, en croix latine à trois nefs et chapelle gothique, elle est célèbre pour ses fonds baptismaux du XIIe siècle, où fut baptisé Saint Antoine… mais surtout, elle est chère au cœur des Portugais pour avoir été construite sous le règne de leur premier monarque, le « libérateur » Afonso Henriques (1109-1185) : de cette époque date la naissance de la « vieille » nation portugaise, la plus ancienne d’Europe, après la France.

Les hauts-lieux incontournables

La Lisbonne moderne s’est beaucoup embellie à l’occasion de l’Exposition universelle de 1998, sur le site du « Parque das Nações » (Parc des nations). Érigé au nord-est de Lisbonne, sur 5 km le long du Tage et à 5 minutes de l’aéroport, le Parc rassemble plusieurs réalisations remarquables d’intérêt touristique : « El Oceanario », gigantesque aquarium peuplé de 15 000 espèces animales différentes ; la tour futuriste Vacsco de Gama, à la forme de voile déployée : haute de 140 mètres, elle offre une vue unique sur le Tage et Lisbonne ; le Pavillon des Sciences, où se tiennent colloques et expos interactives ; le Bowling international, l’un des plus grands d’Europe avec ses trente pistes et enfin, pour prendre l’air d’une manière originale, un téléphérique long de 1 km !

Les amateurs d’art ne quitteront pas cette capitale sudiste sans se rendre au Musée de la Fondation Gulbenkian (Av. de Berna, 45), du nom du milliardaire arménien tombé amoureux de Lisbonne, à laquelle il fit don d’une des plus riches collections d’art d’Europe : des centaines de pièces magnifiques d’art égyptien, oriental et européen, des tableaux (des Rembrandt, Van der Weyden, Watteau, Fragonard, Guardi…), des sculptures (Houdon), des pièces d’art décoratif et d’orfèvrerie, des bijoux de René Lalique… « Annexe » du Gulbenkian à ne pas négliger, le Museu do Centro de Arte Moderna (R. Dr. Nicolau Bettencourt), totalement dédié à l’art du XXe siècle.

Nuits lesboètes au son du « fado »

Mais, la capitale du Portugal ne serait pas une cité si chaleureuse sans sa composante « populaire », qui trouve son expression la plus achevée dans le chant du « fado ».

À la tombée de la nuit lorsque les artisans ont tiré leur rideau de fer, les rues des vieux quartiers immanquablement se mettent à résonner de complaintes mélodieuses. C’est le fameux « fado » – mot signifiant « destin » –, chant âpre et triste du peuple, tout empreint de « saudade », indicible complainte de l’âme portugaise, définie comme une douce nostalgie des temps révolus ou d’un désir jamais réalisé…

Bars, restaurants, vous n’aurez aucune peine à trouver un lieu où partager un moment d’émotion avec les Lesboètes. Parmi les lieux les plus célèbres, notez cependant le « Pavilhão Chinês », ancienne boutique d’épices d’Orient, dans le vieux quartier du Barrio Alto, au 89 rue Dom Pedro V : l’intelligentsia locale fréquente volontiers ce lieu baroque où petits soldats de plomb et déco 1900 cohabitent harmonieusement ; le « Senhor Vinho », autre incontournable référence du « fado gastronomique » au 18 rue Do Meio, dans le quartier de Lapa, revendique un fado plus aristocratique, tandis que la discothèque « Fragil », au 124 rue Atalaia, s’affiche ostensiblement « branchée »… car l’inusable fado semble aussi pouvoir s’accommoder des noctambules post-modernes !

Tout comme Lisbonne, qui a su surmonter tremblements de terre et incendies pour s’élancer vers une nouvelle renaissance.

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Et aussi…

L’azulejo dans tous ses éclats

Les azulejos ? Vous n’y couperez pas. La plupart des façades présentent un échantillon de ces tommettes émaillées et peintes d’un bleu unique, « azul ».

Ambassadeurs universellement connus de l’art décoratif portugais, ces carreaux de faïence servent depuis le XVe siècle de support à toutes les chansons de geste qui ont peuplé l’imaginaire et l’histoire du pays : scènes de guerre et de chasse, portraits, animaux de légende et, bien sûr, navires et marins au long cours…

Lisbonne a naturellement dédié un musée à cet art si typiquement portugais. Installé dans les cloîtres du Convento da Madre de Deus (XVIe s.), au bord du Tage, le Museu Nacional do Azulejo propose une immense collection de pièces, depuis l’azulejaria archaïque du XVe siècle jusqu’à la production contemporaine.

© Alfrd Mignot 2008 pour leJMED.fr


RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

AVANT LEPART

Une carte d’identité en cours de validité suffit pour les ressortissants de l’Union Européenne.

