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Emmanuel DUPUY (IPSE) - Les avancées des plans Maroc Bleu et Maroc Vert, un atout pour les coopérations internationales du Royaume

13 août 2019
Une contribution d’Emmanuel DUPUY, Président de l’IPSE, Institut Prospective et Sécurité en Europe (Paris). © DR
Ces dernières années, certains pays en Afrique redécouvrent les vertus de l’agriculture et la pêche. Des activités indispensables à la sécurité alimentaire, mais aussi riches de grandes opportunités de coopération internationale, et que l’on peut valoriser et stimuler, ainsi que le Maroc a su le faire.

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Une contribution d’Emmanuel DUPUY
Président de l’IPSE

Institut Prospective et Sécurité en Europe (Paris)

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Selon les prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), le Maroc pourrait atteindre une croissance annuelle de 3,8 % en 2020. Un dynamisme porté par une bonne santé politique et de profondes réformes économiques, notamment dans les secteurs-clefs de l’agriculture et de la pêche. Une réussite que le Maroc doit notamment à son actuel ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch. Ce dernier a en effet multiplié les réformes et les mesures pour développer l’agriculture marocaine afin d’en faire un secteur performant et compétitif sur le marché mondial.

Maroc bleu et Maroc vert : deux plans révolutionnaires

D’une part, le « Plan Maroc Bleu » (officiellement Halieutis), lancé en 2009 et qui met en valeur les formidables richesses halieutiques du pays que lui procurent ses milliers de kilomètres de côtes atlantiques et méditerranéennes – et d’autre part, le « Plan Maroc vert », lancé en 2008. Un programme de modernisation à la fois et économique et social, l’agriculture, représentant 40 % de l’emploi total du pays, 20 % de son PIB et 5,25 % de croissance en moyenne sur dix ans. On constate ainsi depuis plusieurs années l’émergence d’une solide économie verte dans le royaume chérifien : avec la Stratégie Nationale de Développement Durable lancée en 2017 et l’Initiative Nationale pour le Développement Humain lancée en 2005, le ministère de l’Agriculture a fait du royaume chérifien un nouveau poids lourd de l’agroalimentaire mondial.

Le secteur de la pêche, exemple d’une politique <
br> de coopération ambitieuse avec l’UE

Dans le secteur halieutique, les milliers de kilomètres de côtes poissonneuses du Maroc sont une véritable mine d’or, menacée par la surexploitation et la captation par des acteurs étrangers. Mais la stratégie du « Plan Maroc Bleu » semble avoir porté ses fruits. Le pays a su défendre ses intérêts dans la région, notamment au sein de la Commission ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’Océan Atlantique (COMHAFAT).

Du côté des relations avec l’Union européenne, Rabat et Bruxelles semblent avoir trouvé un terrain d’entente, d’autant plus que le Brexit est une opportunité pour mettre sur pied une véritable politique commune de la pêche. Le Royaume-Uni bloquait depuis de nombreuses années les avancées en ce sens, et son départ de l’UE devait faciliter les progrès avec le Maroc. D’ailleurs, les accords signés en 2018 sur le secteur halieutique et le secteur agricole entre l’Union européenne et le royaume chérifien sont les premiers éléments encourageants d’une politique de coopération ambitieuse. Une politique qui porte déjà ses fruits : l’étude d’impact sur cet accord sur la pêche a révélé que 75 % des habitants interrogés vivant dans les provinces du Sud reconnaissaient que cet accord avec les autorités européennes avait considérablement amélioré leurs conditions de vie et créé des milliers d’emplois.

Bâtir une région plus intégrée avec la CEDEAO

Les réformes entreprises par le Maroc dans son agriculture et sa pêche n’en font pas seulement un partenaire incontournable pour les européens : c’est aussi un véritable pivot sur lequel le développement africain peut compter. On peut ainsi imaginer à moyen terme que le Maroc puisse intégrer la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest ; voir à ce sujet notre entretien avec Lionel ZINSOU, ndlr).

Cet espace économique, fort d’une population de 300 millions d’habitants répartie sur 15 États, d’une superficie de 6 millions de Km2 et doté d’un PIB cumulé de 630 milliards de dollars, est la 21e économie mondiale. Un espace qui représente déjà 65 % des investissements du Maroc, et qui pourrait devenir la 16e économie mondiale si le royaume chérifien le rejoignait.

Stimulé par des secteurs agricole et halieutique réformés et modernisés, le Maroc attire les capitaux européens et entraîne dans son sillage toute l’Afrique de l’Ouest. Clef de voûte d’une économie de la Méditerranée, Rabat pourrait bien devenir incontournable dans la région dans les prochaines années.

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SUR LEME THÈME

Voir notre dossier (10 articles) :

« La Maroc, une ambition d’émergence avec l’Afrique »
Une conférence CAPP-AP.P, Paris, 11 juin 2019

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