SE RENDRE À LISBONNE

En avion. TAP Air Portugal, la compagnie nationale portugaise, et Air France assurent plusieurs liaisons quotidiennes avec Lisbonne. L’aéroport international de Lisbonne est situé à 7 km de la capitale. On rejoint le centre ville et la gare ferroviaire Cais do Sodré en 20 min en taxi ou avec l’Aérobus Carris n° 91. Départ toutes les 20 min.

SEPLACER À LISBONNE

En voiture. Mieux vaut la laisser au parking. Les places sont rares et les embouteillages très fréquents.
En métro. Depuis l’exposition universelle de 1998, 4 lignes de métro quadrillent la ville.
En tramway et funiculaires (élévadores). Les plus vieux trams ont du charme mais des places limitées ; plus spacieux, les nouveaux tramways bénéficient de l’air conditionné, tandis que les deux funiculaires desservant le Barrio Alto s’accrochent aux rues les plus pentues de la capitale.
Taxi. Ils sont disponibles 24 h/24, mais l’on ne trouve plus guère les anciens et typiques véhicules noirs au toit vert.
Bus. Les autobus locaux 5, 22, 44 et 83 sont en service de 6 h à 21 h 30 et l’autobus n° 45 jusqu’à 1 h 15.

SEPLACER AU PORTUGAL

Voiture. Le Portugal est aujourd’hui doté d’un bon réseau autoroutier. Mais, prudence, la conduite des Portugais reste encore quelque peu fantasque.

Train. La plupart des régions sont desservies par le train. On rejoint Porto par l’Alfa, un train à grande vitesse. Il existe aussi le Rapido Inter-Cidades qui relie les villes les plus importantes. Les trains régionaux et interrégionaux sont plus lents et moins confortables.

Autocar. De nombreuses sociétés d’autocars proposent des prestations de qualité, des circuits découverte de Lisbonne et des alentours dans des véhicules très confortables.

LA LANGUE

Le portugais, bien sûr, également langue officielle du Brésil.

LA MONNAIE

Le Portugal est passé à l’euro dès janvier 2002. Distributeurs et commerces acceptent de nombreuses cartes bancaires (Visa, MasterCard, American Express, Diners Club...).

LE CLIMAT

Dans le Nord du pays, le climat est plus continental que dans le Sud, en Algarve où les températures estivales atteignent souvent les 40°C. À l’intérieur du pays, les hivers sont plus froids.

ÉLECTRICITÉ

220 volts. Les prises sont les mêmes qu’en France.

TÉLÉPHONER

De France vers le Portugal : 00 35 + indicatif de la ville (1 pour Lisbonne, 2 pour Porto) + n° appelé.
Portables : les réseaux couvrent l’ensemble du pays.

CALAGE HORAIRE

Le Portugal est en décalage d’une heure par rapport à la France : midi à Paris = 11 h à Lisbonne.

INTERNET

Des cybercafés existent dans toutes les grandes villes ; cyberaccès dans certains bureaux de poste.

HORAIRES et USAGES

Les bureaux de poste sont ouverts de 8 h 30 à 18 h 30. Les banques de 8 h 30 à 15 h du lundi au vendredi, et les centres commerciaux jusqu’à minuit.
Les Portugais n’aiment pas beaucoup que l’on s’adresse à eux en espagnol. Ils apprécieront un Bom dia (bonjour) et les efforts des étrangers pour parler leur langue. Il faut pratiquer la politesse à l’ancienne. Pourboires : 10 à 15 %. au restaurant, 10 % pour les taxis.

QUE RAPPORTER DE LISBONNE ?

Des poteries en terre cuite, des céramiques utilitaires ou décoratives, de la faïence, mais aussi des articles de cuir, des bijoux et objets en argent et en or, des broderies, des tapisseries et, bien sûr, des azulejos. Vous en trouverez une grande variété, à prix abordables, à la boutique du Musée national de l’Azulejo (Rua a Madre de Deus, à Lisbonne) ;

ADRESSES UTILES

À PARIS
Ambassade du Portugal
3, rue de Noisiel - 75116 Paris
Tél. : 01 47 27 35 29
Site : https://www.embassy-worldwide.com/embassy/embassy-of-portugal-in-paris-france/
Courriel : mailto@embaixada-portugal-fr.org

Office du commerce et du tourisme Icep-Portugal
135, Bd Haussmann - 75008 Paris
Tél. : 01 53 83 30 80
Site : www.portugal.org

Chambre de commerce franco-portugaise
219, Bd Saint-Germain - 75007 Paris
Tél. : 01 42 22 54 59

AU PORTUGAL
Ambassade de France
5, Rua Santos-o-velho - 1249 Lisboa
Tél. : (00 351) 21 393 91 00
Site : www.ambafrance-pt.org

Office de tourisme de Lisbonne
15, Rua do Arsenal - 1100 Lisboa
Tél. : (00 351) 21 031 27 00
Site : www.atl-turismolisboa.pt

Chambre de commerce luso-française
9, Avenida da Liberdade, 1250 Lisboa
Tél. : (00 351) 01 324 19 90
Site : www.ccilf.pt


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